Un documentaire sur le philosophe juif Vladimir Jankélévitch
Le penseur français est connu pour sa réflexion sur la mystique, le temps, la mort, le pardon et la musique
Le documentaire « Vladimir Jankélévitch, penser la vie », diffusé début juin sur la chaine LCP, est maintenant disponible en replay sur YouTube, et ce jusqu’à 2028.
Le film, de Fabrice Gardel et Mathieu Weschler, est diffusé à l’occasion des quarante ans de la mort du philosophe juif (1903-1985). Soutenu par la Fondation pour la Mémoire de la Shoah, il s’ouvre sur des archives de l’émission littéraire « Apostrophe », en 1980, qui l’a fait découvrir au grand public alors qu’il est âgé de 77 ans, puis suit sa vie.
Philosophe, musicologue et moraliste français, il est né à Bourges en 1903 de parents juifs exilés d’origine russe. Il est devenu agrégé de philosophie en 1926 et a enseigné notamment à Prague, Caen, Lyon, Lille, Toulouse, et à la Sorbonne.
Spécialiste du philosophe français Henri Bergson, Vladimir Jankélévitch est connu pour sa réflexion sur la mystique, le temps, la mort, le pardon et la musique, en particulier Frédéric Chopin et Gabriel Fauré. Son œuvre mêle rigueur conceptuelle et lyrisme littéraire.
Pendant la Shoah, il a été destitué de la fonction publique en vertu du « statut des juifs ». Résistant pendant la Seconde Guerre mondiale, son engagement humaniste et éthique irrigue toute sa pensée. Après la guerre, il a refusé tout dialogue avec les bourreaux nazis, notamment sur le thème du pardon.
« Le pardon des crimes contre l’humanité – Auschwitz, Treblinka, Maïdanek – serait un outrage à la mémoire des morts », a-t-il notamment écrit.
« On peut pardonner à celui qui s’est repenti, à celui qui a demandé pardon. Mais ici, il n’y a pas de demande de pardon » ; « Le pardon est mort dans les camps de la mort », disait aussi celui qui affirmait être « devenu Juif avec la Shoah ». Il n’a presque jamais écrit sur Israël directement, mais reconnaissait au pays un droit d’existence après Auschwitz.
Parmi ses ouvrages majeurs : Le Je-ne-sais-quoi et le presque-rien, L’Imprescriptible, Le Pardon, La Mort. Son œuvre, au style inimitable, poétique et exigeant, très diverse, est aujourd’hui disponible en livres de poche.
Vladimir Jankélévitch est décédé en 1985 à Paris, à l’âge de 81 ans. Il repose au Nouveau cimetière de Châtenay-Malabry.







