Un Israélien accusé d’avoir espionné Gallant pour le compte de l’Iran
Fares Abu al-Hija, 32 ans, aurait effectué des missions pour une personne connue sur les réseaux sociaux. Il aurait notamment caché des téléphones à Haïfa et photographié la maison de l'ex-ministre à Amikam

Lundi, les procureurs ont déposé l’acte d’accusation d’un homme soupçonné d’avoir recueilli des renseignements sur l’ancien ministre de la Défense, Yoav Gallant, pour le compte d’un agent iranien.
L’accusé, Fares Abu al-Hija, 32 ans, a été interpelé fin janvier alors qu’il prenait en photo les environs du domicile de Gallant à Amikam, à la demande de l’agent iranien, peut-on lire dans l’acte d’accusation.
Selon la déclaration conjointe de la police et de l’agence de sécurité du Shin Bet, l’accusé serait originaire du village galiléen de Kaukab Abu al-Hija, à une heure de route environ au nord du domicile de Gallant.
Il aurait connu l’agent iranien en août, l’an dernier, via l’application de messagerie Telegram, au moment où il cherchait du travail, lit-on dans l’acte d’accusation.
Selon le communiqué, d’octobre à janvier dernier, al-Hija aurait fait ce que lui demandait cette personne, qui se faisait appeler « Martin », alors même qu’il le soupçonnait d’être un agent étranger.
Selon les procureurs, al-Hija aurait, dans ce cadre, acheté et dissimulé des téléphones portables et des chargeurs à plusieurs endroits dans Haïfa, qu’il aurait ensuite activés et sur lesquels il aurait installé des applications de communication. Il aurait enregistré les caches des téléphones, qu’il aurait transmises à son contact qui lui aurait par ailleurs demandé d’apporter une enveloppe contenant le mot de passe d’un compte de cryptomonnaie à Zichron Yaakov et de photographier un café de Tel Aviv.
Al-Hija était payé en cryptomonnaies pour ses missions de collecte de renseignements. Les photos et vidéos du café lui ont permis de gagner 1 000 dollars en cryptomonnaies, selon l’acte d’accusation.
En janvier de cette année, il lui a été demandé de prendre des photos de la maison de Gallant. Il a été interpelé sur place, juste après avoir envoyé les photos à son agent traitant.
Il a été inculpé par le tribunal de Haïfa pour contact avec un agent étranger. Les procureurs ont demandé à ce qu’il soit maintenu en détention jusqu’à la fin de la procédure judiciaire.
Gallant a été ministre de la Défense de 2022 à 2024, année où il a été limogé par le Premier ministre Benjamin Netanyahu en raison de leurs divergences politiques. Par le passé, il a été chef du Commandement Sud de l’Armée israélienne.
Dans leur déclaration, la police et le Shin Bet ont indiqué que l’Iran avait redoublé d’efforts pour recruter des espions israéliens à l’intérieur d’Israël.
Les forces de l’ordre « prennent très au sérieux toute forme d’implication dans de telles activités et continueront à traduire en justice ceux qui portent atteinte à la sécurité du pays ou à celle de ses ressortissants », ont-ils déclaré.
Ces deux dernières années, des dizaines d’Israéliens ont été inculpés d’espionnage au profit de l’Iran. Souvent, les agents iraniens ont recruté des Israéliens via les réseaux sociaux, en particulier via l’application de messagerie Telegram.
La semaine passée, deux ressortissants israéliens ont été arrêtés, soupçonnés d’espionnage rémunéré pour le compte de l’Iran, et plus tôt ce mois-ci, un étudiant ultra-orthodoxe de 22 ans originaire de Beit Shemesh a été reconnu coupable d’espionnage pour le compte de l’Iran et condamné à trois ans de prison plus une amende de 10 000 NIS.
Il n’est pas rare que les espions israéliens recrutés par des agents iraniens commencent par des tâches anodines, comme le fait de tagger des bâtiments avec des messages hostiles au gouvernement ou pro-iraniens et d’envoyer la photo de leur méfait à leurs commanditaires. Progressivement, ces délits mineurs laissent la place à des infractions bien plus graves, comme la collecte de renseignements ou le complot en vue d’un assassinat.
Face à l’activité débordante de ces agents iraniens, Israël a ouvert une nouvelle aile dans la prison Damon de Haïfa. Jusqu’à présent, un seul espion présumé — Stern — a été condamné pour espionnage, la plupart des affaires étant encore en cours d’instruction.
Un autre Israélien a été condamné, pour des chefs d’accusation de contact avec un agent étranger et d’entrée sur le territoire d’un pays ennemi sans autorisation pour des réunions avec des agents iraniens – certaines en Iran – au cours desquelles a été évoqué un complot visant à assassiner le Premier ministre Benjamin Netanyahu. Il a été condamné à 10 ans de prison







