Un dessinateur lauréat d’un prix « Courrier international » accusé d’antisémitisme
Rechercher

Un dessinateur lauréat d’un prix « Courrier international » accusé d’antisémitisme

Philippe Meyer accuse Vasco Gargalo d’antisémitisme ; le prix "Plumes libres pour la démocratie" lui avait été remis en novembre dernier en partenariat avec la ville de Strasbourg

Un dessin de Vasco Gargalo, lauréat du prix du public "Plumes libres pour la démocratie" du meilleur dessin de presse, lancé par le journal "Courrier international" en association avec la ville de Strasbourg. (Crédit : Twitter / Vasco Gargalo)
Un dessin de Vasco Gargalo, lauréat du prix du public "Plumes libres pour la démocratie" du meilleur dessin de presse, lancé par le journal "Courrier international" en association avec la ville de Strasbourg. (Crédit : Twitter / Vasco Gargalo)

Vasco Gargalo, dessinateur de presse portugais, est l’un des trois lauréats du prix « Plumes libres pour la démocratie », remis en novembre dernier et mis en place par le journal Courrier international en association avec la ville de Strasbourg. Gargalo avait été récompensé par le prix du public du meilleur dessin de presse pour un dessin sur l’assassinat d’une élue brésilienne.

Vendredi dernier, Philippe Meyer, président du B’nai B’rith France, a accusé sur Twitter le dessinateur d’antisémitisme.

« Comment le dessinateur portugais Vasco Gargalo, auteur de dessins antisémites et participant au sinistre concours de caricatures en Iran, a-t-il pu obtenir en 2019 de Courrier international et Strasbourg le prix Plumes libres pour la démocratie ? Aberration, provocation, infamie », a écrit le responsable associatif.

Il faisait référence à plusieurs dessins de Gargalo, et principalement à l’un d’entre eux montrant le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, représenté avec les caractéristiques types de la caricature antisémite historique du Juif, plaçant un cercueil recouvert du drapeau palestinien dans un four crématoire surmonté de la phrase du camp d’Auschwitz « Arbeit Macht Frei ». Par ce dessin, le dessinateur comparaît ainsi à la Shoah des frappes menées en novembre dernier par l’armée israélienne à Gaza. Celles-ci faisaient suite à des tirs de roquettes vers Israël par le groupe terroriste palestinien du Jihad islamique, qui suivaient l’élimination par Israël d’un de ses commandants, Baha Abou Al-Ata.

Commentant la crise politique en Israël, un autre dessin de Vasco Gargalo montre à nouveau le Premier ministre israélien représenté telle une araignée autour de l’étoile de David, les mains portant des liasses de dollars.

D’autres dessins encore montrent un missile formant l’étoile de David, ou la chanteuse Netta portant des drapeaux américain et israélien être mise à feu par des militants palestiniens.

Organisée à Strasbourg dans le cadre du off du Forum mondial de la démocratie, la première édition du prix « Plumes libres pour la démocratie » visait à « récompenser les activités journalistiques des médias internationaux qui défendent les valeurs démocratiques », avance le communiqué de l’évènement.

Le jury était présidé par Marjane Satrapi, auteure de bande dessinée et réalisatrice (Persépolis) franco-iranienne. Il était composé de Nawel Raik-Elmrini et Françoise Buffet, adjointes au maire de Strasbourg ; Anaïs Ginori, journaliste et écrivaine, correspondante à Paris du quotidien italien La Repubblica ; Yannick Lefrançois, illustrateur et dessinateur de presse, auteur d’À plat Geiss ! ; Claude Lapointe, illustrateur et enseignant, fondateur de l’atelier d’illustration de l’École supérieure des arts décoratifs de Strasbourg ; Christos Giakoumopoulos, directeur général des droits de l’homme et de l’État de droit au Conseil de l’Europe ; Nicolas Vadot, dessinateur de presse, auteur de bande dessinée et membre de Cartooning for Peace ; Claire Carrard, directrice de la rédaction de Courrier international, et Luc Briand, chef du service iconographie de Courrier international.

Les dessins de Vasco Gargalo sont publiés dans différents journaux et magazines, tels que Sábado, Journal I, De Groene Amsterdammer, Público et Le Temps.

Contactée lundi matin par le Times of Israël, la rédaction de Courrier international n’a, à l’heure actuelle, pas encore répondu à notre sollicitation.

Ce lundi soir, Philippe Meyer a à nouveau posté un message appelant le journal et la ville de Strasbourg à retirer leur prix au dessinateur. « L’indifférence est complice du pire. Face à cette faute morale, ce retrait est urgent », a-t-il écrit, s’adressant au maire de Strasbourg et au président du directoire de Courrier international.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...