Un militant hurle « Mort aux gauchistes ! » lors d’une sortie de Netanyahu
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Un militant hurle « Mort aux gauchistes ! » lors d’une sortie de Netanyahu

Le Premier ministre a par la suite condamné toute incitation à la violence et appelé les chefs de l'opposition à dénoncer les menaces dont il dit faire l'objet

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu rend visite à la base du Commandement du front de Tsahal à Ramle, le 4 août 2020. (Yossi Aloni/Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu rend visite à la base du Commandement du front de Tsahal à Ramle, le 4 août 2020. (Yossi Aloni/Flash90)

Mardi, le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’est rendu dans un fast food de la ville de Ramle – une opération de communication informelle visant à annoncer sa préoccupation pour les petits commerces face à la crise du coronavirus. Les choses ont pris une autre tournure après qu’un de ses partisans a appelé à la « mort » des opposants politiques du Premier ministre.

À la suite d’une visite sur une base du Commandement du Front de l’armée, Netanyahu s’est arrêté dans le restaurant pour demander aux propriétaires s’ils avaient reçu l’aide du gouvernement pour leur commerce et si les clients revenaient.

Alors qu’il sortait et s’en allait, des soutiens ont hurlé « Bibi, on t’aime », et d’autres paroles de soutien. Un homme a lui crié : « Bibi, mort à tous les gauchistes ! Les gauchistes sont des bâtards, Bibi, mort à la gauche ! »

Netanyahu, accusé par ses rivaux et critiques de semer les divisions et la haine entre les camps politiques, ne s’est pas arrêté pour réagir à ces propos ou les condamner.

Des sources proches de Netanyahu ont déclaré au site internet Ynet que le Premier ministre n’était pas assez proche pour entendre ces remarques.

Le chef de l’opposition Yair Lapid du parti Yesh Atid-Telem a tweeté : « Je crois que le Premier ministre n’a pas entendu, il est déconnecté », en référence à la critique récurrente de Lapid que le gouvernement n’écoute pas le public.

Netanyahu a ensuite tweeté une réponse écrite : « Je suis content que la gauche ait tout d’un coup des oreilles. »

« Pour moi, c’est constant : je condamne l’incitation à la haine et la violence de toutes parts. Devant ma maison lors des manifestations de la gauche et dans la rue. »

Il a également appelé Lapid et le chef de la Liste arabe unie Ayman Odeh à condamner les menaces présumées à son encontre lors des manifestations devant la résidence du Premier ministre à Jérusalem.

Plus tôt, Netanyahu avait posté sur sa page Facebook une vidéo de sa visite au restaurant et appelé le public à « sortir, manger et soutenir les petits commerces ».

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פורסם על ידי ‏Benjamin Netanyahu – בנימין נתניהו‏ ב- יום שלישי, 4 באוגוסט 2020

L’incident est survenu alors que Netanyahu a réagi mardi à des propos tenus par son fils la veille, qui avait qualifié les manifestants anti-gouvernement « d’extraterrestres » et déclarant que le Premier ministre était « amusé » par les manifestations.

Alors que Yair Netanyahu est revenu sur ses propos et a précisé qu’il voulait simplement dire que les manifestants en costume étaient des « extraterrestres », le Premier ministre a déclaré lors de la visite de la base militaire de Ramle qu’il y a des « phénomènes bizarres » aux manifestations, et il suppose que c’était ce que son fils voulait dire.

Il n’a pas donné de détails sur ces phénomènes, mais a répété ses affirmations passées selon lesquelles les manifestations sont des foyers d’incitation au meurtre à son encontre.

« Il y a aussi des phénomène étranges là-bas, au-delà de la dimension politique, et vraiment de l’incitation à la haine constante à mon encontre, contre ma femme, contre ma famille – avec même des appels directs au meurtre qui sont à peine rapportés, voire pas du tout », a déclaré Netanyahu. « Je pense que [les manifestations sont] quelque chose de politique et également un phénomène bizarre, et je pense que c’est ce que mon fils voulait dire. »

L’organisation du Drapeau noir, à l’origine des manifestations, a réagi en estimant que Netanyahu était en proie à une « attaque de panique ».

« Ce qui est ‘bizarre’, c’est un Premier ministre qui s’accorde un crédit d’impôts d’un million de shekels alors qu’il y a des millions de chômeurs », a déclaré le groupe dans un communiqué. « Ce qui est ‘bizarre’, c’est qu’un accusé dans un dossier pénal soit Premier ministre tout en se préoccupant, jour et nuit, de son propre procès. »

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et son fils Yair à Tel Aviv, le 23 janvier 2020. (Aleksey Nikolskyi/Sputnik Kremlin Pool Photo via AP)

Au cours d’un entretien accordé à Galey Israel, lundi, Yair Netanyahu avait déclaré qu’il montrait à son père des « vidéos choisies » des manifestations qui ont lieu plusieurs fois par semaine dans tout le pays et aux abords de la résidence du Premier ministre, à Jérusalem.

« Mon père est un homme fort. Ca le fait rire », avait dit Yair. « Il voit ce qu’il voit – tous ces extraterrestres lors des rassemblements. Ca le fait rire, comme un truc amusant. »

Il avait ultérieurement ajouté sur Twitter : « Quand j’ai parlé d’extraterrestres lors des manifestations gauchistes de Jérusalem, j’ai voulu parler de ceux qui sont habillés comme des extraterrestres, de ceux qui se déshabillent, de ceux qui brandissent des trucs vulgaires, qui se mettent un plat à spaghettis sur la tête ou qui s’habillent en Spiderman. Il y en a beaucoup comme ça et c’est drôle. »

Des manifestants scandent des slogans et brandissent des pancartes lors d’un rassemblement contre le Premier ministre Benjamin Netanyahu devant sa résidence à Jérusalem, le samedi 1er août 2020. (AP Photo/Oded Balilty)

Des milliers d’Israéliens sont descendus dans les rues depuis le début de l’été pour appeler le Premier ministre à démissionner en raison de son procès pour des faits de corruption et pour sa gestion de la pandémie de coronavirus.

Benjamin Netanyahu a raillé les manifestations à plusieurs occasions en déclarant qu’elles attiraient un nombre de participants équivalent à « un quart de siège à la Knesset », accusant les médias d’exagérer leur importance.

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