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Un projet Netflix de filmer Amman comme Tel Aviv soulève la colère en Jordanie

Des images publiées sur les réseaux sociaux montrent des plaques d’immatriculation, des panneaux en hébreu dans une rue d’Amman utilisée par la production

Capture d'écran d'une séquence qui aurait été filmée à Amman, montrant des voitures avec des plaques d'immatriculation israéliennes utilisées dans un projet de production de Netflix basé à Tel Aviv (Capture d'écran : YouTube)
Capture d'écran d'une séquence qui aurait été filmée à Amman, montrant des voitures avec des plaques d'immatriculation israéliennes utilisées dans un projet de production de Netflix basé à Tel Aviv (Capture d'écran : YouTube)

Le tournage en Jordanie d’un nouveau projet de Netfilx situé à Tel Aviv a provoqué la colère parmi les Jordaniens qui s’opposent aux relations de leur pays avec Israël.

Des images et des vidéos publiées sur les réseaux sociaux montrent une rue de la capitale Amman dans laquelle un panneau a été remplacé par celle d’une rue de Tel Aviv et des plaques d’immatriculation sur des voitures ont été échangées par des plaques israéliennes.

La production locale du projet est gérée par l’entreprise jordanienne Desert Motion Pictures. Le tournage doit avoir lieu dans plus de 50 sites à Amman, selon des rapports dans des médias en langue arabe.

On ne sait pas précisément s’il s’agit d’un tournage pour une série ou un film Netflix.

Même si les deux pays ont un traité de paix, les liens avec Israël ne sont pas populaires chez beaucoup de Jordaniens. Les images de panneaux et de plaques d’immatriculation israéliennes ont entraîné la colère de nombreuses personnes dans les réseaux sociaux.

Un groupe qui s’oppose à la « normalisation » des rapports avec Israël a demandé à la Commission Royale du Cinema de Jordanie pourquoi la permission de filmer le projet avait été accordée. Le groupe a aussi affirmé qu’on a dit aux habitants locaux qui souhaitaient participer au tournage qu’ils devraient peut-être porter des uniformes militaires israéliens, a annoncé le rapport.

Une source anonyme de la compagnie de production qui travaille sur le projet a déclaré au groupe de presse Al-Araby qu’aucun Israélien n’était impliqué dans la production, et que le projet mettrait en lumière l’histoire du peuple palestinien.

Le mois dernier, le roi Abdallah II de Jordanie a annoncé qu’il ne renouvellerait pas une partie du traité de paix de 1994, accordant à Israël le droit d’utiliser deux petites zones agricoles le long de la frontière.

Abdallah a déclaré qu’il se retirait de deux annexes de l’accord de paix qui a permis à Israël de louer les zones aux Jordaniens pendant 25 ans. Le bail expire l’année prochaine.

Abdallah n’a pas donné de raisons pour justifier sa décision. Il a cependant été soumis à une forte pression dans son pays pour mettre un terme au bail qui comprend les zones de Naharayim au nord et l’enclave de Tzofar dans le sud du désert d’Arava. Ces deux zones seront restituées aux Jordaniens d’ici un an.

L’accord est automatiquement renouvelable à moins qu’une des deux parties ne donne un préavis d’un an pour mettre un terme à l’accord, « dans ce cas, à la demande d’une des deux parties, les consultations seront lancées ».

Selon des officiels israéliens, la décision est importante puisqu’elle marque la volonté jordanienne de réduire les relations diplomatiques avec Israël.

Amman a subi de fortes pressions pour annuler l’accord avec Israël, y compris de la part de 80 législateurs qui ont signé une lettre destinée au gouvernement pour soutenir l’annulation.

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