Un convoi d’Arabes israéliens vers Jérusalem pour protester contre la violence
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Un convoi d’Arabes israéliens vers Jérusalem pour protester contre la violence

Les responsables de la Liste arabe unie doivent rencontrer le ministre de la Sécurité publique pour lui demander de prendre des mesures concrètes afin d'endiguer la violence

Capture d'écran d'une vidéo de véhicules participants à un convoi de protestation par la communauté arabe appelant le gouvernement à agir contre la violence au sein de la communauté, le 10 octobre 2019. 
(Twitter)
Capture d'écran d'une vidéo de véhicules participants à un convoi de protestation par la communauté arabe appelant le gouvernement à agir contre la violence au sein de la communauté, le 10 octobre 2019. (Twitter)

Jeudi matin, des manifestants arabes israéliens ont organisé un convoi partant du nord du pays pour se rendre jusqu’à Jérusalem, dans le cadre de manifestations continues visant à demander au gouvernement de prendre plus de mesures afin de lutter contre la violence au sein de leurs communautés.

Le convoi devait partir de Majd al-Krum pour emprunter la Route 6 jusqu’à la capitale, dans le quartier du gouvernement, où une manifestation doit avoir lieu. Plus tard, les dirigeants de la Liste arabe unie doivent rencontrer le ministre de la Sécurité publique Gilad Erdan et le chef par intérim de la police israélienne Motti Cohen pour présenter leurs demandes concernant les efforts du gouvernement afin d’endiguer la violence dans la communauté arabe, au sein de laquelle 73 personnes ont été tuées depuis le début de l’année.

Le député Ayman Odeh, chef de la Liste arabe unie, a publié une vidéo de lui-même à côté du convoi sur la route 6. Il a expliqué que lors de la réunion avec Erdan et des hauts responsables de la police, il présentera « les demandes justifiées de la population arabe, avec des dizaines de milliers de manifestants derrière nous ».

« Nous demandons que des peines de prison et de lourdes amendes soient inscrites dans la loi pour tout citoyen en possession illégale d’armes à feu, et que les chefs des réseaux criminels soient jugés devant les tribunaux », a-t-il dit.

« Nous ferons campagne pour le droit le plus basique de chaque citoyen, le droit de vivre en sécurité », a déclaré Odeh.

Capture d’écran d’une vidéo du président de la Liste arabe unie Ayman Odeh participant à un convoi de protestation appelant le gouvernement à prendre des mesures pour lutter contre la violence au sein de la communauté arabe israélien, qui s’est tenu le long de la route 6, le 10 octobre 2019. (Twitter)

Des membres de la Liste arabe unie auraient menacé que le convoi bloque délibérément la Route 6, une voie de circulation clef reliant le nord et le sud du pays, et aussi d’autres axes de circulation.

Des renforts de police ont été déployés le long de la route et d’autres autoroutes pour gérer les problèmes de circulation attendus à cause du convoi. Ce dernier a été organisé par la Commission de suivi pour les citoyens arabes d’Israël, une organisation extra-parlementaire qui représente la population arabe d’Israël.

Des manifestations contre une hausse de la violence et des meurtres au sein de la communauté arabe se sont renforcées à travers le pays ces derniers jours, avec des milliers de manifestants le weekend dernier.

La rencontre avec Erdan intervient après que le ministre a été accusé de racisme par des députés arabes pour avoir déclaré que la violence au sein des communautés arabes israéliennes est due à la culture des résidents.

« C’est une société très, très – et encore un millier de fois – très violente, a déclaré Erdan à Jérusalem Radio lundi. C’est lié à la culture. Beaucoup de conflits se terminent parfois avec un procès, parfois avec un couteau ou un pistolet. »

Le ministre de la Sécurité publique Gilad Erdan prend la parole lors d’une cérémonie en l’honneur du chef de la police de Jérusalem sortant, le 7 février 2019, au mur Occidental dans la Vieille Ville de Jérusalem. (Noam Revkin Fenton/Flash90)

Erdan a affirmé que dans la société arabe, « une mère peut donner à son fils la permission d’assassiner sa sœur parce qu’elle sort avec un homme qui ne plaît pas à la famille ».

Odeh a répondu en déclarant qu’Erdan « préfère se cacher derrière des propos racistes et rejeter la responsabilité sur les personnes assassinées ».

Réagissant aux critiques, Erdan a dit que ses mots avaient été déformés et sortis de leur contexte.

« Le gouvernement et la police sont les principaux responsables de la lutte contre le crime et la violence dans la société arabe, a-t-il tweeté. Le public arabe… respecte la loi. »

Le député Ahmad Tibi, numéro 2 sur la Liste arabe unie, a déclaré jeudi que l’explication d’Erdan faisait sens en ce que le ministre expliquait clairement que la violence venait seulement d’une petite partie de la communauté.

« La Liste arabe a noté que les remarques d’Erdan de la nuit dernière constituaient une clarification importante, quand il a déclaré qu’il ne voulait pas dire que toute la population arabe avait recours à la violence – seulement des petites parties – alors que l’écrasante majorité de la population respecte la loi », a déclaré Tibi, selon Ynet.

Les députés de la Liste arabe unie Ayman Odeh et Ahmad Tibi lors d’une manifestation contre les violences, le crime organisé et les meurtres récents au sein de la communauté arabe à Majd al-Krum, le 3 octobre 2019. (Crédit : David Cohen/Flash90)

Samedi soir, un Arabe israélien, Bhaa Arar, âgé de 35 ans, a été abattu dans la ville arabe de Jaljulia, dans le centre d’Israël. Deux autres personnes ont également été blessées dans la tuerie. Dans le village de Bayada à proximité d’Umm al-Fahm dans le nord, un autre homme a été légèrement blessé par un tir d’arme à feu.

Ces derniers jours, des dizaines de milliers de personnes ont protesté dans des villes arabes demandant à la police de renforcer sa présence pour sécuriser les rues. Les manifestations ont débuté jeudi dernier avec une grève générale au sein de la communauté.

Les dirigeants arabes affirment que la police israélienne ignore très largement les phénomènes de violence dans leurs communautés, allant des règlements de compte familiaux, des conflits mafieux jusqu’aux crimes d’honneur.

La police a rejeté catégoriquement les accusations d’indifférence en déclarant faire tout ce qu’elle pouvait pour endiguer la violence. La police a déclaré que les responsables locaux doivent mieux coopérer avec la police et empêcher la violence.

De grandes manifestations sont prévues pour le 21 et 27 octobre, devant le commissariat de police à Nazareth et à Ramle. Le 27 octobre, les organisateurs prévoient d’installer des tentes devant les bureaux du gouvernement dans la capitale.

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