Rechercher

Un général avertit les Gazaouis: « notre patience a atteint ses limites »

Le chef du COGAT a publié une vidéo en arabe avertissant de la mise en place d'une règle de "tolérance zéro" : les manifestants "se mettront en danger" lors des affrontements

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Dans une vidéo en arabe, le général Kamil Abu Rukun avertit les Palestiniens de ne pas s'approcher de la clôture frontalière de Gaza, le 15 novembre 2018 (Capture d'écran)
Dans une vidéo en arabe, le général Kamil Abu Rukun avertit les Palestiniens de ne pas s'approcher de la clôture frontalière de Gaza, le 15 novembre 2018 (Capture d'écran)

Le chef de la liaison militaire israélienne avec les Palestiniens a averti jeudi que « notre patience a atteint ses limites et nous répondrons avec sévérité  » à ceux qui participeront aux affrontements le long de la frontière, vendredi.

Dans une vidéo publiée en arabe sur sa page Facebook, le général de division Kamil Abu Rokon — qui occupe officiellement sous le poste de Coordinateur des activités gouvernementales dans les territoires- a fait savoir qu’Israël va adopter une politique de tolérance zéro en cas de violences frontalières.

Il y a eu cette semaine une bataille massive de deux jours entre Israël et le Hamas au pouvoir à Gaza, ce qui aurait entraîné la mise en garde filmée d’Abu Rokon.

Un cessez-le-feu, qui a été annoncé par le Hamas mardi soir mais qui n’a pas été officiellement confirmé par Israël, semblait se maintenir largement jeudi soir. Néanmoins, les renforts militaires israéliens ont été maintenus et les soldats sont toujours en état d’alerte élevé.

Le général a fait savoir que « nous ne montrerons aucune retenue et nous ne prendrons pas à la légère les cas suivants :

Ceux qui entreront dans un périmètre de cent mètres de la clôture se mettront en danger.

Ceux qui détruiront la clôture ou tenteront de l’endommager se mettront en danger.

Ceux qui tenteront de franchir la clôture de sécurité et d’entrer en Israël se mettront en danger.

Ceux qui jetteront des dispositifs explosifs improvisés, grenades et cocktails Molotov, se mettront en danger.

Ceux qui lanceront des ballons explosifs se mettront en danger ».

Les Palestiniens tirent un câble attaché à un fil barbelé pour essayer de détruire une section de la clôture de sécurité entre la bande de Gaza et Israël, durant des affrontements survenus à l’est de Gaza City, le 7 septembre 2018 (Crédit : AFP/Said Khatib)

Depuis le 30 mars, des manifestations d’ampleur sont organisées le vendredi après-midi avec des émeutes et des échauffourées le long de la frontière de Gaza, dans ce que les Palestiniens appellent « la grande marche du retour », qui, selon Israël, est orchestrée par le Hamas et n’est pas, comme l’affirment de nombreux Palestiniens, un mouvement de protestation émanant du peuple.

Le général a ajouté qu’Israël « est bien conscient que ces actions ne sont pas spontanées et que c’est le Hamas qui en est le cerveau, gérant et dirigeant ce mouvement ».

Abu Rokon a expliqué aux résidents de la bande qu’ils devaient « se réveiller » et se rendre compte que le groupe terroriste du Hamas, à la tête de Gaza, « vous emmène au bord du gouffre. »

Un jeune Palestinien utilise une fronde pour jeter des pierres aux forces israéliennes durant des affrontements à la frontière entre Israël et la bande de Gaza, à l’est de Gaza city, le 7 septembre 2018 (Crédit : AFP/Said Khatib)

« Comprenez-le avant qu’il ne soit trop tard. Vous avez été avertis », a-t-il dit.

Ces manifestations ont régulièrement été le théâtre des actes dénoncés par Abu Rokon dans la vidéo. En riposte, les soldats israéliens ont utilisé des gaz lacrymogènes et des tirs à balles réelles.

Plus de 160 Palestiniens ont été tués dans les affrontements frontaliers depuis le mois de mars. Les groupes terroristes, au sein de l’enclave côtière, ont reconnu que des douzaines de morts appartenaient à leurs rangs. Un sniper palestinien a tué un soldat israélien au mois de juillet.

La mise en garde d’Abu Rokon est survenue deux jours après des affrontements féroces entre l’Etat juif et les groupes terroristes de la bande, les plus importants depuis la guerre de 2014 à Gaza.

Selon les militaires, plus de 460 roquettes et obus de mortier ont été lancés vers le sud d’Israël lundi et mardi. Le système de défense antiaérienne du Dôme de fer en a intercepté plus de cent. Les autres projectiles ont atterri dans des champs mais des douzaines de sont abattus dans des villes et municipalités israéliennes, tuant une personne, faisant des douzaines de blessés et entraînant des dégâts significatifs.

Des Israéliens inspectent les dégâts dans un appartement frappé par une roquette tirée de la bande de Gaza à Ashkelon, dans le sud d’Israël, le 12 novembre 2018 (Crédit : Gil Cohen-Magen/AFP)

En réponse aux roquettes et aux tirs de mortier, les militaires israéliens ont fait savoir qu’ils avaient pris pour cible environ 160 sites, dans la bande de Gaza, liés au Hamas et au Jihad islamique palestinien et notamment quatre structures qualifiées par l’armée « d’atouts stratégiques majeurs ».

La réponse du gouvernement durant cette flambée de violences a suscité l’opprobre de certains de ses membres et de l’opposition. Les critiques ont fustigé une riposte faible.

Mercredi, le ministre de la Défense Avigdor Liberman a annoncé qu’il démissionnait de son poste, en grande partie en raison des politiques gouvernementales mises en oeuvre sur le sujet de Gaza.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...