Un membre du bureau politique du Hamas précise la réponse du groupe à Trump
L'abandon des armes et la participation du mouvement terroriste au jour d'après n'ont pas été évoquées dans la réponse envoyée au président américain
Jacob Magid est le correspondant du Times of Israël aux États-Unis, basé à New York.

S’exprimant sur Al Jazeera à la suite de la publication de la déclaration du Hamas, Moussa Abu Marzouk, membre de haut rang du bureau politique du groupe terroriste basé à Doha, a estimé samedi que la libération de 48 prisonniers en 72 heures était « irréaliste », soulignant toutefois que le Hamas acceptait les neuf premiers points du plan de Trump.
Le Hamas, dans sa déclaration, a également réaffirmé sa volonté de céder le contrôle de Gaza à un organe indépendant composé de technocrates palestiniens, ainsi que le prévoit la proposition américaine.
« Au sujet de ce que contient la proposition du président Trump sur d’autres questions liées à l’avenir de la bande de Gaza et aux droits inaliénables du peuple palestinien, cela (…) fera l’objet de discussions dans le cadre d’un accord national palestinien global, avec la participation du Hamas », a affirmé le groupe terroriste.
Parmi ces autres questions relatives à l’avenir de Gaza figure celle du désarmement du Hamas. Cet élément clé de la proposition américaine constitue néanmoins une ligne rouge pour le groupe terroriste, qui n’a dans sa déclaration donné aucun signe qu’il était prêt à l’accepter.
De surcroît, la volonté du Hamas de prendre part à un dialogue national consacré aux aspirations politiques futures du peuple palestinien semble aussi entrer en conflit avec les termes de l’accord, selon lesquels l’organisation terroriste islamiste ne peut jouer aucun rôle, direct ou indirect, dans la gouvernance de Gaza.
Marzouk a déclaré à Al Jazeera que le Hamas ne désarmera pas avant la fin de « l’occupation » israélienne, a dit Marzouk à Al Jazeera, ajoutant que le sujet de l’arsenal du Hamas devrait faire l’objet d’un nouveau cycle de négociations.
« Nous remettrons [nos] armes au futur État palestinien. Celui qui gouvernera Gaza aura [nos] armes entre les mains », a déclaré Marzouk.
Le Hamas a indiqué avoir mené des discussions avec d’autres factions pour élaborer la réponse présentée aux médiateurs.
Le groupe terroriste a fait savoir qu’il appréciait les initiatives internationales déployées sur cette question, notamment celles de Trump. Il a ainsi souligné les dispositions de la proposition américaine visant à mettre un terme à la guerre, à relâcher les prisonniers palestiniens, à augmenter l’aide à Gaza, à s’opposer à l’occupation de l’enclave côtière et à refuser le déplacement des Palestiniens hors de la bande.
On ignore si les termes de la réponse officielle soumise aux médiateurs et ceux de la déclaration publique étaient identiques, cette dernière ne faisant aucune mention des inquiétudes du Hamas concernant le retrait des forces israéliennes de Gaza tel que prévu dans la proposition.
Un diplomate arabe a confié au Times of Israel que le Hamas et les médiateurs allaient très probablement demander des modifications sur cette question, motivées par leur mécontentement face aux changements de dernière minute obtenus par Netanyahu, visant à ralentir et à limiter le retrait des soldats de Tsahal.
Le Hamas accepte, dans le principe, les principaux points du plan américain, tout en rappelant que « la mise en œuvre de la proposition nécessitait des négociations », a expliqué Marzouk à Al Jazeera.
On ignore toutefois dans quelle mesure les États-Unis seraient intéressés par la tenue de pourparlers supplémentaires.
Certaines sections du plan en 20 points sont en effet suffisamment vagues pour que des négociations supplémentaires soient requises. Le plan, par exemple, plan stipule que les forces israéliennes « se retireront jusqu’à la ligne convenue » dès que les parties auront accepté la proposition, mais ne précise ni où se trouve cette ligne, ni si elle doit encore faire l’objet de négociations.
Il s’agit peut-être de la carte fournie en illustration qui délimite le retrait progressif des troupes israéliennes, une image qui cependant ne semble pas avoir été créée à l’échelle exacte.
Selon Marzouk, le projet américain visant à créer une force internationale de stabilisation qui remplacerait l’armée israélienne à Gaza « nécessite des éclaircissements ».
Marzouk a également insisté pour que le Hamas négocie ouvertement et de manière responsable sur cette proposition américaine.







