Un policier arrêté pour obstruction à l’enquête dans la mort de Sandak
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Un policier arrêté pour obstruction à l’enquête dans la mort de Sandak

Un officier aurait donné une interview sur les événements de la mort d'Ahuvia Sandak ; le policier déclare que son arrestation est le résultat de la pression publique

Des manifestants montrent des affiches à l’effigie d’Ahuvia Sandak, mort dans un accident de voiture lors d'une poursuite policière la semaine dernière, sur la place Rabin à Tel Aviv, le 29 décembre 2020. (Crédit : Miriam Alster / Flash90)
Des manifestants montrent des affiches à l’effigie d’Ahuvia Sandak, mort dans un accident de voiture lors d'une poursuite policière la semaine dernière, sur la place Rabin à Tel Aviv, le 29 décembre 2020. (Crédit : Miriam Alster / Flash90)

Un officier de police impliqué dans la mort d’Ahuvia Sandak, un adolescent de 16 ans tué dans un accident de voiture le mois dernier alors qu’il fuyait la police après avoir prétendument lancé des pierres sur des Palestiniens, a été arrêté samedi. Il est soupçonné d’entrave à l’enquête.

Ahuvia Sandak a été tué dans un accident le 21 décembre alors que la police poursuivait sa voiture, après que lui et quatre autres personnes auraient lancé des pierres sur des véhicules palestiniens et tenté de fuir la police. Les policiers ont déclaré que le conducteur avait perdu le contrôle du véhicule qui s’est renversé, tandis que les « Jeunes des Collines » ont affirmé que l’accident avait été causé par la voiture de police qui a percuté le véhicule.

Selon le quotidien Haaretz, l’officier a été arrêté parce qu’il était soupçonné d’avoir accordé une interview anonyme au journal Maariv, donnant le point de vue de la police sur les événements. L’officier a nié l’accusation.

Une déclaration au nom de l’officier arrêté et diffusée par la Treizième chaîne de télévision affirme que la détention est une « fausse arrestation ».

Ahuvia Sandak, qui a été tué quand sa voiture s’est renversée alors qu’elle était poursuivie par la police en Cisjordanie, le 21 décembre 2020. (Autorisation)

« Le PIID [Département des enquêtes internes de la police du ministère de la Justice] opère sous la pression du public et des médias et non en raison des faits », peut-on lire dans la déclaration, ce qui suggère que la détention est liée à la récente manifestation devant le domicile du chef du PIID.

Selon Haaretz, un deuxième officier a été interrogé par le PIID samedi, soupçonné d’avoir coordonné leur version des événements qui ont conduit à la mort de Ahuvia Sandak avec celle de collègues officiers.

Les membres de la famille du jeune Sandak ont déjà critiqué la police, non seulement pour la mort de l’adolescent mais aussi pour l’enquête qui a suivi.

La Douzième chaîne a rapporté la semaine dernière que les quatre autres « Jeunes des Collines » qui étaient dans la voiture avec Ahuvia Sandak devraient être inculpés pour avoir jeté des pierres sur des voitures palestiniennes, et au moins l’un d’entre eux pourrait également être inculpé pour homicide par négligence dans la mort de Sandak.

Affrontement entre la police et des manifestants lors d’une manifestation à la suite de la mort d’Ahuvia Sandak dans un accident de voiture lors d’une poursuite policière, devant le domicile du ministre de la Sécurité publique Amir Ohana à Tel Aviv, le 7 janvier 2021. (Tomer Neuberg/Flash90)

La mort de Sandak a déclenché des protestations quasiment tous les soirs à Jérusalem et en Cisjordanie. Les manifestants ont jeté des pierres, attaqué des bus, vandalisé des voitures et bloqué les principaux axes routiers. Certains ont également attaqué des civils arabes. En retour, la police a réagi avec force et des violences policières ont été signalées à l’encontre des manifestants.

Des centaines de manifestants de droite ont manifesté en Israël et en Cisjordanie samedi soir à propos de sa mort. De nombreux cas de violence ont été signalés, l’organisation de défense des droits Yesh Din ayant déclaré que des habitants des implantations avaient bloqué plusieurs routes en Cisjordanie et jeté des pierres sur des voitures palestiniennes. Aucun blessé n’a été signalé à ce jour.

A Jérusalem, des manifestants au Pont de Cordes ont brisé les vitres d’un bus qui passait, selon le site d’information Walla.

Dix manifestants ont été arrêtés à différents endroits, selon les médias israéliens, dont cinq dans l’implantation de Hashmonaim en Cisjordanie.

Des centaines d’arrestations ont eu lieu lors de manifestations jusqu’à présent, selon les déclarations publiées par la police la semaine dernière. Aucun chiffre précis n’a été donné pour les personnes ayant subi des violences lors de ces manifestations.

Cet accident de voiture mortel est survenu quelques heures après qu’une femme franco-israélienne, Esther Horgen, a été retrouvée morte dans une forêt du nord de la Cisjordanie où elle était allée courir un jour plus tôt lors d’un attentat terroriste qui a suscité des semaines de tension.

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