Un haut cadre iranien n’a pas pu donner son discours à Gaza par vidéoconférence
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Un haut cadre iranien n’a pas pu donner son discours à Gaza par vidéoconférence

Le rassemblement Wet Gunpowder s'est terminé brusquement après que l'Égypte aurait demandé aux dirigeants du Hamas de rester à l'écart de l'événement

Le commandant des forces Al-Qods des Gardiens de la Révolution islamique, Qassem Soleimani (Crédit : YouTube/BBC Newsnight)
Le commandant des forces Al-Qods des Gardiens de la Révolution islamique, Qassem Soleimani (Crédit : YouTube/BBC Newsnight)

Un rassemblement pro-iranien qui s’est tenu lundi à Gaza ne s’est apparemment pas déroulé comme prévu, après que Qassem Soleimani, commandant de la Force Al-Qods des Gardiens de la Révolution islamique, n’a pas pu prononcer le discours attendu, et que l’Égypte aurait dit aux hauts responsables du Hamas de rester à l’écart de l’événement.

Les organisateurs du Wet Gunpowder Festival [Festival au cours duquel l’Iran décerne un prix symbolique qui, selon les organisateurs, est décerné à « des gens ridicules dont le caractère ridicule est évident pour tout le monde »] ont accusé Israël d’être responsable des problèmes techniques qui ont empêché l’officier iranien de s’adresser à la foule par vidéoconférence depuis Téhéran.

Ces derniers jours, la presse israélienne et arabe avait annoncé que Soleimani s’adresserait à l’auditoire après les discours des responsables iraniens, et des groupes terroristes du Jihad islamique, du Hamas et du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP).

Gholamhossein Gheybparvar, le commandant du Basij, une force paramilitaire des Gardiens de la Révolution, a prononcé un court discours dans lequel il a fustigé le président américain Donald Trump pour son attitude inconstante.

Peu après que Gheybparvar a conclu son propos, qui était largement inaudible en raison des problèmes de communication entre Téhéran et Gaza, Al-Qods TV, l’un des deux médias palestiniens diffusant l’événement, a interrompu sa retransmission en direct avec son journal télévisé du soir.

Il est difficile de savoir si Soleimani a pris la parole après qu’Al-Quds TV a coupé la retransmission en direct de la conférence, mais Gal Berger, correspondant du radiodiffuseur public israélien Kan, a tweeté que l’événement avait été « stoppé » à cause de Soleimani.

Le site d’information Ynet a rapporté que juste avant que Soleimani ne prenne la parole, la connexion entre Gaza et Téhéran a été coupée et n’a pas été rétablie, ce qui suggère que le commandant iranien était présent lors de l’événement dans la capitale iranienne.

Le rapport n’indiquait pas si le commandant iranien s’était adressé aux participants au festival en Iran ou si la liaison avait été coupée délibérément.

Yahya Sinwar, leader du Hamas dans la bande de Gaza, durant une manifestation à l’est de Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, le 6 avril 2018 (Crédit : AFP/Said Khatib)

Ynet a également signalé qu’un certain nombre de hauts responsables du Hamas, dont le chef de Gaza Yahya Sinwar et le membre du Politburo Mahmoud al-Zahar, avaient prévu d’assister à l’événement, mais ont finalement décidé de ne pas le faire. Une source à Gaza, qui s’est adressée au site d’information, a estimé que les hauts responsables du Hamas n’ont pas assisté à la conférence à la demande de l’Égypte.

L’Égypte se méfie depuis longtemps de l’influence iranienne au Moyen Orient et on pense qu’elle a tenté de dissuader le Hamas de resserrer ses liens avec Téhéran.

Lorsqu’on lui a demandé si Soleimani avait pris la parole lors de l’événement, un haut responsable du Hamas a répondu au Times of Israel qu’il n’était pas responsable de ce qui s’était passé, puis a raccroché le téléphone. On ne sait pas très bien ce que le fonctionnaire a voulu dire par « ce qui s’est passé ».

M. Soleimani, qui a été désigné comme terroriste par les États-Unis, est responsable des efforts visant à étendre l’influence de l’Iran au Moyen Orient et a joué un rôle clé dans l’armement de groupes pro-iraniens au Liban, en Syrie, en Irak et dans d’autres pays. Il aurait également entrepris des projets d’armement et d’aide au Hamas et aux branches militaires du Jihad islamique à Gaza.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu affirme que l’Iran est la « plus grande menace » pour Israël et critique fréquemment les activités de Téhéran dans la région ainsi que ses propos anti-israéliens.

Lundi, avant l’événement, le porte-parole du Premier ministre en langue arabe, Ofir Gendelman, a tweeté au sujet du discours de Soleimani.

« Le chef de la meurtrière Force al-Qods Qassem Suleimani prononcera un discours aujourd’hui lors d’un événement conjoint Hamas-Jihad islamique-Iran. Voici ce qu’il va dire : 1) Après avoir détruit l’Irak, la Syrie et le Yémen, c’est au tour de Gaza. 2) Le sort des Palestiniens ne nous concerne pas. Ils ne sont qu’un outil. »

Gendelman a ajouté : « Ô peuple de Gaza, réveille-toi ! Vois ce qui est arrivé aux Syriens à cause de l’Iran. »

Kamil Abu Rokon, le Coordonnateur des activités gouvernementales dans les territoires (COGAT), a fait allusion à la crise humanitaire à Gaza dans un post publié sur Facebook critiquant le discours à venir de Soleimani.

« Sera-t-il question de développer la bande de Gaza ? Rénover des bâtiments et des maisons ? Augmenter l’approvisionnement en électricité ? De l’eau ? Aider les gens dans le besoin ? L’Iran chiite investit des fonds dans l’organisation terroriste Hamas et non dans Gaza ou son peuple. »

Le radiodiffuseur arabe Al-Alam, dirigé par l’État iranien, s’est moqué des réactions des autorités israéliennes.

« Leurs commentaires concernant [Soleimani] étaient comme s’il était un missile ciblant les territoires occupés », a déclaré le journaliste, faisant allusion aux commentaires de Gendelman et Kamil Abu Rokon, le Coordonnateur des activités gouvernementales dans les territoires.

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