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Un projet de loi vise à mettre fin à la reconnaissance des conversions privées

L'adoption de ce projet de loi contournera une décision de la Cour suprême qui permettait aux juifs convertis de s'enregistrer comme tels au ministère de l'Intérieur

Le rabbi d'Efrat Shlomo Riskin, deuxième à gauche, pendant un examen de conversion au tribunal rabbinique Giyur Kahalacha, en novembre 2015. (Crédit : autorisation)
Le rabbi d'Efrat Shlomo Riskin, deuxième à gauche, pendant un examen de conversion au tribunal rabbinique Giyur Kahalacha, en novembre 2015. (Crédit : autorisation)

Un projet de loi a été soumis à la Knesset. Il vise a ne faire reconnaître par l’État que les conversions réalisées par le grand rabbinat, géré par les ultra-orthodoxes.

Cette mesure a été soumise par le ministère de l’Intérieur, dirigé par Aryeh Deri, chef du parti ultra-orthodoxe. Elle vise à entraver une décision de la Cour suprême l’an dernier, qui avait contraint l’État à reconnaître les conversions réalisées par des tribunaux orthodoxes privées, non gérés par le Grand Rabbinat.

Cette décision signifiait que les personnes qui avaient été converties par des tribunaux orthodoxes non-gérés par le rabbinat pouvaient être enregistrés en tant que juifs au ministère de l’Intérieur, et étaient donc éligibles à la citoyenneté israélienne en vertu de la loi du Retour.

Ce projet de loi vise à autoriser uniquement les personnes converties par le rabbinat à s’inscrire officiellement comme juifs.

Ces dernières années, plusieurs tribunaux non reconnus, dirigés par d’éminents rabbins orthodoxes, notamment le rabbin Shlomo d’Efrat, le rabbin Nahum Rabinowitz de Maalé Adoumim, et le rabbin David Stav de Shoah, qui avait brigué le poste de grand-rabbin d’Israël, ont converti des dizaines de personnes, principalement des immigrants d’ex-URSS, qui n’étaient pas en mesure de prouver leur identité juive au rabbinat, et dont la candidature a été rejetée par les tribunaux d’États chargés des conversions.

Le rabbin Seth Farber, fondateur et directeur d'Itim. (Crédit : autorisation ITIM)
Le rabbin Seth Farber, fondateur et directeur d’Itim. (Crédit : autorisation ITIM)

La Cour suprême avait suivi une requête déposée par le rabbin Shaul (Seth) Farber, fondateur de l’organisation Itim, qui défend ceux qui sont marginalisés par la bureaucratie rabbinique.

Farber a été très critique quant à ce projet de loi.

« Ce projet, qui est soutenu par les membres ultra-orthodoxes du gouvernement, est en réalité contraire à la loi juive », a-t-il déclaré. « Depuis des siècles, toutes sortes de tribunaux fonctionnaient dans les communautés juives, avec différentes approches de la loi juive, certaines plus strictes, d’autres plus laxistes. »

Farber a ajouté que le projet de loi était discriminatoire.

« Ce projet vise à creuser davantage le clivage entre les juifs de première catégorie, et ceux de deuxième catégorie, c’est-à-dire, ceux qui sont reconnus comme telles par l’État et ceux qui ne le sont pas. D’un point de vue religieux, comme d’un point de vue humain, c’est absurde. »

L’impact de la décision de la Cour suprême n’a pas été très conséquent. En effet, Israël reconnaît déjà les conversions orthodoxes et non-orthodoxes effectuées en dehors du pays. De plus, ceux qui se convertissent dans des tribunaux privés ne sont pas en mesure de se marier ou de divorcer en Israël parce que ces procédures sont prises en charge par le Grand Rabbinat, qui s’est engagé à ne pas reconnaître les conversions privées.

La loi du Retour autorise les juifs et leurs proches directs à immigrer en Israël. Cependant, le Grand Rabbinat ne reconnaît comme juif que ceux qui se sont convertis dans des tribunaux orthodoxes, ou ceux qui peuvent prouver leur judéité grâce à une ascendance matrilinéaire, conformément à la loi juive.

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