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Un député de Yamina lance un ultimatum à Bennett pour rester dans la coalition

Nir Orbach présente une série de revendications de droite alors que le gouvernement est au bord de l'effondrement

Le député Nir Orbach réagit lors d'une session plénière dans la salle de réunion du parlement israélien sur la loi sur l'électricité reliant les villes arabes et bédouines,  à Jérusalem, le 5 janvier 2022. (Crédit: Yonatan Sindel/Flash90)
Le député Nir Orbach réagit lors d'une session plénière dans la salle de réunion du parlement israélien sur la loi sur l'électricité reliant les villes arabes et bédouines, à Jérusalem, le 5 janvier 2022. (Crédit: Yonatan Sindel/Flash90)

Le député Yamina Nir Orbach a présenté un ultimatum au Premier ministre Naftali Bennett alors que le parti et la coalition luttent pour rester stables et unis après la défection dramatique de la députéé Idit Silman mercredi.

Orbach a déclaré jeudi qu’il avait trois demandes pour rester au gouvernement : l’annulation du plan du gouvernement visant à annuler les subventions aux garderies pour les étudiants de yeshiva ; la convocation de la commission de planification pour approuver les plans de construction de 4 000 nouveaux logements en Cisjordanie ; et la connexion au réseau électrique des avant-postes des implantations illégales.

« Sans une solution à ces problèmes, je ne peux pas rester dans la coalition », a déclaré Orbach.

Le départ de Silman – au milieu d’un accord supposé avec le Likud – a déclenché une vague de spéculations selon lesquelles d’autres membres du petit parti de droite du Premier ministre chercheraient également à quitter le navire. Après une série de réunions du parti Yamina mercredi, aucune autre défection ne semble imminente, mais les membres restants semblent faire pression sur Bennett pour faire avancer les questions qui ont été mises en veille en raison de la composition diversifiée de la coalition.

Bennett et son partenaire politique, la ministre de l’Intérieur Ayelet Shaked, ont visité la ville de Katzir ensemble jeudi dans une démonstration d’unité au milieu des rumeurs de sa défection potentielle. Shaked, Orbach et le député du parti Yamina Abir Kara se sont rencontrés dans la nuit de mercredi au domicile de Kara et auraient accepté de travailler ensemble dans les prochains jours.

Orbach a beaucoup travaillé en coulisses pour répondre aux pressions de sa base nationaliste-religieuse quant aux revendications qu’il avançait. Le ministre des Finances Avigdor Liberman a fait pression pour mettre fin aux subventions de garde d’enfants pour les étudiants à plein temps de yeshiva, actuellement prolongées par la Haute Cour de justice pour le reste de l’année.

Le Premier ministre Naftali Bennett visite Katzir avec la ministre de l’Intérieur Ayelet Shaked à gauche, le 7 avril 2022. (Crédit: PMO)

Pour convoquer la commission de planification de la construction en Cisjordanie, la coalition devrait convaincre le ministre de la Défense Benny Gantz, qui traîne des pieds sur le sujet. Gantz est également supposé envisager une éventuelle configuration politique avec le Likud qui mettrait fin au gouvernement actuel et en formerait un nouveau.

Le troisième membre de la coalition que Bennett et Orbach devraient embarquer est le président de Raam, Mansour Abbas, qui a eu du mal à fournir des connexions électriques aux maisons construites illégalement à son électorat du Néguev.

Kara a déclaré jeudi à la radio militaire que convoquer de nouvelles élections maintenant n’était pas une bonne solution et qu’il resterait dans la coalition, « en fonction de l’avancement des questions économiques à [sa] guise ».

Avec Silman quittant la coalition mais pas la Knesset, le gouvernement est au bord de l’effondrement, perdant sa majorité et ne détenant plus que 60 sièges sur 120. Les voies à suivre pour la coalition et la Knesset ne sont cependant pas claires, une nouvelle élection étant considérée comme le résultat le plus probable, mais le calendrier et le résultat exact restent incertains.

Nir Orbach à gauche, Ayelet Shaked au centre, et Abir Kara à droite (Crédit: Flash90)

Des informations ont circulé selon lesquelles Yamina envisage une fois de plus de déclarer le député rebelle Amichai Chikli comme transfuge officiel, ce qui le rendrait incapable de se présenter aux prochaines élections sous le drapeau de n’importe lequel des partis faisant actuellement partie de la Knesset.

Chikli, qui a quitté le parti lors de la formation du gouvernement l’année dernière et s’est largement identifié à l’opposition depuis lors, votant contre la législation clef de la coalition, y compris contre le budget de l’État, a été fortement courtisé par le Likud. Mais le parti s’est abstenu de le qualifier officiellement de transfuge jusqu’à présent, dans l’espoir de pouvoir travailler avec lui sur certaines questions.

Déclarer Chikli transfuge servirait prétendument à envoyer un message à Silman pour reconsidérer son départ, puisque ceci l’empêcherait de se présenter aux côtés du Likud aux prochaines élections. Les médias israéliens ont indiqué que Silman avait conclu un accord avec le Likud avant sa démission qui lui accorderait le poste de ministre de la Santé si le parti formait le prochain gouvernement.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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