Un opéra en hébreu sur « l’impasse » en Israël pour Aix 2019
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Un opéra en hébreu sur « l’impasse » en Israël pour Aix 2019

Le compositeur Adam Maor, né en 1983, avait été emprisonné en 2002 pour deux ans pour avoir refusé d'effectuer le service militaire dans son pays pour "des raisons de conscience"

Adam Maor (Crédit : capture d'écran YouTube)
Adam Maor (Crédit : capture d'écran YouTube)

Un opéra créé en hébreu et traitant de « l’impasse » que traverse Israël devrait faire beaucoup de bruit lors de l’édition 2019 du Festival d’Aix-en-Provence, de même que des mises en scène de célébrités comme Romeo Castellucci, Christophe Honoré et Ivo van Hove.

Le Franco-Libanais Pierre Audi, nouveau directeur du festival vieux de 70 ans, a annoncé vendredi pour la prochaine édition six opéras jamais donnés dans cette manifestation considérée comme la plus créative d’Europe.

En création mondiale, « The Sleeping Thousand », un opéra en hébreu composé par un jeune compositeur israélien, Adam Maor et mis en scène par le Franco-Israélien Yonathan Lévy.

« C’est un projet très courageux et très surprenant », a expliqué Pierre Audi, 61 ans, qui conclut en septembre 30 ans à la tête du Dutch National Opera d’Amsterdam.

« C’est un opéra unique qui parle inévitablement de l’impasse dans laquelle Israël se trouve aujourd’hui mais qui propose une vision poétique et universelle de ce problème », poursuit-il, soulignant la rareté des opéras en hébreu.

Solidaire de la cause palestinienne, le compositeur Adam Maor, né en 1983, avait été emprisonné en 2002 pour deux ans pour avoir refusé d’effectuer le service militaire dans son pays pour « des raisons de conscience ».

M. Audi, qui avait fui la guerre civile du Liban à l’âge de 10 ans, a révélé avoir commandé également à un compositeur palestinien, Samir Odeh-Tamimi, un opéra dans deux ans. Il a affirmé que pendant longtemps, ses origines n’avaient eu aucun impact sur sa carrière.

« Maintenant je suis plus ouvert à un retour vers cette phase de ma vie. Je me rends compte que je suis exaspéré par la tristesse infinie de voir le Moyen-orient se liquéfier comme il l’est aujourd’hui », ajoute M. Audi.

« En tant que quelqu’un qui réfléchit sur le rôle de la culture, de la diversité et du vivre ensemble dans notre société, c’est une obligation pour moi d’utiliser mes origines pour créer des ponts et créer le dialogue », assure-t-il.

Puccini s’invite à Aix

La deuxième oeuvre de 2019 n’est pas un opéra mais le Requiem de Mozart, mort en composant ce chef-d’oeuvre. Il sera mis en scène par Romeo Castellucci, connu pour ses productions jugées choquantes.

Giacomo Puccini s’invitera pour la première fois à Aix: le cinéaste et metteur en scène Christophe Honoré montera « Tosca ». « Ça sera excitant, ça va faire couler de l’encre, sans nécessairement provoquer mais en créant une discussion intéressante », selon M. Audi.

« Grandeur et décadence de la ville de Mahagonny », né de la collaboration entre Bertolt Brecht et le compositeur Kurt Weill, sera mis en scène par Ivo van Hove, omniprésent ces dernières années en France, à l’opéra comme au théâtre. La musique sera dirigée par le chef finlandais Esa-Pekka Salonen.

Pierre Audi (Crédit : Wikimedia commons/CC BY-SA 3.0 nl)

L’Allemande Andrea Breth assurera également la mise en scène d’un autre opéra du XXe siècle, « Jakob Lenz », de son compatriote Wolfgang Rihm.

Enfin, un compositeur néerlandais de musique contemporaine, Michel van der Aa, présentera en première française « Blank Out », un opéra sans orchestre, avec un film 3D.

Fondateur en 1979 de l’Almeida Theatre à Londres, M. Audi a dirigé depuis 1988 le Dutch National Opera d’Amsterdam, une longévité exceptionnelle. Cette maison a été couronnée en 2016 du prix « Company of the Year » par les International Opera Awards.

Le Franco-Libanais a également mis en scène plusieurs opéras pour le Bayerische Staatsoper de Munich, le Festival de Salzbourg ou encore l’Opéra national de Paris.

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