Un incident met en lumière les difficultés liées au vol dans les bases de Tsahal
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Un incident met en lumière les difficultés liées au vol dans les bases de Tsahal

Selon l'enquête, les soldats auraient dû alerter la police au lieu de poursuivre les délinquants responsables d'un cambriolage filmé dans le sud d'Israël

Des officiers de Tsahal se heurtent à des Bédouins à l'entrée du village de Bir Hadaj dans le désert du Néguev, le 31 mai 2020. (Capture écran : YouTube)
Des officiers de Tsahal se heurtent à des Bédouins à l'entrée du village de Bir Hadaj dans le désert du Néguev, le 31 mai 2020. (Capture écran : YouTube)

L’armée israélienne intensifie ses efforts de lutte contre le vol après qu’un incident au cours duquel des officiers ont été pris en embuscade alors qu’ils tentaient de poursuivre des voleurs d’armes a attiré l’attention sur le problème. Certains se plaignent d’une justice encourageant à la récidive contre les auteurs, souvent des Bédouins locaux.

Une première enquête sur l’incident, publiée mercredi, a conclu que les deux commandants de la base de Tzeelim, dans le sud d’Israël, avaient commis une erreur en poursuivant les malfaiteurs eux-mêmes, en disant que le travail de l’armée était de prévenir les vols et non de poursuivre les délinquants.

Une déclaration commune de l’armée et de la police mercredi après-midi a indiqué que le chef d’état-major adjoint de Tsahal, Eyal Zamir, et le commissaire adjoint de la police, Alon Asur, avaient convenu de renforcer la coopération entre les deux organismes, afin de mettre un terme aux vols d’armes dans les bases du sud.

« Les deux parties ont noté la nécessité de continuer à travailler ensemble et à coopérer de manière significative, comme cela a déjà été fait jusqu’à présent, pour trouver des solutions supplémentaires afin de prévenir des crimes graves comme celui-ci », selon la déclaration.

« Les deux parties ont convenu que la surveillance des bases de l’armée dans le sud d’Israël serait renforcée dans un effort de prévention des vols et des risques qu’ils posent, en particulier dans les efforts de prévention ainsi que dans l’application stricte et inébranlable par la police des lois contre les criminels jusqu’à ce qu’ils soient traduits en justice », selon la déclaration.

Les médias de langue hébraïque ont publié mardi des images de l’embuscade, affirmant qu’elle s’était produite dimanche après-midi. Personne n’a été arrêté pour cet incident, même si les délinquants se sont filmés pendant le vol et ont téléchargé les images sur les réseaux sociaux.

D’après les médias, plusieurs hommes étaient entrés dans la base de Tzeelim sans être dérangés et avaient dérobé des armes. Deux commandants qui y suivaient un cours les ont vus et ont décidé de les poursuivre.

Cependant, des dizaines de personnes ont physiquement bloqué le véhicule des deux officiers de Tsahal à l’entrée de la ville bédouine de Bir Hadaj, qui en quelques minutes, se sont retrouvés encerclés. Ils ont été confrontés, menacés, et on leur a demandé de quitter la route. Un officier a été forcé de tirer en l’air après avoir senti que sa vie était en danger. Les émeutiers ont injurié les officiers et ont endommagé un véhicule militaire.

Les vols dans les bases militaires sont fréquents, ce type de confrontation directe est rare.

Mercredi, le colonel Ohad Maor, commandant du centre d’entraînement tactique de Tzeelim, a déclaré que les soldats ne devaient pas poursuivre les voleurs dans de tels cas et qu’ils devaient plutôt alerter les autorités militaires et policières.

Les forces de l’ordre sont depuis longtemps accusées de fermer les yeux sur l’anarchie et le crime organisé dans la région du Néguev, les soldats n’ayant pas le droit d’intervenir. Selon les critiques, la procédure habituelle est que les soldats alertent la police sur le vol, que celle-ci vient écouter leur témoignage et qu’ensuite aucune autre action ne soit entreprise.

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