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Un artiste anglais refuse que sa musique soit utilisée par une troupe israélienne

Brian Eno, le producteur du groupe U2 a demandé à la Batsheva Company de ne plus utiliser ses compositions après avoir appris que leur tournée en Italie était sponsorisée par l’ambassade israélienne a Rome

Stuart Winer est journaliste au Times of Israël

Le musicien et compositeur britannique Brian Eno. (Crédit : CC-BY-2.0 / cosciansky / Wikimedia)
Le musicien et compositeur britannique Brian Eno. (Crédit : CC-BY-2.0 / cosciansky / Wikimedia)

Le musicien et composteur Brian Eno a interdit à une troupe de danse israélienne très en vogue d’utiliser son travail pour ses programmes après avoir appris que l’ambassade israélienne à Rome avait sponsorisé la tournée du groupe en Italie.

Eno, âgé de 68 ans, partisan du boycott israélien a rédigé une lettre à l’intention de la Batsheva Dance Company, stipulant qu’il était inacceptable que la troupe utilise sa composition « Neroli » pendant ses représentations, relate The Guardian mercredi.

Le musicien avait connu la gloire en tant que membre de Roxy Music dans les années 1970, a mené une carrière de chanteur solo et a fait succès en tant que producteur de groupes, notamment U2, Coldplay et d’autres. Il écrit que bien qu’il comprenne les difficultés auxquelles font face les artistes israéliens, il ressent que le gouvernement israélien les « exploite » dans une « stratégie propagandiste » destinée à « détourner l’attention de l’occupation de la Palestine ».

La Batsheva Dance Company, basée à Tel-Aviv était en tournée pour son programme « HUMUS », sur le morceau d’Eno. La compagnie avait prévu d’inclure une danse durant la représentation de jeudi soir mais ce programme a été retiré du spectacle, relate le quotidien britannique, en citant le journal italien La Repubblica.

Ohad Naharin (Crédit : Jessica Steinberg/Times of Israel)
Ohad Naharin (Crédit : Jessica Steinberg/Times of Israel)

Dans sa lettre à la Batsheva Dance Company et à son célèbre chorégraphe Ohad Naharin, Eno écrit : « il a été porté à mon attention que vous utilisiez un morceau de ma composition. Je n’étais pas au courant de cela jusqu’à la semaine dernière, et bien que je sois flatté que vous choisissiez ma musique pour vos programmes, je crains que cela ne crée un conflit d’intérêts en ce qui me concerne. »

« De ce que je comprends, l’ambassade israélienne (et donc le gouvernement israélien) sponsorisera ces représentations, et au vu de mon soutien à la campagne du BDS depuis toutes ces années, ce projet est inacceptable pour moi », écrit-il en faisant référence à la campagne Boycott, Désinvestissement et Sanction, qui cherche à isoler Israël.

Eno a manifesté un soutien au boycott depuis 2006, et en 2014, il a publiquement condamné l’opération militaire Bordure Protectrice, la décrivant comme un « exercice unilatéral de nettoyage ethnique ».

« Les opposants du BDS disent souvent que l’art ne doit pas servir d’arme politique », poursuit Eno dans sa lettre.

« Mais puisque le gouvernement israélien a été clair dans son utilisation de l’art exactement dans ce but, pour promouvoir ‘la marque israélienne’ et pour détourner l’attention de l’occupation israélienne en terre palestinienne, je considère que mon refus d’autorisation est un moyen de leur prendre cette arme des mains. »

« J’essaye de comprendre les difficultés auxquelles les artistes israéliens doivent faire face, et tout particulièrement ceux qui, comme vous, ont manifesté leur soutien à l’égard de la cause palestinienne. »

« J’ai l’impression que votre gouvernement exploite des artistes comme vous, en profitant de votre enjouement naturel à poursuivre vos travaux, même si cela signifie devenir membre d’une stratégie propagandiste. Votre groupe de danse n’est peut-être pas en mesure de se distancer du gouvernement israélien, mais moi je peux. Et je le ferai. Je refuse que ma musique soit utilisée dans n’importe quel évènement sponsorisé par l’ambassade israélienne. »

En 2012, des activistes pro-palestiniens avaient tenté de perturber une représentation de la Batsheva Dance Company lors du festival d’Edinburgh en Écosse. Les perturbateurs furent emmenés par la police.

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