Un employé de l’AP s’immole à Gaza après une retenue de son salaire
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Un employé de l’AP s’immole à Gaza après une retenue de son salaire

Ce père de famille âgé de 22 ans aurait maudit le gouvernement alors qu'il s'immolait par le feu dans la rue. Il a des blessures modérées

Une photo prise le 1er novembre 2017 montre une vue générale des constructions du centre-ville de Gaza et le port israélien d'Ashkelon en arrière-plan (Crédit :  AFP PHOTO / THOMAS COEX)
Une photo prise le 1er novembre 2017 montre une vue générale des constructions du centre-ville de Gaza et le port israélien d'Ashkelon en arrière-plan (Crédit : AFP PHOTO / THOMAS COEX)

Un employé de l’Autorité palestinienne dans la bande de Gaza dont le salaire avait été retenu pendant plusieurs mois s’est immolé par le feu dans la nuit de samedi. Il a été modérément blessé.

Fathi Walid Khareb, 22 ans, père de deux enfants, a commis cet acte dans une rue de Gaza City aux environs de 3 heures du matin en présence d’un passant, qui s’est précipité pour éteindre le feu et lui offrir son aide.

Des informations locales laissent entendre qu’il aurait maudit le gouvernement palestinien durant l’incident.

Khareb, dont l’épouse devrait donner naissance à un troisième enfant, était apparemment déprimé en raison de la pauvreté de sa famille.

Il a été pris en charge à l’hôpital dans un état modéré.

Vous pouvez voir une vidéo de l’incident ci-dessous (avertissement : images violentes) :

La chaîne Hadashot a noté que 65 % de la population de la bande étaient pauvre avec presque la moitié au chômage.

« Gaza est sous blocus », a commenté le journaliste local Adnan Abu Uda devant les caméras de la chaîne Hadashot. « On voit les gens, à Gaza, manger dans les poubelles… Les choses ne cessent de se dégrader de façon dramatique ».

« Sans blâmer une quelconque partie », a-t-il ajouté, « nous avons besoin d’un changement spectaculaire qui donne de l’espoir à ces gens ».

Le mois dernier, les employés de l’Autorité palestinienne en Cisjordanie auraient reçu leur salaire mensuel mais pas ceux de Gaza, ce qui pourrait laisser craindre que le président de l’Autorité palestinien Mahmoud Abbas ne coupe les paiements pour mettre davantage la pression sur le groupe terroriste palestinien du Hamas.

L’AP a continué à payer ses dizaines de milliers d’employés à Gaza malgré le fait qu’ils n’aient pas travaillé depuis la prise de contrôle du territoire par le Hamas en 2007 lors d’une quasi-guerre civile avec le parti du Fatah d’Abbas.

Depuis, Israël a maintenu un blocus sur l’enclave côtière pour empêcher le Hamas d’importer des armes alors que la frontière avec Gaza est également largement fermée.

Un Palestinien à proximité du bureau du programme de secours de l’ UNRWA à Gaza City, le 8 janvier 2018 (Crédit : AFP Photo/Mohammed Abed)

De multiples tentatives de réconciliation entre le Hamas et le Fatah ont échoué, plus récemment après la signature d’un accord négocié par l’Egypte au mois d’octobre parce que le Hamas s’était refusé à rendre son arsenal considérable d’armements et d’infrastructures militaires.

Au mois de février, la Maison Blanche a gelé environ 100 millions de dollars de contributions à l’UNRWA, l’agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens, après que ces derniers ont fait savoir qu’ils n’accepteraient plus les Etats-Unis comme médiateurs dans les négociations de paix avec Israël.

Les Palestiniens avaient été rendus furieux par la reconnaissance, le 6 décembre, de Jérusalem comme capitale d’Israël par le président américain Donald Trump.

Les responsables israéliens de la sécurité ont averti que la crise humanitaire croissante à Gaza pourrait mener à un nouveau conflit et ils ont pesé l’idée d’envoyer des produits alimentaires et des médicaments israéliens dans la bande.

Les sept dernières semaines ont été l’occasion de manifestations massives et d’affrontements le long de la frontière entre Gaza et Israël. Les manifestants ont indiqué qu’ils cherchaient à briser le blocus, à protester contre la relocalisation de l’ambassade américaine en Israël et à revenir dans leurs anciennes habitations dans ce qui est devenu aujourd’hui Israël.

Israël a reproché au groupe terroriste du Hamas qui gouverne la bande ces violences à Gaza, affirmant que le groupe a coopté les manifestations et qu’il les utilise comme couverture pour tenter d’ouvrir des brèches à la frontière pour s’infiltrer sur le territoire et pour commettre des attaques contre les Israéliens. Mercredi, un responsable du Hamas a fait savoir que 50 des 62 personnes tuées lors des rassemblements de lundi et mardi étaient des membres de l’organisation et le Jihad islamique palestinien a déclaré que trois morts appartenaient à ses rangs.

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