Un député arabe saisit la Cour suprême contre la Knesset
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Un député arabe saisit la Cour suprême contre la Knesset

Un comité peut désormais interdire les voyages financés par des groupes pro-boycott, ce qui remet en question les conférences de Youssef Jabareen avec Jewish Voice for Peace

Le législateur de la Liste arabe unie Youssef Jabareen durant une réunion de la commission de la Knesset, le 13 décembre 2016 (Crédit  : Yonatan Sindel/Flash90)
Le législateur de la Liste arabe unie Youssef Jabareen durant une réunion de la commission de la Knesset, le 13 décembre 2016 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Un député arabe et un groupe de défense des droits des Arabes israéliens ont fait appel devant la Cour suprême de justice, dimanche, contre la décision de la Knesset d’interdire au député de participer à une tournée aux États-Unis financée par un groupe qui prône le boycott d’Israël.

Le député Youssef Jabareen, de la Liste arabe unie, devait participer à une tournée en juin organisée par le groupe d’extrême gauche américain Jewish Voice for Peace (JVP).

Le mois dernier, la Commission de la Knesset a approuvé une modification du code d’éthique pour les députés qui autorise la Commission d’éthique du Parlement à interdire les voyages à l’étranger des députés si ces voyages sont financés par des groupes prônant le boycott d’Israël.

La liste des groupes était basée sur une liste noire des organisations de soutien au boycott établie par le ministère des Affaires stratégiques et publiée en janvier.

Jabareen avait l’intention de se rendre aux États-Unis grâce au financement de l’organisation américaine Jewish Voice for Peace, un partisan du mouvement Boycott, désinvestissement et sanctions (BDS), qui encourage les artistes, les entreprises et les particuliers à couper les liens avec Israël et à s’abstenir de lui rendre visite ou d’acheter ses produits car il considère que les Palestiniens sont victimes de mauvais traitements.

Des membres de Jewish Voice for Peace lors d’un rassemblement anti-israélien du 19 juillet 2014 à Boston. JVP finance et conseille les sections palestiniennes de Students for Justice depuis de nombreuses années. (Elan Kawesch/The Times of Israel)

Selon Adalah, le groupe de défense des droits qui a porté l’affaire de Jabareen devant la Cour suprême, c’est la première fois que ce pouvoir a été utilisé pour empêcher une telle tournée.

Dans sa requête, Adalah a fait valoir à la Cour que la modification des règles éthiques de la Knesset, et son utilisation dans le cas de Jabareen, « porte directement atteinte à la liberté d’expression politique et au droit à la libre circulation des membres de la Knesset », selon un communiqué du groupe.

Ni le voyage ni JVP lui-même ne sont illégaux, souligne Adalah.

« La restriction découle plutôt du seul fait que JVP… maintient une position politique particulière vis-à-vis des politiques du gouvernement israélien et appelle au boycott dans un effort pour mettre fin à l’occupation militaire israélienne du territoire palestinien », peut-on lire dans ce communiqué.

La nouvelle règle de la Knesset est donc « destinée à limiter l’activité parlementaire légitime d’un membre de la Knesset uniquement parce que les opinions politiques de l’organe qui finance le voyage contrastent avec celles de la majorité politique en Israël ».

En réponse à la décision du Comité d’éthique, M. Jabareen a déclaré que la Knesset « poursuit ses tentatives pour entraver les membres arabes de la Knesset d’une manière illégale et antidémocratique ».

« Cette série de conférences auxquelles je suis appelé à participer aux États-Unis est un élément essentiel de mon rôle d’élu et de la liberté de l’activité politique », a-t-il ajouté.

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