Un activiste d’extrême-droite menace une journaliste arabe qui prêche la coexistence
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Un activiste d’extrême-droite menace une journaliste arabe qui prêche la coexistence

Au rassemblement Meir Kahane, Bentzi Gopstein montre une serpillière avec la photo de Lucy Aharish et affirme qu’elle “fera bientôt le ménage”

La journaliste arabe israélienne Lucy Aharish assiste à la 67e cérémonie de Yom HaAtsmaout au mont Herzl, à Jérusalem, le 22 avril 2015. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)
La journaliste arabe israélienne Lucy Aharish assiste à la 67e cérémonie de Yom HaAtsmaout au mont Herzl, à Jérusalem, le 22 avril 2015. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Le dirigeant d’une association juive d’extrême-droite a rabaissé une présentatrice de télévision arabe israélienne jeudi, quand il a montré une serpillière portant sa photo et prévenu qu’elle ferait bientôt le ménage.

Pendant un évènement en hommage au rabbin extrémiste assassiné Meir Kahane à Jérusalem, Bentzi Gopstein, qui dirige l’association anti-assimilation Lehava, a attaqué les médias et juré de punir ses membres quand l’extrême-droite prendra le pouvoir.

« A toutes les serpillères des médias, soyez prêts à faire le ménage », a-t-il déclaré selon le site d’informations Ynet, en tenant une serpillère flanquée d’une photo de Lucy Aharish. « Parce que c’est ce que vous finirez par faire. »

Gopstein avait déjà attaqué Aharish. Pendant une apparition dans son émission sur les affaires courantes sur la Deuxième chaîne en 2014, l’activiste avait dit à l’animatrice qu’en tant que citoyenne arabe, « vous n’êtes pas censée être ici » dans l’Etat juif. Quand Aharish a répondu qu’elle n’allait nulle part, il a rétorqué « nous verrons ».

En 2015, Lehava avait protesté contre l’hommage rendu à Aharish, qui avait été choisie pour allumer une torche à la cérémonie de Yom HaAtsmaout, le jour de l’indépendance, au mont Herzl à Jérusalem. Gopstein avait affirmé qu’Aharish n’était « pas sioniste » et par conséquent inapte à tenir un rôle important pendant cette cérémonie.

La dernière attaque de Gopstein contre Aharish a eu lieu quand elle a déclaré le mois dernier au quotidien Yedioth Ahronoth que ce qui l’avait « brisée » dans son échange de 2014 avec le dirigeant de Lehava était « la haine dans ses yeux, simplement à cause d’une chose : je suis arabe. »

Gopstein a justifié vendredi ses actes sur Ynet, déclarant qu’Aharish « refuse de laisser tomber ce que je lui ai dit et continue de s’en plaindre […] alors nous allons réaliser son cauchemar. »

Le dirigeant de Lehava, Bentzi Gopstein, lors d'une réunion de la commission des Affaires intérieures à la Knesset, le 10 novembre 2015. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le dirigeant de Lehava, Bentzi Gopstein, lors d’une réunion de la commission des Affaires intérieures à la Knesset, le 10 novembre 2015. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Aharish a été la première présentatrice arabe israélienne à une heure de grande écoute à la télévision. L’icône des médias de 35 ans a été décrite par la commission ministérielle des Symboles et des Cérémonies, dirigée par l’ancien ministre de la Culture Limor Livnat, comme une « journaliste musulmane pionnière, qui apporte un discours de tolérance et une ouverture interconfessionnelle à l’agenda public israélien », dans un communiqué expliquant le choix d’accorder à Aharish le rôle de porte-torche pendant la cérémonie.

Connue parmi les juifs israéliens comme une voix arabe modérée, Aharish est fière de l’Etat juif et a critiqué ouvertement les juifs et les arabes israéliens. Beaucoup de juifs israéliens lui ont rendu hommage pour son travail de journaliste effectué à l’échelon local.

Debra Kamin a contribué à cet article.

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