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Un policier condamné pour violence excessive lors d’une manifestation anti-Netanyahu

Le commissaire Niso Guetta a été reconnu coupable d'avoir fait usage excessif de la force sans motif raisonnable contre un manifestant et un photographe à Jérusalem en 2020

Le chef surintendant Nisso Guetta arrive au tribunal de Rishon Lezion pour entendre sa sentence après avoir été reconnu coupable d'avoir agressé un manifestant et un journaliste, le 9 août 2022. (Crédit : Flash90)
Le chef surintendant Nisso Guetta arrive au tribunal de Rishon Lezion pour entendre sa sentence après avoir été reconnu coupable d'avoir agressé un manifestant et un journaliste, le 9 août 2022. (Crédit : Flash90)

Un officier de police supérieur qui a été reconnu coupable d’avoir agressé physiquement deux personnes lors d’une manifestation contre l’ancien Premier ministre Benjamin Netanyahu en 2020 a été condamné mardi à cinq mois de liberté surveillée par le tribunal de première instance de Rishon Lezion.

Le chef surintendant Niso Guetta, de la police de Jérusalem, a été reconnu coupable en juin d’avoir attaqué les manifestants Avichai Michael Green, 31 ans, et Yalon Gurewitz, 62 ans, un photographe qui couvrait la manifestation qui a eu lieu en août 2020 devant la résidence du Premier ministre, rue Balfour, dans la capitale.

Selon le tribunal, Guetta a utilisé de « force excessive sans motif raisonnable » contre Green et Gurewitz.

« Le droit de manifester est un droit fondamental et les manifestants sont des citoyens respectueux de la loi », a jugé le tribunal, ajoutant que le comportement de Guetta « était impétueux et excessif. »

L’officier de police principal a d’abord nié avoir fait usage excessif de la force, affirmant qu’il avait agi conformément au protocole après avoir été agressé verbalement et physiquement par des manifestants.

Mais l’acte d’accusation brosse un tableau différent.

Des policiers israéliens affrontent des manifestants pendant une manifestation antigouvernementale devant la résidence du Premier ministre à Jérusalem, le 22 août 2020 (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Alors que les policiers intervenaient auprès des manifestants, selon l’acte d’accusation, Guetta a attaqué Green, lequel s’était plaint auprès de lui de la conduite de la police pendant la manifestation.

« Green s’est approché de Guetta et s’est plaint à lui du comportement de la police envers les manifestants sur les lieux. En réponse, le prévenu a violemment frappé le manifestant au visage avec ses deux mains, à deux reprises », peut-on lire dans l’acte d’accusation.

Quelques minutes plus tard, toujours selon l’acte d’accusation, Guetta a également frappé Gurewitz « avec violence », au moment où le photographe suivait le commissaire de police pendant qu’il arrêtait un autre manifestant.

Dans une vidéo largement diffusée de l’événement, on peut voir Guetta bousculer et gifler Green, puis pousser les gens sur le côté, avant de poursuivre et de frapper Gurewitz au visage. Guetta et les autres agents l’ont ensuite traîné sur la chaussée avant de l’emmener.

Des images capturées par un photographe de l’agence de presse montrent Guetta à genoux sur un troisième manifestant allongé, lui poussant la tête contre le sol avec son coude.

En réponse à la condamnation de Guetta mardi, le département des enquêtes internes de la police a déclaré dans un communiqué : « Le tribunal a accepté notre position et a condamné le défendeur à une peine de probation, jugeant qu’un officier de police de haut rang, qui a commis un délit dans l’exercice de ses fonctions, sera tenu responsable. »

« Nous espérons que cette décision de justice servira d’avertissement à tous les policiers pour ce qui est de leur devoir de rester professionnels et d’éviter de recourir à la force et à la violence, et en particulier aux officiers supérieurs qui sont censés donner l’exemple à leurs subordonnés. »

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