Un conseiller de Trump se serait vanté d’avoir renvoyé des juifs du Pentagone
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Un conseiller de Trump se serait vanté d’avoir renvoyé des juifs du Pentagone

Joseph Schmitz, ancien responsable de la Défense, est aussi accusé de remarques antisémites, comme “les fours étaient trop petits pour tuer 6 millions de juifs”

Eric Cortellessa couvre la politique américaine pour le Times of Israël

Joseph Schmitz, ancien inspecteur général du département de la Défense des Etats-Unis, et conseiller du candidat républicain Donald Trump. (Crédit : DoD by Scott Davis/US Army/domaine public/WikiCommons)
Joseph Schmitz, ancien inspecteur général du département de la Défense des Etats-Unis, et conseiller du candidat républicain Donald Trump. (Crédit : DoD by Scott Davis/US Army/domaine public/WikiCommons)

WASHINGTON – L’un des plus importants conseillers en politique étrangère de Donald Trump a été accusé d’avoir fait des déclarations antisémites et d’avoir discriminé des juifs en les renvoyant de certains postes au Pentagone.

L’ancien inspecteur général du département de la défense, Joseph Schmitz, qui a rejoint le cercle proche du candidat républicain en mars, se serait vanté d’avoir purgé son département des employés juifs. Il aurait également eu des remarques crues qui minimisaient l’Holocauste, comme « les fours étaient trop petits pour tuer six millions de juifs. »

Un important responsable des renseignements, Daniel Meyer, avait porté officiellement plainte contre Schmitz en détaillant ces épisodes, selon un rapport de jeudi du service de presse McClatchy.

Schmitz, qui est à présent avocat à Washington, DC, a démenti les accusations contre lui, déclarant que « ces allégations sont totalement fausses, et diffamatoires. »

« Je ne me souviens pas avoir même entendu parler de quelconques ‘allégations d’antisémitisme contre [moi]’, qui auraient été ridiculement fausses et diffamatoires, parce que, entre autres raisons, je suis fier de l’héritage juif de ma femme, depuis 38 ans », a-t-il écrit dans un e-mail.

Il aurait précisé dans un appel téléphonique ultérieur que sa femme n’était pas juive pratiquante, mais qu’elle était « ethniquement juive » en raison de l’origine de sa grand-mère maternelle.

Dans la plainte, Meyer a cité John Crane, important responsable du Pentagone, comme quelqu’un qui avait travaillé avec Schmitz quand il était en poste entre avril 2002 et septembre 2005, et qui pourrait témoigner de ces remarques.

Meyer n’est pas la seule personne lésée à s’exprimer contre Schmitz. David Tenenbaum, ancien ingénieur militaire au Commandement des tanks de Warren, Michigan, et qui est juif, affirme que Schmitz a créé une atmosphère hostile envers les juifs pendant qu’il était en poste.

« L’environnement antisémite a commencé sous l’ancien inspecteur général, M. Joseph Schmitz », a affirmé l’avocat de Tenenbaum dans une lettre adressée à l’actuel inspecteur général et demandant un examen de l’ambiance du département.

La plainte de Meyer n’est pas la première controverse de Schmitz. Il avait été forcé de démissionner de ce même poste au Pentagone il y a 11 ans après des présomptions de protection de responsables de l’administration George W. Bush accusés de malfaisance, selon Newsweek.

Charles Grassley, sénateur de l’Iowa, avait accusé Schmitz d’empêcher les enquêtes sur les responsables de l’administration qui avaient des liens avec des contracteurs de guerre en Irak et en Afghanistan. Il a également remis en cause ses relations avec plusieurs lobbyistes de Washington.

Bien que Schmitz ait démenti ces accusations, il avait annoncé sa démission en septembre 2004, qui avait pris effet un an après.

Cette dernière série de controverses pour la campagne Trump amplifiera probablement les préoccupations sur ces partisans antisémites.

Une image tweetée, puis supprimée, par Donald Trump le 2 juin 2016, qui utilise une étoile de David pour qualifier Clinton de "candidate la plus corrompue". (Crédit : capture d'écran YouTube)
Une image tweetée, puis supprimée, par Donald Trump le 2 juin 2016, qui utilise une étoile de David pour qualifier Clinton de « candidate la plus corrompue ». (Crédit : capture d’écran YouTube)

Les critiques ont cité sa réticence à désavouer immédiatement David Duke, ancien dirigeant du Ku Klux Klan ; sa publication sur Twitter d’une image d’Hillary Clinton avec une étoile à six branches superposée avec de l’argent et une légende disant « Candidate la plus corrompue de l’histoire ! » ; et son refus de dénoncer sans équivoque ses fans qui harcelaient des journalistes juifs sur les réseaux sociaux.

Son gendre Jared Kushner, juif orthodoxe moderne, l’a publiquement défendu, déclarant qu’en tant que juif et petit-fils d’un survivant de l’Holocauste, il se portait garant du philosémitisme de Trump.

« Mon beau-père n’est pas antisémite, a-t-il écrit le mois dernier. Le fait est que mon beau-père est une personne incroyablement aimante et tolérante, qui a accepté ma famille et notre judaïsme depuis que j’ai rencontré mon épouse. Son soutien a été sans faille, et sincère. »

Donald Trump pendant un évènement de campagne, accompagné par (de gauche à droite) son épouse Melania Trump, sa fille Ivanka Trump et son mari, Jared Kushner, à Waterloo, dans l'Iowa, le 1er février 2016. (Crédit : JTA/Samuel Corum/Anadolu Agency/Getty Images)
Donald Trump pendant un évènement de campagne, accompagné par (de gauche à droite) son épouse Melania Trump, sa fille Ivanka Trump et son mari, Jared Kushner, à Waterloo, dans l’Iowa, le 1er février 2016. (Crédit : JTA/Samuel Corum/Anadolu Agency/Getty Images)

Depuis 2005, Schmitz a emprunté la voie de facilité des anciens fonctionnaires gouvernementaux, en écrivant des éditoriaux et en donnant des discours.

McClatchy avait rapporté un discours qu’il a donné en mars 2015 à l’université méthodiste du sud sur le communisme. Un étudiant qui y a assisté a déclaré que son discours sous-entendant que le président Barack Obama était de facto communiste.

Un professeur qui avait parlé au même endroit s’était déclaré « glacé » par sa rencontre avec Schmitz. Il avait parlé de son expérience dans le Dallas Morning News, le comparant à l’ancien sénateur Joseph McCarthy, qui était connu pour son obsession à exposer des sympathisants communistes dans l’Amérique des années 1950.

Dans cet article de juillet, Kahn a écrit : « Quel conseil de politique étrangère Schmitz va-t-il murmurer à l’oreille de Trump ? Je frissonne à l’idée qu’il puisse être à un poste si puissant. »

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