Un microscope israélien qui pourrait changer le visage de la technologie
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Un microscope israélien qui pourrait changer le visage de la technologie

Le professeur Ido Kaminer explique qu'il a donné au nouveau microscope un "plus" - en passant d'une machine pouvant prendre "une image" à une machine qui "fait un film"

Le nouveau microscope quantique au Technion-Institut israélien de la Technologie (Crédit : (Nitzan Zohar, bureau du porte-parole du  Technion)
Le nouveau microscope quantique au Technion-Institut israélien de la Technologie (Crédit : (Nitzan Zohar, bureau du porte-parole du Technion)

Les scientifiques israéliens disent avoir développé un microscope électronique quantique permettant d’obtenir l’image la plus claire jamais produite de la lumière en se déplaçant à l’intérieur des matériaux.

« On peut comparer cela au moment où nous avons fait la transition entre des appareils photos capables de capturer une image à des appareils capables de capturer des vidéos », commente l’inventeur de ce microscope, le professeur Ido Kaminer, lors d’un entretien avec le Times of Israel.

Les microscopes électroniques standards produisent des images immobiles ou au ralenti, tandis que celui de Kaminer, qui a été construit au Technion – Institut israélien de la Technologie, permet d’avoir ce qu’il appelle une « vision film » de ce qui arrive à l’intérieur des matériaux.

« C’est un microscope électronique qui nous fait passer d’images immobiles, ou d’images se déplaçant très lentement, à un déplacement extrêmement rapide. Et cela ouvre des portes parce que cela nous permet d’améliorer la manière dont nous créons des technologies et que cela nous autorise à pousser l’électronique à son niveau ultime de puissance et de rapidité », ajoute-t-il.

Kaminer déclare que « c’est la première fois que nous créons quelque chose de semblable en Israël et c’est l’un des meilleurs microscopes dans le monde ».

Il note qu’il n’est qu’un microscope parmi quelques-uns appartenant à la dernière génération, – connue sous le nom de microscopes électroniques ultra-rapides – avec d’autres réussites dans ce domaine enregistrées aux Etats-Unis, en Allemagne et en Suisse.

Tandis que cela fait des mois que ce microscope est utilisé – et entretenu par les scientifiques qui ont bénéficié d’une permission spéciale pour travailler pendant la crise du coronavirus – le Technion l’a conservé secret jusqu’à ce que l’équipe puisse apporter la preuve de sa précision et jusqu’à ce que ses affirmations soient corroborées par des pairs.

Son existence a été révélée au public maintenant qu’un article a été publié dans le journal Nature, un article consacré aux expériences menées en utilisant ce nouveau microscope.

Le professeur Ido Kaminer du Technion – Institut israélien de la Technologie (Crédit : (Nitzan Zohar, bureau du porte-parole du Technion)

Les expériences se sont focalisées sur la capacité du microscope à capturer des images mouvantes depuis l’intérieur de nanomatériaux – les matériaux formés de particules ou de constituants de taille minuscule.

Kaminer explique que la technologie des microscopes n’est pas parvenue à suivre les exigences du secteur high-tech, qui peut innover et résoudre les problèmes de manière plus efficace s’il est possible de voir, en détail, ce qu’il se passe à l’intérieur des puces, de composantes et dispositifs qu’il est amené à produire.

Son microscope peut montrer les mouvements de l’électricité et de la lumière, précise-t-il.

Photo prise par le nouveau microscope quantique : Le modèle de lumière capturé dans du cristal photonique (Autorisation du Technion)

« Maintenant, on peut voir où va le courant, où se déplace la lumière et comment évolue la température », note-t-il. « D’autres microscopes électroniques peuvent le faire dans certaines limites. Presque tous les microscopes électroniques vous montrent des images immobiles, ou des images très lentes, à 100 images par seconde tandis qu’ici, nous avons un million d’images par seconde ».

« Avec ça, je peux prendre des dispositifs électroniques, regarder à l’intérieur et voir des choses dans le temps et l’espace qui ne sont pas visibles par d’autres. Par exemple, on va être en capacité de voir, en faisant fonctionner un dispositif, où se dirige le courant et à quelle vitesse », dit-il.

Kaminer dit avoir d’ores et déjà parlé à Intel de la manière dont l’entreprise pourrait utiliser le microscope et il a la certitude que ce dernier permettra d’avancer dans les tentatives visant à utiliser davantage la lumière que l’électricité pour le transfert des données.

Le professeur Ido Kaminer du Technion – Institut israélien de la Technologie, à gauche, avec son équipe de recherche (Crédit : Nitzan Zohar, bureau du porte-parole du Technion)

« C’est un jeune groupe de recherche, avec certains étudiants qui n’ont pas encore passé leur doctorat et avec un étudiant diplômé venu de Chine, et tout le monde a travaillé si dur », s’exclame Kaminer. « A l’apogée du projet, on travaillait 20 heures par jour, le week-end compris ».

« Cela fait un moment qu’on le voit fonctionner mais nous n’avons voulu parler du microscope qu’après sa certification à 100 % par d’autres, une fois qu’il a été testé par d’autres scientifiques et accepté plus largement par le biais de la publication d’un article de journal », confie le chercheur.

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