Un nez électronique pour détecter le cancer du sein précoce – Faculté Ben-Gurion
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Un nez électronique pour détecter le cancer du sein précoce – Faculté Ben-Gurion

Une équipe de l'université Ben-Gurion et du centre médical Soroka indique que ces méthodes peu coûteuses peuvent être utilisées pour d'autres cancers

Une femme atteinte d'un cancer du sein lors d'un scanner (Chen Leopold / FLASH90)
Une femme atteinte d'un cancer du sein lors d'un scanner (Chen Leopold / FLASH90)

Des chercheurs de l’Université israélienne Ben Gourion du Néguev et du Centre Médical de l’Université Soroka à Tel Aviv disent avoir mis au point un nouveau moyen de dépister le cancer du sein précoce, en utilisant un nez électronique pour analyser respiration et analyse d’urine.

Dans leur étude, publiée dans Computers in Biology and Medicine, les chercheurs ont déclaré que les méthodes qu’ils utilisaient leur permettaient d’isoler les données pertinentes et ainsi identifier plus précisément les biomarqueurs du cancer du sein.

L’étude a montré que les chercheurs ont réussi à détecter le cancer du sein avec une précision, en moyenne, de plus de 95 % en utilisant deux nez électroniques commerciaux bon marché (e-nose) qui identifiaient des modèles respiratoires uniques chez les femmes atteintes du cancer du sein.

En outre, ils ont utilisé la spectrométrie de masse par chromatographie de gaz (GC-MS) pour analyser les substances présentes dans l’urine. Les analyses statistiques des échantillons d’urine soumis par les patients en bonne santé et ceux qui ont reçu un diagnostic de cancer du sein ont été évaluées avec une précision moyenne de 85 %, ont dit les chercheurs.

« La survie au cancer du sein est fortement liée à la sensibilité de la détection des tumeurs », a déclaré le professeur Yehuda Zeiri, membre du Département de génie biomédical de l’Université Ben Gourion. Des méthodes précises pour détecter des tumeurs plus petites et plus précoces restent une priorité, a-t-il dit.

Certaines femmes juives ashkénazes qui portent une mutation génétique particulière BRCA-1 ont 65% de chances de développer un cancer du sein. (Média pour Medical / UIG via Getty Images)

« Notre nouvelle approche utilisant des échantillons d’urine et d’haleine, analysés avec des procédés peu coûteux et disponibles dans le commerce, est non-invasive, accessible et peut être facilement mise en œuvre dans plusieurs contextes », a-t-il déclaré.

Le cancer du sein est le cancer le plus fréquemment diagnostiqué chez les femmes.

En 2016, le cancer du sein représentait 29 % des nouveaux cancers identifiés aux États-Unis et était responsable de 14 % de tous les décès liés au cancer, selon l’étude.

Pour les femmes américaines, les taux de mortalité par cancer du sein sont plus élevés que ceux des autres cancers, hors cancer du poumon et cancer de la peau, selon Breastcancer.org.

Le cancer du sein est le cancer le plus courant chez les femmes à l’échelle mondiale, avec près de 1,7 million de nouveaux cas diagnostiqués en 2012, selon le World Cancer Research Fund International, et la cinquième cause de décès par cancer chez les femmes.

Les criblages de mammographie largement utilisés, qui ont permis de réduire significativement la mortalité par cancer du sein, ne sont pas toujours capables de détecter de petites tumeurs dans le tissu mammaire dense, selon les chercheurs.

En fait, la sensibilité à la mammographie, qui est généralement précise de 75 % à 85 %, diminue entre 30 % et 50 % lorsque le tissu mammaire est dense.

Les méthodes de détection d’imagerie actuellement utilisées pour les tumeurs plus petites présentent des inconvénients importants, selon les chercheurs. La mammographie numérique à double énergie, bien qu’efficace, augmente l’exposition aux rayonnements et l’imagerie par résonance magnétique (IRM) est coûteuse. Les biopsies et les processus d’identification des biomarqueurs sont invasifs, nécessitent beaucoup d’équipement et une expertise considérable, ont-ils déclaré.

« Nous avons prouvé que les nez électroniques bon marché et commercial sont suffisants pour classer les patients cancéreux à un stade précoce », a déclaré M. Zeiri dans un communiqué.

« Avec une étude plus approfondie, il peut également être possible d’analyser les échantillons d’air expiré et d’urine pour identifier d’autres types de cancer. »

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