Nouvel incendie à Duma : pas un « incident aux motifs nationalistes, » selon le Shin Bet
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Nouvel incendie à Duma : pas un « incident aux motifs nationalistes, » selon le Shin Bet

Les polices israélienne et palestinienne ont ouvert des enquêtes et se sont déployées dans la zone, de même que l'armée israélienne

Vue sur les fenêtres de la maison du principal témoin de l'affaire de Duma qui a été incendiée dans la nuit du 19 au 20 mars 2016 (Crédit : Facebook)
Vue sur les fenêtres de la maison du principal témoin de l'affaire de Duma qui a été incendiée dans la nuit du 19 au 20 mars 2016 (Crédit : Facebook)

Ibrahim Dawabcheh et son épouse ont été réveillés dans la nuit par une épaisse fumée qui a envahi leur maison à Duma, ont indiqué des témoins à l’AFP.

La maison du jeune couple, voisine de celle de Saad Dawabsha, partie en fumée en juillet, et dans laquelle Ali Dawabsha, 18 mois, a été brûlé vif, tandis que ses deux parents ont succombé quelques semaines plus tard à leurs graves brûlures, présente des signes d’attaque similaire, selon les habitants sur place.

Une fenêtre a été brisée dans la nuit et aussitôt la petite maison a été envahie par une épaisse fumée, selon les proches.

M. Dawabcheh a été hospitalisé, a indiqué la police israélienne.

Pour les habitants, ce mode opératoire, le même que celui utilisé en juillet dernier – des cocktails Molotov jetés par une fenêtre -, est la signature d’extrémistes israéliens.

Le Coordinateur de l’ONU pour les questions humanitaires dans les Territoires palestiniens, Robert Piper, a pour sa part « condamné avec force » un acte qui selon lui a été mené par « des extrémistes juifs présumés ».

Il a appelé Israël à l’ouverture « rapide d’une enquête complète », soulignant que laisser « de tels actes (…) favoriser la haine et la violence » ne ferait que « engendrer encore plus de tragédies personnelles et enterrer toute perspective de paix ».

Les polices israélienne et palestinienne ont ouvert des enquêtes et se sont déployées dans la zone, de même que l’armée israélienne.

Le service de la sécurité intérieure Shin Bet a indiqué que les premiers éléments de l’enquête ne faisaient pas croire à un « incident aux motifs nationalistes ». « Pour l’instant, les éléments recueillis sur les lieux ne sont pas caractéristiques des incendies criminels déclenchés par des juifs », affirme un communiqué du Shin Bet.

Selon le vice-gouverneur de Naplouse Anan al-Atireh, « ce crime prouve qu’il existe un terrorisme organisé perpétré par des gangs de colons sous la protection et avec le soutien des autorités d’occupation ».

Saëb Erakat, numéro deux de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), a dit « tenir le gouvernement israélien pour entièrement responsable des crimes à Duma », rappelant que l’Etat hébreu « doit encore condamner les responsables des meurtres de Saad, Reham et Ali Dawabcheh ». Chose que le Premier ministre israélien a fait le jour-même depuis l’hôpital où il a rendu visite aux victimes.

Benjamin Netanyahu s'adresse, le 31 juillet 2015, à des journalistes depuis l'hôpital où est soignée la famille Dawabsha (Crédit : Flash 90)
Benjamin Netanyahu s’adresse, le 31 juillet 2015, à des journalistes depuis l’hôpital où est soignée la famille Dawabsha (Crédit : Flash 90)

« Israël est responsable car il a créé une culture de la haine et du racisme qui a permis aux colons de se conduire en terroristes », a renchéri Hanan Ashrawi, membre de la direction palestinienne, particulièrement virulente à l’égard d’Israël.

« Toutes les pistes vont être vérifiées », a affirmé la police israélienne qui refuse pour le moment de privilégier l’hypothèse d’un incendie criminel.

Celui de Duma, signé par des extrémistes juifs qui avaient laissé des slogans en hébreu sur les murs jouxtant la maison de la famille Dawabcheh, a marqué les Palestiniens et suscité l’émoi en Israël et à l’étranger.

Au début de l’année, la justice israélienne a inculpé deux Israéliens dans les milieux juifs radicaux, notamment parmi les « jeunes des collines », des résidents d’implantations radicaux qui remettent en question l’autorité de l’Etat hébreu.

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