Un proche de Milhem, le tueur de Tel Aviv, détenu pour complicité
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Des membres de la famille se plaignent de l'état de leur maison après de nouvelles recherches

Un proche de Milhem, le tueur de Tel Aviv, détenu pour complicité

Le suspect en détention pour une semaine supplémentaire ; les funérailles de Milhem reportées à lundi par peur qu’elles ne se transforment en évènement anti-Israël

Un suspect clé dans l'affaire Nashat Milhem, le 10 janvier 2015. (Crédit : capture d'écran Dixième chaîne)
Un suspect clé dans l'affaire Nashat Milhem, le 10 janvier 2015. (Crédit : capture d'écran Dixième chaîne)

Un proche de Nashat Milhem, le tireur de Tel Aviv, a été maintenu en détention pour sept jours dimanche parce qu’il est suspecté d’avoir joué « un rôle central » comme complice des assassinats du 1er janvier, selon un reportage télévisé.

Le suspect a été arrêté le 5 janvier, et la police détient des « preuves solides » le liant aux meurtres, selon la Dixième chaîne.

Deux jours après que Milhem, Arabe israélien, a été retrouvé dans son village natal d’Arara et abattu quand il a ouvert le feu sur les forces de l’ordre venues l’arrêter, elles ont continué à arrêter des suspects qui auraient pu l’aider avant et après avoir tué trois Israéliens à Tel Aviv le 1er janvier, et continuaient à chercher plusieurs domiciles appartenant à la famille étendue de Milhem à Arara.

Le père du tueur, Mohammed, et son frère Ali ont été libérés dimanche, avec des restrictions sur leurs déplacements, et la famille a prévu d’enterreur le tireur pendant une cérémonie discrète.

Cependant, le ministre de la Sécurité intérieure, Gilad Erdan, a ordonné à la police israélienne de reporter le retour du corps, par crainte que la cérémonie ne soit détournée par des groupes extrémistes, et les funérailles n’auront probablement pas lieu avant lundi.

Nashat Milhem, l'homme arabe israélien qui aurait perpétré la fusillade à Tel Aviv le 1er janvier 2016 (Crédit : Police israélienne)
Nashat Milhem, l’homme arabe israélien qui aurait perpétré la fusillade à Tel Aviv le 1er janvier 2016 (Crédit : Police israélienne)

« Si j’avais été un complice, vous ne me verriez pas ici maintenant », a déclaré Mohammed Milhem après sa libération.

Il a également déclaré qu’il n’était pas en colère contre les services de sécurité du Shin Bet pour l’avoir arrêté, et qu’il avait pleinement coopéré avec les forces de l’ordre israéliennes.

La Dixième chaîne a annoncé que le père avait déclaré à l’un de ses journalistes qu’il aurait souhaité que Nashat soit capturé vivant, comme les forces de l’ordre l’avaient également prévu. « Pourquoi devaient-ils le tuer ? », aurait-il demandé.

Le corps de Nashat Milhem, dans une photographie publiée par les forces de sécurité israéliennes, le 8 janvier 2015. (Crédit : Deuxième chaîne)
Le corps de Nashat Milhem, dans une photographie publiée par les forces de sécurité israéliennes, le 8 janvier 2015. (Crédit : Deuxième chaîne)

Certains membres de la famille éloignée de Milhem ont protesté contre le personnel de sécurité qui aurait détruit leur propriété, et même volé des objets précieux, pendant les recherches dimanches à Arara.

Adel Milhem, un proche dont la maison a été fouillée, a montré une voiture familiale argentée qui a été écrasée, et déclaré que les forces de l’ordre avaient volé de l’or, de l’argent et des bijoux pendant qu’elles fouillaient sa maison. « Je n’ai rien à voir avec (ce crime), a déclaré Adel. Ma voiture et ma maison sont détruites. Ils devraient simplement me tuer. »

Un autre membre de la famille éloignée, Umeila, a déclaré que les enquêteurs avaient arraché l’évier du mur, détruit une télévision, et saccagé sa maison.

Un suspect de l'affaire Milhem est arrêté à Bartaa, Wadi Ara, le 10 janvier 2015. (Crédit : capture d'écran Dixième chaîne)
Un suspect de l’affaire Milhem est arrêté à Bartaa, Wadi Ara, le 10 janvier 2015. (Crédit : capture d’écran Dixième chaîne)

Des suspects ont été arrêtés à Arara ainsi que dans le village voisin de Bartaa, où une arrestation a été filmée.

Nashat Milhem a été tué vendredi pendant un échange de tirs avec la police et le Shin Bet, une semaine après avoir tué trois Israéliens – Alon Bakal, Shimon Ruimi et Ayman Shaaban – à Tel Aviv le 1er janvier, et fui ensuite une chasse à l’homme massive de la police pour se cacher dans sa ville natale à Arara, dans le nord d’Israël. Selon des officiels, il n’était affilié à aucun groupe terroriste organisé, mais il aurait été motivé par une idéologie jihadiste.

Mohammed Milhem, le père de Nashat Milhem, à la cour de Haïfa après sa libération, le 10 janvier 2016. (Crédit : Basel Awidat/Flash90)
Mohammed Milhem, le père de Nashat Milhem, à la cour de Haïfa après sa libération, le 10 janvier 2016. (Crédit : Basel Awidat/Flash90)

L’avocat commis d’office, Nechami Feinblatt, qui représente la famille Milhem, a déclaré à la radio militaire plus tôt ce jour-là qu’il avait assuré la libération de ses clients après avoir passé un accord avec les services.

« Je pense que le Shin Bet comprend que la famille voulait aider à le capturer et ne l’ont pas aidé [à s’échapper] », a-t-il déclaré.

Dans les jours suivant la fusillade, le père de Milhem, Mohammed, et ses frères Juadat et Ali, ainsi que cinq autres membres de la famille ou amis, ont été arrêtés pour des accusations d’homicides prémédités, de complicité de meurtres, d’associations illégales [de malfaiteurs] et de conspiration en vue de commettre un crime.

Le père et la famille d'Alon Bakal, qui a été assassiné dans une attaque à Tel-Aviv, portent le deuil à côté de sa tombe pendant son enterrement à Carmiel le 3 janvier 2016. (Crédit : AFP PHOTO / JACK GUEZ)
Le père et la famille d’Alon Bakal, qui a été assassiné dans une attaque à Tel-Aviv, portent le deuil à côté de sa tombe pendant son enterrement à Carmiel le 3 janvier 2016. (Crédit : AFP PHOTO / JACK GUEZ)

Quelques heures après la fusillade vendredi dernier, Mohammed avait été voir la police locale et leur avait annoncé qu’il avait reconnu son fils sur les vidéos de la fusillade diffusées par la télévision.

Lundi, il avait lancé un appel télévisé à son fils pour qu’il se rende, alors que les habitants de Tel Aviv faisaient profil bas pendant les recherches du tireur. « Contacte-moi, avait dit Mohammed, s’adressant directement à son fils. Je t’aiderai. Finissons cette saga. Ce sont des jours difficiles pour la famille. »

Mercredi, Juadat Milhem, le frère du terroriste, avait répété cet appel après avoir été libéré de sa garde à vue.

La semaine dernière, Feinblatt avait déclaré aux médias israéliens que bien que Mohammed avait été en contact avec son fils après les meurtres, il ne l’avait « certainement pas » aidé à s’échapper. Il a déclaré que les officiels de la sécurité étaient informés des coups de téléphone entre les deux hommes.

Lundi, la police a trouvé des preuves ADN indiquant que Milhem était dans sa ville natale d’Arara, et sa trace a finalement été retrouvée dans une maison abandonnée de la ville.

Un homme montre les impacts de balles là où les forces de l'ordre israéliennes ont abattu Nashat Milhem, qui avait tué trois personnes dans des fusillades le 1er janvier à Tel Aviv, à Arara, dans le nord d'Israël, le 8 janvier 2016. (Crédit : AFP PHOTO/JACK GUEZ)
Un homme montre les impacts de balles là où les forces de l’ordre israéliennes ont abattu Nashat Milhem, qui avait tué trois personnes dans des fusillades le 1er janvier à Tel Aviv, à Arara, dans le nord d’Israël, le 8 janvier 2016. (Crédit : AFP PHOTO/JACK GUEZ)

L’immeuble a été encerclé vendredi après-midi, et, selon la police, Milhem a repéré les forces de l’ordre convergeant vers lui. Il a tiré sur elles depuis la fenêtre de l’appartement, fui l’immeuble, et couru environ 200 mètres, avant d’être abattu par les forces de l’ordre. Elles avaient reçu l’ordre de l’arrêter vivant si possible.

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