Un combattant israélien de l’EI capturé en Syrie dit à Netanyahu de le rapatrier
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Un combattant israélien de l’EI capturé en Syrie dit à Netanyahu de le rapatrier

Sayyaf Sharif Daoud demande au Premier ministre d'intervenir pour le faire rentrer en Israël, notant que Jérusalem s'efforce d'obtenir la libération des soldats de Tsahal captifs

Sayyaf Sharif Daoud, un arabe israélien qui s'est rendu en Syrie pour rejoindre l'Etat Islamique, dans une interview avec la chaîne d'information saoudienne Al Arabiya. (Capture d'écran vidéo)
Sayyaf Sharif Daoud, un arabe israélien qui s'est rendu en Syrie pour rejoindre l'Etat Islamique, dans une interview avec la chaîne d'information saoudienne Al Arabiya. (Capture d'écran vidéo)

Un citoyen israélien capturé en Syrie alors qu’il combattait aux côtés du groupe terroriste de l’État islamique a demandé à rentrer chez lui cette semaine, déclarant à la chaîne de télévision Al Arabiya qu’il voulait que le Premier ministre Benjamin Netanyahu le rapatrie.

Lors d’une interview accordée à la chaîne mercredi, Sayyaf Sharif Daoud a supplié le Premier ministre de faire le nécessaire pour le rapatrier, notant la politique israélienne consistant à conclure des accords pour le retour des soldats capturés par les ennemis du pays.

« Je suis un citoyen israélien. Je sais que vous êtes le Premier ministre d’un Etat démocratique qui ne fait pas la différence entre Juifs et Arabes », a déclaré Daoud à la fin de son interview, passant de l’arabe à l’hébreu.

« De nombreux pays ont fait sortir leurs citoyens d’ici. Tout le monde sait ce que vous avez fait pour un soldat israélien, votre pays est grand et redoutable », a dit M. Daoud, faisant probablement référence à l’accord conclu pour rapatrier Gilad Shalit, qui était à Gaza depuis cinq ans et qui a été libéré en 2011 dans le cadre d’un accord controversé avec le Hamas où Israël libéra plus de 1 000 prisonniers de sécurité palestiniens.

« Je vous demande de me faire revenir en Israël. C’est très dur, cette prison. C’est très, très difficile. C’est ma demande et je sais que ce n’est pas difficile pour vous de le faire. Et par Dieu, je promets de ne plus redevenir comme j’étais avant et de devenir une personne respectable », a ajouté Daoud.

Dans cette photo non datée mise en ligne à l’été 2014, des terroristes du groupe de l’État islamique brandissent leurs armes et agitent ses drapeaux sur leurs véhicules dans un convoi sur une route menant en Irak, à Raqqa, en Syrie. (Photo militante via AP, File)

Capturé à Deir Ezzor, ce citoyen israélien de 30 ans a affirmé qu’il n’avait pas participé à des crimes de guerre, mais qu’il était infirmier.

Il a dit à Al Arabiya qu’à un moment donné, l’EI l’avait emprisonné parce qu’il était israélien.

« Toute personne avec qui j’ai des problèmes pourrait aller voir les forces de sécurité et leur dire que je suis israélien. Je serais emprisonné immédiatement », dit-il.

« Imaginez qu’après trois ans passés dans l’État, ils vous emprisonnent et vous disent ‘vous êtes israélien' », poursuit Daoud. « J’avais honte de l’appeler [un état] qui suit les pas du prophète. Ils voulaient enregistrer ma voix parlant contre Israël [mais je ne voulais pas] causer de problèmes à Israël ou à ma famille. »

« Beaucoup d’entre nous, et pas seulement moi, étaient opposés aux égorgements. Il y a des enfants, il y a des femmes enceintes », a-t-il dit, niant tout rôle dans les massacres perpétrés par le groupe terroriste. « J’ai fondé une équipe de secours pour aider les blessés des raids. Chaque fois qu’il y avait une attaque, j’étais là. »

Lorsqu’on lui a demandé s’il était armé, il a répondu : « Je portais un fusil. Chaque personne dans l’état, qu’elle soit infirmière ou travaille dans un champ pétrolifère, doit porter une arme. »

Des hommes soupçonnés d’être des combattants de l’État islamique sont fouillés par des membres des Forces démocratiques syriennes (FDS) dirigées par des Kurdes après avoir quitté la dernière résistance de l’État islamique à Baghouz, dans la province de Deir Ezzor, au nord du pays, le 22 février 2019. (Bulent Kilic/AFP)

Dans une interview précédente avec la BBC en arabe, traduite par le Middle East Media Research Institute (MEMRI), M. Daoud a fait l’éloge d’Israël, expliquant pourquoi il avait choisi de rejoindre l’État islamique plutôt que l’une des organisations terroristes palestiniennes.

« J’ai vécu la seconde Intifada. J’ai vu la guerre. J’ai vécu en Cisjordanie et en Israël. Israël n’a pas fait un pour cent de ce que Bachar Al-Assad a fait », a-t-il dit, faisant référence au président syrien. « Il y a eu des combats et tout ça, mais Israël n’a pas violé de femmes ou les a déshabillé à la télévision, et il n’a pas tué avec une telle barbarie. »

Notant que son père l’avait mis en garde contre le Hamas et le Fatah, Daoud a déclaré que « Israël est un Etat démocratique. Je n’y ai pas vu d’injustice. Nous, les Arabes, vivons ensemble en Israël avec les Juifs. Il n’y a pas d’injustice. Nous sommes traités comme les Juifs. »

Daoud s’est excusé auprès de ses parents, disant en hébreu qu’il avait « fait une grosse erreur » et était désolé pour les problèmes qu’il leur avait causés.

« Je sais que ma mère pense à moi tous les jours et elle est en colère et c’est très difficile pour moi parce que je pense tout le temps à elle. »

Des volontaires étrangers du monde entier ont servi dans l’État islamique et beaucoup ont demandé à être autorisés à rentrer chez eux. L’Australie a récemment décidé d’interdire le retour des partisans de l’État islamique qui exigent d’être rapatriés de camps de réfugiés surpeuplés en Syrie.

En avril, le ministre de l’Intérieur Aryeh Deri a décidé de déchoir un Israélien de sa citoyenneté pour s’être rendu en Syrie pour rejoindre l’État islamique, il y a six ans. Deri a ordonné aux fonctionnaires du ministère de prendre des mesures par contumace contre Abdallah Hajleh sur recommandation du service de sécurité du Shin Bet. La révocation doit être approuvée par un tribunal spécial de la citoyenneté. Selon des informations parues dans les médias en langue hébraïque, Hajleh a la citoyenneté d’un deuxième pays.

Le service de sécurité du Shin Bet a estimé dans le passé que plusieurs dizaines de ressortissants israéliens s’étaient battus pour l’EI en Irak et en Syrie. La plupart ont été tués au combat ou renvoyés en Israël, où ils ont été arrêtés.

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