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Un membre du Meretz, parti en péril, soutient l’unité avec les travaillistes

Yair Golan accuse le parti travailliste d'avoir refusé des fusions ; de son côté, le leader de la formation, Nitzan Horovitz, a violemment rejeté la députée rebelle Rinawie Zoabi

Le député Yair Golan s'exprime pendant une conférence de Democrat TV à Jaffa, le 7 juin 2022. (Crédit :   Avshalom Sassoniýþ/Flash90)
Le député Yair Golan s'exprime pendant une conférence de Democrat TV à Jaffa, le 7 juin 2022. (Crédit : Avshalom Sassoniýþ/Flash90)

Le député du Meretz Yair Golan a indiqué jeudi qu’il soutiendrait une union entre son parti et la formation travailliste de gauche, afin de garantir la présence « d’une gauche sioniste forte » en Israël, alors que le gouvernement vient d’amorcer le processus de dissolution de la Knesset, ce qui entraînera le retour des Israéliens aux urnes.

Dans un entretien accordé à la station de radio 103FM, Golan a évoqué la possibilité d’une fusion avec le parti Travailliste, plus modéré, qui est dirigé par Merav Michaeli, en amont du cinquième cycle électoral organisé dans le pays depuis 2019. Les sondages ont largement prédit que le Meretz frôlerait le seuil électoral de 3,25 % des votes, qui permet une représentation parlementaire à la Knesset – et certains ont même anticipé l’incapacité de la faction à atteindre ce seuil.

L’avenir du parti au Parlement est donc sérieusement en péril.

« Mon positionnement a toujours été qu’Israël devait pouvoir se prévaloir d’une gauche sioniste forte qui travaille de concert », a-t-il déclaré, blâmant la formation Travailliste pour son refus de l’établissement de tels partenariats dans le passé.

« Je suis impatient de voir enfin le jour où nous avancerons ensemble, unis. Je pense que tant que nous tendrons la main en témoignant de notre désir de travailler ensemble et tant que personne ne saisira cette main tendue, nous nous efforcerons de faire de notre mieux pour continuer à croître et pour rester un élément significatif sur l’échiquier de la politique israélienne », a-t-il ajouté.

Golan a noté « l’importance de créer une réelle alternative à la droite qui, de mon point de vue, a totalement échoué dans sa gouvernance de l’État d’Israël au cours des deux dernières décennies ».

Interrogé sur la députée rebelle issue du Meretz, Ghaida Rinawie Zoabi, dont les votes en défaveur de plusieurs projets de loi récents sont considérés comme ayant contribué à l’effondrement du gouvernement, Golan a répondu « qu’il y a eu un problème avec la désignation de Zoabi », précisant qu’il était toutefois optimiste concernant « le rétablissement » du Meretz qui, selon lui, « va raffermir ses forces ».

Pour sa part, le leader du parti, Nitzan Horowitz, a adopté un positionnement beaucoup plus agressif à l’encontre de Rinawie Zoabi dans la journée de jeudi, disant au micro de la radio militaire que sa formation « n’entretient plus aucun lien avec cette femme ».

« Son comportement a été méprisable et injuste. Elle a franchi toutes les lignes rouges et elle a fait quelque chose qui m’a blessé, qui a blessé le Meretz, qui a blessé la société israélienne et qui a blessé le secteur arabe », a-t-il accusé.

Rinawie Zoabi a riposté, mettant en cause le Meretz et son dirigeant.

« Horowitz a utilisé l’expression ‘cette femme’. J’ai un nom, il ne respecte même pas le positionnement qu’il dit être le sien », a-t-elle dit au cours d’un entretien avec la radio militaire. « Il semble que le Meretz a jeté son idéologie aux oubliettes. »

Zoabi a fait savoir, mardi, qu’elle se séparait du Meretz en amont des prochaines élections.

La députée du Meretz Ghaida Rinawie Zoabi à la Knesset de Jérusalem, le 6 juin 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le Meretz et le parti travailliste ont déjà fait liste commune dans le passé, et la possibilité d’une nouvelle union au cours du prochain scrutin a été évoquée par les leaders des deux formations.

S’exprimant lors d’une conférence à Tel Aviv, le mois dernier, Horowitz a fait savoir qu’il croyait dans l’idée de mettre en place « un parti social-démocrate uni », ajoutant que « le Meretz et le parti Travailliste devraient se présenter ensemble » à l’avenir.

Reprenant les propos de Horowitz, Michaeli a expliqué qu’à la faveur du prochain scrutin, « nous devons tout faire, en tant que camp, afin de reconstruire les formations démocratiques que sont les Travaillistes et notre parti frère du Meretz ».

La ministre des Transports Merav Michaeli s’exprime lors d’une conférence de presse dans le port d’Ashdod, dans le sud d’Israël, le 6 avril 2022. (Crédit: Flash90)

Mais les propos de Michaeli ont été critiqués par les autres membres de la formation Travailliste qui s’étaient déjà opposés à l’idée d’une union avec le Meretz, estimant qu’une telle union nuirait stratégiquement à leur formation.

« Le parti travailliste n’est pas une branche du Meretz. Il devrait revenir au centre-gauche dans le pays et ne pas se laisser attirer dans une niche qui reste étroite et marginale. Ce qui exige de notre part d’initier des partenariats avec le centre et d’établir un large bloc », avait commenté le secrétaire général de la faction travailliste Eran Hermoni.

Ram Shefa, député Travailliste, s’était, elle aussi, opposé à l’idée d’une liste commune avec le Meretz.

« Je respecte beaucoup [le leader du Meretz] Nitzan [Horowitz], mais le parti Travailliste va faire son retour en tant que formation du centre. Il est fortement ancré dans la gauche et il est aussi solidement ancré au centre, il ne va pas entrer dans la niche du Meretz », avait-il commenté.

Si les factions devaient toutefois décider de se présenter ensemble, cela ne serait pas la première fois. Avant les élections de 2020 qui avaient désigné les députés de la 23e Knesset, le Meretz, le parti travailliste qui était alors dirigé par Amir Peretz et la formation Gesher de la législatrice Orly Levy-Abekasis avaient formé une liste électorale de centre-gauche, remportant sept sièges. L’alliance avait néanmoins été de courte durée, Levy-Abekasis demandant à reprendre sa liberté et Peretz lui emboîtant alors le pas.

Les chefs des partis Gesher, Travaillistes et Meretz, Orly Levy, Amir Peretz et Nitzan Horowitz à leur quartier général pour la soirée électorale à Tel Aviv, le 2 mars 2020. (Photo par Avshalom Sassoni / Flash90)

Selon des informations rendues publiques jeudi par les médias israéliens, le 1er novembre serait la date la plus probable pour les prochaines élections législatives.

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