Un député veut interdire la médiatisation d’enquêtes sur personnalités publiques
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Un député veut interdire la médiatisation d’enquêtes sur personnalités publiques

Micky Zohar veut que des autorisations spéciales soient données aux journalistes qui couvrent des nouvelles enquêtes, ouvertes seulement si la police possède des preuves solides

Miki Zohar, député du Likud, pendant le vote du budget de l'Etat en commission des Finances de la Knesset, le 19 décembre 2016. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Miki Zohar, député du Likud, pendant le vote du budget de l'Etat en commission des Finances de la Knesset, le 19 décembre 2016. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Un député du Likud aurait proposé de limiter davantage la capacité des médias et du public d’examiner le comportement des personnalités publiques.

Miki Zohar veut empêcher les médias d’évoquer l’ouverture de nouvelles enquêtes de police concernant des personnalités publiques à moins qu’ils n’obtiennent une autorisation particulière, a rapporté dimanche la chaîne Hadashot.

De plus, il a suggéré de limiter l’autorité de la police en ce qui concerne l’ouverture d’une enquête portant sur un personnage d’importance, à moins qu’elle ne détienne déjà des bases de preuves solides la justifiant, a indiqué le reportage diffusé sur la chaîne.

Zohar a clamé que cette proposition de législation avait pour objectif de protéger les parlementaires qui, parce qu’ils critiquent la police, pourraient faire l’objet d’une vengeance de la part de cette dernière.

La députée Meretz Michal Rozin réagit lors de la réunion du Comité des Affaires Intérieures concernant l’expulsion des demandeurs d’asile africains à la Knesset le 29 janvier 2018. (Alster/Flash90)

Michal Rozin, issue du parti de gauche du Meretz, a estimé que cette proposition était une tentative de protéger le Premier ministre Benjamin Netanyahu et d’autres politiciens de gauche des enquêtes pour corruption dont ils font l’objet.

« Au lieu d’avoir des élus exigeant d’eux-mêmes des normes plus élevées de transparence et de responsabilité envers le public, le cercle de Netanyahu fait exactement le contraire avec un projet de loi après l’autre qui tentent de couvrir les responsables politiques corrompus », a-t-elle déclaré. « Si nous continuons ainsi, à la fin de l’année 2019, on proposera une loi autorisant les politiciens à manipuler les fonds publics ».

L’année dernière, les législateurs du Likud avaient tenté de faire adopter des législations pour assurer la protection des personnalités de haut-niveau face à la surveillance de l’opinion publique.

La loi dite des Recommandations, présentée au journal officiel à la fin du mois de décembre, empêche ainsi la police, lorsqu’elle termine son enquête et confie son dossier aux procureurs, de faire savoir s’il existe des bases de preuve justifiant une éventuelle inculpation.

Les journalistes ne pourront publier les détails de telles recommandations policières que s’ils obtiennent au préalable la permission du procureur général.

Le procureur général Avichai Mandelblit prend la parole lors d’une conférence à Jérusalem, le 5 février 2018. (Yonatan Sindel/Flash90)

Cette loi s’applique à des enquêtes sur des responsables publics et autres profils de haut-rang, sans rétroactivité – ce qui signifie qu’elle ne concernerait pas les enquêtes sur Netanyahu.

Au lendemain de l’adoption de cette loi, le parti Yesh Atid et le Mouvement pour un Gouvernement de qualité avaient annoncé qu’ils déposeraient une requête devant la Haute-cour pour faire annuler cette législation.

Une autre proposition, connue sous le nom de loi française, offrirait aux Premiers ministres en exercice l’immunité dans des enquêtes pour corruption.

Et une troisième, avancée par le chef de la coalition David Amsalem, cherche à criminaliser les fuites d’informations sensibles dans le cadre d’éventuelles enquêtes.

Yoav Kisch (à droite), président du Comité des affaires intérieures en compagnie du commissaire de police Roni Alsheich, lors d’une réunion du Comité des affaires intérieures, à la Knesset, le parlement israélien, à Jérusalem, le 20 février 2018 (Yonatan Sindel / Flash90)

Le chef des affaires intérieures de la Knesset, le législateur du Likud Yoav Kisch, a pour sa part insisté sur le fait que le chef de la police Roni Alsheich ne bénéficiera pas d’une quatrième année.

« Son mandat doit s’achever au mois de novembre et ne pas être reconduit », a dit Kisch dimanche.

Mercredi, Alsheich, accusé par Netanyahu de chasse aux sorcières à son encontre, a déclaré que le mandat de base de trois ans ne suffisait pas à introduire de réels changements au sein de son institution.

« Si on me demande de rester encore un an, j’y réfléchirai », a-t-il déclaré lors d’une conférence à l’université de Tel Aviv. « Je suppose que la réponse serait positive parce que j’aime cette organisation de toute mon âme ».

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