Un amendement revenant sur la réforme des écoles haredi débattu à la Knesset
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Un amendement revenant sur la réforme des écoles haredi débattu à la Knesset

La modification de la loi de Yesh Atid, qui aurait réduit les budgets des écoles ultra-orthodoxes n’enseignant que peu l’anglais et les mathématiques, a été votée en première lecture

Marissa Newman est la correspondante politique du Times of Israël

Une école haredi dans l'implantation ultra orthodoxe de Beitar Illit, le 27 août 2014. (Crédit : Nati Shohat/Flash90)
Une école haredi dans l'implantation ultra orthodoxe de Beitar Illit, le 27 août 2014. (Crédit : Nati Shohat/Flash90)

La Knesset a commencé dans la nuit de lundi à mardi à revenir sur une loi qui, à compter de 2018, aurait réduit les financements des écoles ultra-orthodoxes qui n’enseignent des matières importantes, comme les mathématiques, l’anglais et les sciences, que de manière minimale.

Trente-sept députés ont voté en faveur d’un amendement à la loi des programmes scolaires en première lecture pendant une session plénière tardive, et 33 s’y sont opposés.

La loi, passée par le parti Yesh Atid en 2013, aurait réduit les financements publics de certaines institutions haredi de 55 % des budgets reçus par les écoles israéliennes qui se conforment totalement au programme fondamental à 35 %.

Au lieu de demander que les écoles haredi enseignent les matières laïques pendant 10 à 11 heures par semaine, comme le stipule la loi de Yesh Atid, le projet de loi laisse au ministre de l’Education, Naftali Bennett, toute la liberté pour financer ces institutions.

Dans les accords de coalition signés après les élections de 2015, les partis ultra-orthodoxes ont demandé que la loi sur les programmes scolaires soit abandonnée. Le cabinet et la commission des lois ont approuvé dimanche cette mesure.

Yair Lapid, président de Yesh Atid, s’est exprimé devant la plénière avant le vote de 2h00 du matin en adoptant un ton conciliant, alors même que la Knesset était prête à revenir sur la dernière réforme restant de son passage au ministère des Finances.

« Nous n’avons pas besoin de nous battre. Le sujet des mathématiques et de l’anglais, contrairement à l’égalité devant le fardeau [l’enrôlement des ultra-orthodoxes dans l’armée israélienne] et d’autres sujets soulevés ici, n’affecte qu’un petit nombre de personnes de votre communauté », a-t-il déclaré en s’adressant aux dirigeants haredis.

Le président du parti Yesh Atid, Yair Lapid (à gauche) avec Menachem Eliezer Mozes, député de Yahadout HaTorah, à la Knesset, le 8 juillet 2013. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le président du parti Yesh Atid, Yair Lapid (à gauche) avec Menachem Eliezer Mozes, député de Yahadout HaTorah, à la Knesset, le 8 juillet 2013. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

« Et même pour ceux qui n’étudient pas officiellement les matières fondamentales, vous ferez tous les efforts pour leur apprendre les mathématiques et l’anglais, parce que vous-mêmes savez qu’au 21e siècle, vous ne pouvez pas gagner votre vie ainsi. Et vous ne voulez pas maintenir les gens à l’écart de [l’industrie] high-tech ou les empêcher de gagner leur vie. »

La loi sur les programmes scolaires de Yesh Atid aurait touché entre 40 et 50 000 personnes sur les 440 000 élèves ultra-orthodoxes d’Israël (environ 1,8 % des élèves israéliens) qui sont inscrits dans des écoles enseignant mois de 10 à 11 heures par semaine de mathématiques, d’anglais et d’autres matières demandées par le ministère.

Après avoir soutenu la loi de Yesh Atid, le ministère de l’Education a soumis la semaine dernière la législation amendée à la Knesset pour un vote, dans une volte-face de Bennett.

Saluant la mesure, le vice-ministre de l’Education Meir Porush, du parti ultra-orthodoxe Yahadout HaTorah, qui avait conditionné sa participation à la coalition gouvernementale au vote de l’amendement, a déclaré que le premier Premier ministre d’Israël, David Ben-Gurion, avait « promis à tous les juifs qu’ils seraient éduqués selon leur mode de vie ; il avait compris que vous ne pouvez pas forcer tous les juifs à ne pas vivre traditionnellement. »

« Pendant 65 ans, la Knesset a agi de cette manière, jusqu’à l’arrivée de la loi de Yesh Atid », a déclaré Porush.

Pendant le débat, le député de Yesh Atid Micky Levy a déclaré que les partis ultra-orthodoxes « condamnent 40 000 étudiants à l’ignorance » et à « la pauvreté ».

« L’histoire vous jugera pour ce que vous faites », a-t-il déclaré.

Bennett, qui a récemment fait campagne pour renforcer les études mathématiques dans les écoles israéliennes et encourager les étudiants à passer le plus haut niveau d’examen d’inscription en universités dans ce domaine, « a condamné des dizaines de milliers d’élèves de la communauté haredi à la pauvreté et à l’ignorance », a ajouté Levi.

Alors que les écoles ultra-orthodoxes pour filles proposent des cours d’anglais et de mathématiques au lycée, beaucoup de leurs équivalents pour garçons, qui mettent l’accent sur l’étude de la Torah et s’opposent à l’éducation académique laïque, s’arrêtent en sixième ou avant.

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