Un leader de Proud Boys veut adhérer pleinement au suprémacisme blanc
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Un leader de Proud Boys veut adhérer pleinement au suprémacisme blanc

Kyle Chapman affirme avoir mené un "coup d'État" au sein du groupe, qu'il veut rebaptiser "Proud Goys" et se focaliser sur "les criminels sionistes" et le "génocide blanc"

L'activiste d'extrême droite Kyle Chapman. (Capture d'écran YouTube)
L'activiste d'extrême droite Kyle Chapman. (Capture d'écran YouTube)

JTA — L’un des dirigeants de Proud Boys, le groupe d’extrême-droite à qui le président américain Donald Trump a dit de « se mettre en retrait mais de se tenir prêts » durant un débat présidentiel, tente de changer l’image de l’organisation pour qu’elle soit explicitement suprématiste et antisémite.

Kyle Chapman, fondateur de « la branche de défense tactique » des Proud Boys, connus pour ses violences urbaines, a affirmé dans un message sur la messagerie cryptée Telegram qu’il avait organisé un « coup » contre l’actuel leader des Proud Boys, un Afro-cubain appelé Enrique Tarrio.

« Nous confronterons les criminels sionistes qui veulent détruire notre civilisation », a écrit Chapman après avoir utilisé un langage châtié. « Nous reconnaissons que l’Occident a été construit par la Race Blanche seule et nous ne devons rien aux autres races ».

Chapman a également écrit qu’il avait rebaptisé le groupe Proud Goys, en référence au terme juif désignant les « non-juifs », que les nazis avaient tenté de s’approprier et d’utiliser pour symboliser leur antisémitisme.

Cette volonté s’inscrit dans le cadre des préparations des Proud Boys à manifester avec d’autres groupes de droite à Washington D.C. au nom de Trump, au sujet des affirmations non justifiées de fraude électorale massive.

Un partisan du président Donald Trump porte les mots « Proud Boy » sur sa veste lors d’une manifestation devant le Pennsylvania Convention Center où les votes sont comptés, à Philadelphie, le 5 novembre 2020. (Crédit : AP Photo/Matt Slocum)

On ignore la façon dont l’appel de Chapman a été reçu par les autres membres du groupe. Certains canaux de Proud Boys sur Telegram n’ont pas mis en place les changements qu’il souhaite instaurer et l’un des administrateurs a déclaré : « Non, ne nous sommes pas les Proud Goys. Nous, Kyle n’a pas fait de coup d’État », et l’a ensuite injurié.

Les Proud Boys ont été fondés en 2016 par Gavin McInnes, un provocateur et misogyne d’extrême-droite, qui a également cofondé le média Vice. Le groupe se définit comme une organisation fraternelle « machiste occidentale », mais assure que sa préférence pour la « civilisation occidentale » n’est pas fondée sur le racisme ou des positions antisémites. Il a une branche en Israël.

« Je condamne l’antisémitisme. Je dénonce le racisme. Je dénonce le fascisme », a déclaré Enrique Tarrio, selon le média de droite le Washington Times. « Je dénonce le communisme et tout autre -isme qui cause du tort aux peuples en raison de leur race, religion, culture ou couleur de peau. »

Enrique Tarrio, le leader des Proud Boys, porte un chapeau qui dit « The War Boys » et fume une cigarette lors d’un rassemblement à Delta Park, à Portland, dans l’Oregon, le 26 septembre 2020. (Crédit : AP Photo/Allison Dinner)

Cependant, les Proud Boys ont des liens avec d’autres groupes suprématistes blancs. McInnes a publié en 2017 des vidéos d’un voyage en Israël durant lequel il a tenu des propos antisémites. Un ancien membre a été à l’initiative du rassemblement mortel de 2017 à Charlottesville.

Ses membres sont connus pour leurs polos noirs et dorés Fred Perry – que la marque a arrêté de vendre pour exprimer son opposition au groupe – et pour ses échauffourées avec des manifestants de gauche.

Lors du premier débat présidentiel en septembre, lorsque Trump a été invité à condamner l’organisation, il a appelé les Proud Boys à « se tenir en retrait mais à se tenir prêts ». Le président sortant a par la suite déclaré qu’il ne savait rien de cette organisation et qu’il lui avait dit de « se retirer ».

Mais les Proud Boys ont adopté l’expression « se tenir à l’écart et se tenir prêts » comme cri de ralliement, faisant craindre que les mots de Trump servent d’encouragement aux groupes d’extrême-droite pour fomenter l’instabilité lors de l’élection.

Cela ne s’est pas produit, mais les Proud Boys et d’autres groupes de droite se préparent à se mobiliser pour soutenir les revendications mensongères de fraude électorale formulées par Trump. Des manifestants sont attendus samedi pour la manifestation « Million MAGA March » prévue à Washington. Le rassemblement est organisé par Scott Presler, un militant pro-Trump, affilié au groupe anti-musulmans ACT for America.

Dans sa publication sur Telegram, Chapman a déclaré avoir porté plainte contre Tarrio, faisant référence à lui de manière injurieuse. Il a écrit que le groupe se concentrera désormais sur « les questions du Génocide blanc, l’échec du multiculturalisme et les droits des hommes et femmes blancs à disposer de leur propre pays où les intérêts des Blancs seront inscrits dans la loi et dans la politique du pays ».

Le « génocide blanc » est un mythe défendu par les suprémacistes blancs qui soutient que l’immigration non blanche et les mariages interraciaux sont une conspiration visant à détruire les Blancs.

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