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Un essai clinique à Shaare Zedek donne de l’espoir aux porteuses du gène BRCA1

L'essai international à long terme vise à déterminer si le denosumab, un médicament contre l'ostéoporose, pourrait enrayer la maladie et ainsi éviter la mastectomie préventive

Illustration : Une doctoresse brandissant un ruban rose pour sensibiliser au cancer du sein. (Crédit : dragana991 via iStock by Getty Images)
Illustration : Une doctoresse brandissant un ruban rose pour sensibiliser au cancer du sein. (Crédit : dragana991 via iStock by Getty Images)

Un essai clinique mené au centre hospitalier Shaare Zedek de Jérusalem cherche à déterminer si un médicament utilisé pour traiter l’ostéoporose peut prévenir le cancer du sein, ce qui constitue un espoir pour les femmes porteuses de la mutation génétique BRCA1.

Le recrutement pour cet essai a commencé il y a un an et se poursuivra au moins jusqu’en septembre. Israël est l’un des huit pays participant à l’essai de phase 3, qui est basé sur des recherches internationales récentes évaluées par des pairs et montrant que la voie moléculaire RANKL, qui provoque la dégradation des os, se trouve également dans le tissu mammaire et provoque la formation et la progression des tumeurs.

L’essai, qui s’étale sur dix ans, vise à déterminer si le denosumab – un anticorps monoclonal humain injectable connu sous les noms commerciaux Prolia ou Xgeva – est aussi efficace pour bloquer la voie RANKL dans le tissu mammaire que dans les os. Les premiers essais ont montré un taux de réussite de 35 à 40 %.

Rachel Michaelson-Cohen, gynécologue et directrice de l’unité de génétique prénatale à Shaare Zedek, a expliqué au Times of Israel qu’elle espérait qu’un résultat positif permettrait aux femmes porteuses du gène BRCA1 de bénéficier d’un traitement médical pour réduire leur risque de cancer du sein.

« La mutation BRCA1 est plus agressive que la mutation BRCA2. Les porteuses de la mutation BRCA1 ont un risque de 80 % de développer un cancer du sein. À l’heure actuelle, les seules options qui s’offrent à elles sont la mastectomie préventive – qui est le seul moyen d’assurer une protection totale – ou une surveillance étroite en vue d’une détection précoce. En Israël, cela signifie une mammographie une fois par an et une IRM une fois par an », a déclaré Michaelson-Cohen.

Contrairement à de nombreuses femmes présentant un risque élevé de développer un cancer du sein dans d’autres pays et qui optent pour une mastectomie, les Israéliennes hésitent davantage à subir cette intervention chirurgicale lourde. C’est pour cette raison qu’Israël a été choisi pour participer à l’essai, ainsi que parce que la population du pays compte de nombreuses porteuses du gène BRCA1.

Dr Rachel Michaelson-Cohen, directrice de l’unité de génétique prénatale au centre hospitalier Shaare Zedek à Jérusalem. (Crédit : Shaare Zedek)

Les Juifs ashkénazes – hommes et femmes – ont un risque de 2,5 % d’être porteurs d’une mutation du gène BRCA. Les tests génétiques pour toute personne ayant un grand-parent ashkénaze ont été ajoutés au panier de soins israélien il y a deux ans, après que des études ont montré leur rentabilité.

Ruchama Schmulewitz, architecte à Jérusalem et mère de quatre enfants, est porteuse du gène BRCA1 et est suivie à la clinique multidisciplinaire Noga de Shaare Zedek pour les femmes chez qui une mutation BRCA1 ou BRCA2 a été diagnostiquée. Aujourd’hui âgée de 40 ans, elle a appris qu’elle était porteuse du gène BRCA1 lorsqu’elle a subi un test de dépistage il y a 14 ans. Son père venait de mourir d’un cancer du pancréas et elle a appris que ses cousines étaient décédées d’un cancer du sein et des ovaires.

« Avec mes frères et sœurs, nous avons décidé de faire des tests génétiques. J’ai été la première à le faire, et il s’est avéré que j’étais porteuse du gène BRCA1 », a raconté Schmulewitz.

Elle envisageait sérieusement de subir une mastectomie préventive lorsqu’elle a entendu parler de l’essai sur le denosumab par Michaelson-Cohen lors de l’un de ses examens réguliers à la clinique Noga. Elle a décidé qu’il valait la peine d’attendre l’opération pour s’inscrire à l’essai.

« Lorsque vous êtes porteur de la mutation, vous réfléchissez à la manière dont vous pouvez vous protéger pour votre propre bien et celui de votre famille. J’aime toujours savoir qu’il y a de nouvelles recherches. J’espère toujours qu’il y aura de nouveaux développements », a déclaré Schmulewitz.

A woman with breast cancer undergoes a CT scan. (Photo credit: Chen Leopold/FLASH90)
Une femme avec un cancer de sein examinée au CT scan (Crédit : Chen Leopold/FLASH90)

« J’ai entendu dire que les résultats obtenus jusqu’à présent [avec le denosumab] étaient bons, ce qui m’a donné de l’espoir et une raison supplémentaire de faire confiance au suivi [IRM et mammographies annuelles]. L’autre choix est la chirurgie lourde, qui affecte le corps et l’image corporelle », a-t-elle ajouté.

Michaelson-Cohen a insisté sur le fait que les milliers de participants à l’essai dans le monde doivent répondre à d’autres critères que celui d’être porteur du gène BRCA1. Cela est particulièrement important pour la première des deux phases quinquennales de l’essai.

« La première phase est la phase de traitement, et la seconde est la phase de suivi. Au cours de la première phase, les participantes doivent s’engager à éviter toute grossesse, car le médicament ne peut être pris pendant la grossesse ou l’allaitement », a-t-elle déclaré. L’âge limite de participation est de 55 ans.

En outre, l’essai n’est pas destiné aux femmes qui ont subi une mastectomie ou qui prévoient d’en subir une. Les femmes qui changent d’avis sur l’un de ces critères sont libres de quitter l’essai.

Haggit Russo, 49 ans, porteuse du gène BRCA1, a décidé de participer à l’essai alors qu’elle n’était plus en âge de procréer. Sa mère a développé un cancer du sein avant l’âge de 50 ans et sa grand-mère est décédée des suites de la maladie.

« Lorsque le Dr Michaelson m’a parlé de l’étude lors d’un de mes rendez-vous à la clinique Noga, je me suis dit que je n’avais rien à perdre à y participer », a déclaré Russo, qui travaille dans la finance de haute technologie et vit avec sa famille dans un kibboutz au nord de Netanya.

Russo présente des signes précoces d’ostéoporose, elle a donc pensé qu’il n’y avait pas d’inconvénient à prendre les injections de denosumab deux fois par an.

« J’espère simplement ne pas faire partie du groupe placebo », a-t-elle précisé.

Illustration : Une patiente passant une mammographie. (Crédit : gorodenkoff via iStock by Getty Images)

Michaelson assure les patients que le denosumab a été approuvé par la Food and Drug Administration (FDA) américaine il y a plus de dix ans et qu’il est largement utilisé, ce qui signifie que son innocuité est reconnue. Toutefois, les effets secondaires préoccupants que peut ressentir un patient disparaîtront si les injections sont interrompues.

Bien que l’essai soit axé sur le cancer du sein, les porteuses du gène BRCA1 doivent également se préoccuper de leur risque élevé de cancer des ovaires. Si l’Américaine moyenne court un risque de 2 % de développer la maladie au cours de sa vie, une femme porteuse du gène BRCA1 a un risque estimé à 39-46 % de développer un cancer de l’ovaire à l’âge de 70 ans.

Russo s’est entretenue avec le Times of Israel peu après une ovariectomie, une opération chirurgicale visant à retirer ses ovaires.

Selon Michaelson-Cohen, « le cancer de l’ovaire est rarement diagnostiqué à un stade précoce. Une femme peut passer une échographie et la maladie ne sera pas détectée. Le seul moyen de prévenir le cancer de l’ovaire est d’enlever les ovaires. Nous encourageons vivement les femmes porteuses du gène BRCA1 à subir une ovariectomie une fois qu’elles ont fini d’avoir des enfants. »

Ce n’est que dans une décennie qu’elle et ses collègues internationaux connaîtront l’ampleur du succès de l’essai, mais le simple fait qu’il ait lieu est porteur d’espoir pour les porteuses du gène BRCA1.

« En Israël, de nombreuses femmes optent pour l’imagerie mammaire plutôt que pour la mastectomie. Elles vivent dans la peur à chaque fois qu’elles viennent faire leur IRM », a rappelé Michaelson-Cohen.

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