Un colloque anglophone d’herboristerie en Israël perturbé par une pro-BDS
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Un colloque anglophone d’herboristerie en Israël perturbé par une pro-BDS

Après une campagne Facebook d'une militante canadienne contre l'événement, des intervenants se sont retirés, et une organisation américaine a annulé son soutien

Des capsules d'extraits de plantes médicinales  (Crédit : LucaDAddezio; iStock by Getty Images)
Des capsules d'extraits de plantes médicinales (Crédit : LucaDAddezio; iStock by Getty Images)

La toute première conférence anglophone sur les plantes médicinales a reçu bien plus d’attention que ses organisateurs ne pouvaient espérer – de la part d’une militante de la campagne propalestinienne BDS (Boycott, Désinvestissement et Sanctions).

Prévue à la chambre d’hôtes Poriya, au sud de Tibériade dans le nord d’Israël, du 9 au 11 février, la conférence était organisée par Ancient Roots — un groupe informel d’herboristes. Elle devait coïncider avec la fête juive de Tou Bichvat, célébrant la nouvelle année pour les arbres, et devait attirer quelques dizaines de participants.

Le groupe avait été ravi d’obtenir le soutien de la présidente de la Guilde des herboristes américaine (AHG), Bevin Clare, qu’elle avait publié le 19 décembre sur les réseaux sociaux.

Dans le clip, Bevin Clare félicitait les organisateurs, disant qu’elle était impatiente de savoir comment se déroulerait la conférence et suggérant qu’Israël envoie des herboristes à l’un des sommets de l’AHG.

« J’espère bien aller jusque chez vous et vous rejoindre un jour, je pense que ce serait fantastique », avait-elle commenté avec enthousiasme.

Mais après une deuxième diffusion de la vidéo, le 1er janvier, Bevin Clare a soudainement demandé aux organisateurs de la retirer après avoir reçu une série de courriels l’attaquant pour son soutien à l’événement.

Bevin Clare, présidente de l’American Herbalist Guild. (Capture d’écran : YouTube)

Dans les jours ayant suivi, un intervenant appelé 7Song, originaire des États-Unis, et un autre habitant l’Irlande du Nord, Danny O’Rawe, ont annoncé qu’ils n’assisteraient finalement pas à la conférence.

Au cœur de ce remue-ménage, Shabina Lafleur-Gangji, herboriste canadienne qui, est-il apparu, a été récemment engagée pour travailler au journal de l’AHG.

Two edits: Danny O'Rawe has decided to respectfully step back from the conference and this maybe goes without saying,…

פורסם על ידי ‏‎Shabina Lafleur-Gangji‎‏ ב- יום חמישי, 2 בינואר 2020

Dans une publication parue sur Facebook, partagée à plus de 60 reprises, elle écrit : « aucun intervenant palestinien ou musulman n’est inclus dans le programme, qui pourtant accueille un intervenant ayant fait référence aux Palestiniens comme à un non-peuple qui a quitté de sa propre volonté sa terre ancestrale ».

« Je suis une personne qui défend de manière absolue le mouvement BDS, non pas parce que je hais les Israéliens, mais en raison de l’AMOUR que je porte aux Palestiniens », a-t-elle continué. « Je pense qu’ils ont le droit à la dignité, aux droits humains, à l’eau potable, à l’éducation, aux soins de santé et à vivre librement sur leurs terres ancestrales ».

Elle s’est alors réjouie d’être parvenue à convaincre les deux intervenants à « retirer leur soutien à la conférence en signe de solidarité avec ceux qui vivent soumis à la force brutale de l’apartheid israélien ».

L’une des organisatrices de la conférence, l’herboriste suisse Betina Thorball, a démenti les affirmations faites par Shabina Lafleur-Gangji.

« Un Arabe et un Druze ont été approchés, non pour répondre à des ‘quotas’, mais plutôt parce qu’ils auraient été des intervenants formidables, mais ce n’était pas possible pour eux de venir », a fait savoir Betina Thorball au Times of Israel dans un courriel.

« Franchement, nous n’avions même pas réfléchi en ces termes lorsque nous avions tenté d’organiser ce rassemblement sur les plantes médicinales. Nous avons recherché des experts, qui pouvaient s’exprimer en anglais courant, qui souhaitaient voyager gratuitement pour venir, et qui pouvaient proposer des conférences gratuites, tout cela sous la forme d’une initiative de terrain, privée », a-t-elle ajouté.

Rebbetzin Chana Bracha Siegelbaum. (Crédit : Facebook)

Cette référence aux Palestiniens étant un non-peuple figure dans un billet rédigé en 2017 sur un blog, tenu par Rebbetzin Chana Bracha Siegelbaum, la directrice et fondatrice de Midreshet Berot Bat Ayin : Torah holistique pour les femmes sur la terre, et intervenante lors de l’événement du mois de février.

« Aucun d’entre nous n’en avait connaissance avant que cela ne soit utilisé comme argument contre nous », a commenté la conférencière suisse. « Elle n’a pas parlé et ne parle pas au nom d’Ancient Roots et ses mots lui appartiennent. Nous sommes une conférence d’herboristes apolitiques. Siegelbaum n’a pas été invitée pour ses opinions politiques ».

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