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Un homme accusé d’avoir tué sa mère, qui se serait convertie au christianisme

Selon l'acte de mise en examen, Muad Hib, 27 ans, de Zarzir, a caché le corps de Rasha Muklasha sous un tas de sable et de feuilles vers le fleuve Jourdain, le mois dernier

Rasha Muklasha, qui aurait été tuée par son fils Muad Hib en date du 5 août 2021. (Crédit : Police israélienne )
Rasha Muklasha, qui aurait été tuée par son fils Muad Hib en date du 5 août 2021. (Crédit : Police israélienne )

Un homme de 27 ans, originaire du nord d’Israël, a été mis en examen dans la journée de lundi pour avoir tué sa mère, le mois dernier. Il aurait ensuite dissimulé son corps. La victime s’était convertie au christianisme orthodoxe, quittant l’islam.

Selon l’acte de mise en examen, Rasha Muklasha, 46 ans, avait quitté son mari et rompu tout lien avec ses cinq enfants – parmi lesquels le suspect, Muad Hib, en 2006. Elle avait quitté la ville de Zarzir pour Nof HaGalil et s’était convertie au christianisme.

Elle avait récemment repris contact avec ses enfants, suite au décès de son ex-mari. Selon les procureurs, c’est sa conversion – qui avait entraîné la fureur de Hib – qui aura finalement entraîné sa mort.

Le meurtre aurait été prémédité, note l’acte. Ainsi, Hib avait pris rendez-vous avec sa mère en date du 5 août à proximité de Nazareth, avec l’intention de la tuer et de dissimuler sa dépouille.

Après avoir fait monter Muklasha dans sa voiture, « il l’a étranglée avec l’aide d’une corde et avec les mains, seul ou avec des complices, avec l’intention d’entraîner sa mort », rapportent les documents du tribunal.

Alors qu’il cherchait un endroit pour cacher son corps, Hib a remarqué un barrage routier dressé devant lui et en a forcé le passage, parvenant à fuir les lieux, a ajouté l’acte de mise en examen. Il s’est ensuite dirigé vers le fleuve Jourdain.

Les forces de police sur les lieux du meurtre présumé d’une femme de 46 ans de Nof Hagalil, près du fleuve Jourdain, le 7 août 2021. (Crédit : Police israélienne)

Il a ensuite creusé un trou et a enterré la dépouille de sa mère, recouvrant l’ensemble de pierres et de feuilles mortes, « dans le but de dissimuler l’endroit où se trouvait le corps et de rendre plus difficile sa localisation ».

Plus tard, dans la même journée, le suspect a forcé un deuxième barrage routier qui avait été dressé dans le cadre de l’enquête, et a été arrêté après une brève chasse à l’homme près de Nahalal, a expliqué la police. Les deux frères du suspect, âgés de 23 ans et de 20 ans, ont été arrêtés séparément. Il reste indéterminé s’ils seront ou non mis en examen.

Le corps de la femme avait été découvert environ 26 heures après l’incident survenu au deuxième barrage routier, près du fleuve Jourdain, dans le nord d’Israël, avait alors expliqué la police. La dépouille avait été découverte suite à des recherches intensives qui avaient impliqué l’intervention d’équipes d’intervention cynophiles, des unités de cavalerie et des hélicoptères.

« Le travail rapide des enquêteurs qui a permis la localisation du suspect et les soupçons de meurtre ont mené au lancement d’une opération rapide et extensive de localisation du corps de la victime de la part de l’ensemble des forces du district du nord », avait commenté le chef du district du nord, Shimon Lavi.

Lavi avait ajouté que le dossier prouvait « l’engagement total » des forces de l’ordre « à résoudre les crimes dans la communauté arabe en utilisant tous les moyens mis à notre disposition ».

La police a été accusée de négliger la communauté arabe israélienne en proie à une forte recrudescence des violences et du crime.

Le commandant Shimon Lavi s’exprime pendant une cérémonie au Commandement du district du nord, le 9 juillet 2019. (Crédit : Flash90)

Les crimes violents ont atteint des niveaux records dans les communautés arabes ces dernières années, avec 78 citoyens arabes et druzes israéliens tués jusqu’à présent dans des homicides depuis le début de l’année 2021, selon un bilan établi par l’organisation à but non-lucratif Abraham Initiatives. Quinze Palestiniens ont par ailleurs été tués sur le territoire israélien.

Treize victimes étaient des femmes, a ajouté l’ONG.

L’année dernière, 96 Arabes israéliens ont trouvé la mort dans des violences communautaires.

Les autorités ont juré de consacrer plus de ressources au combat contre le crime dans les localités arabes après qu’une récente série de fusillades a entraîné la campagne en ligne #Arab_Lives_Matter pour protester contre l’inaction présumée des policiers.

Le mois dernier, le Premier ministre Naftali Bennett a déclaré que les violences et les crimes, dans la société arabe israélienne, étaient des « fléaux nationaux » alors qu’il rencontrait de hauts-responsables du gouvernement et de la police pour mettre en place un plan de lutte contre ces violences.

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