Un rapport de l’ONU évalue la reconstruction de Gaza à 485 millions de dollars
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Un rapport de l’ONU évalue la reconstruction de Gaza à 485 millions de dollars

L'évaluation des dommages révèle que les dégâts matériels s'élèvent à 380 millions de dollars et les pertes économiques à 190 millions de dollars

Une femme devant la maison de sa famille dans le camp de réfugiés de Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 15 juin 2021. (Crédit : Adel Hana/AP)
Une femme devant la maison de sa famille dans le camp de réfugiés de Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 15 juin 2021. (Crédit : Adel Hana/AP)

Selon un rapport des Nations unies publié mardi, la réparation des dommages causés dans la bande de Gaza au cours des onze jours de combats entre Israël et les groupes terroristes palestiniens en mai coûtera dans un premier temps 485 millions de dollars.

Selon l’évaluation rapide des dommages et des besoins, les combats ont causé jusqu’à 380 millions de dollars de dommages physiques et 190 millions de dollars supplémentaires de pertes économiques.

Le rapport indique qu’au cours des 24 premiers mois, les besoins de redressement s’élèveront à 485 millions de dollars.

Un « rétablissement rapide à court terme dépendra du soutien financier, notamment des donateurs, ainsi que de la coopération d’Israël pour accélérer l’accès aux matériaux et équipements destinés à des fins civiles », indique la déclaration.

Pour une reprise durable, l’Autorité palestinienne doit mettre en place un « système de gouvernance durable ». Cependant, le groupe terroriste du Hamas a évincé l’Autorité palestinienne de Gaza en 2007 et les tentatives répétées de médiation entre les deux parties ont échoué.

Le rapport demande également à Israël de moderniser le poste frontière de Kerem Shalom.

Israël et l’Égypte maintiennent un blocus sur Gaza depuis que le Hamas a pris le pouvoir, afin d’empêcher la contrebande d’armes et de matériaux utilisés pour fabriquer des roquettes et d’autres armes et construire des fortifications.

Un camion entre à Gaza par le terminal de Kerem Shalom, principal point de passage des marchandises entrant dans la zone en provenance d’Israël, le 18 mai 2021. (Crédit : Said Khatib/AFP)

Du 10 au 21 mai, le Hamas et d’autres groupes terroristes ont tiré environ 4 300 roquettes sur des villes israéliennes. En réponse, Israël a mené de lourdes frappes aériennes contre des cibles terroristes. Les combats se sont terminés par un cessez-le-feu négocié par l’Égypte. Treize personnes ont été tuées en Israël et plus de 240 à Gaza. L’armée israélienne a déclaré que la plupart des personnes tuées à Gaza étaient des combattants terroristes.

Le rapport de l’Évaluation rapide des dommages et des besoins (RDNA) à été réalisé entre le 25 mai et le 25 juin 2021 en partenariat avec le Groupe de la Banque mondiale, l’ONU et l’Union européenne, en « étroite coopération » avec l’Autorité palestinienne et « en consultation avec la société civile et le secteur privé à Gaza ».

« Il s’agit d’un nouvel épisode malheureux au cours duquel le peuple palestinien de Gaza s’est retrouvé au cœur du conflit et de la destruction », a déclaré Kanthan Shankar, directeur national de la Banque mondiale pour la Cisjordanie et Gaza.

Des personnes se rassemblent pour voir les décombres de l’immeuble al-Jalaa dans la ville de Gaza, le 21 mai 2021. L’immeuble a abrité le bureau de l’Associated Press dans la ville de Gaza pendant 15 ans. (Crédit : AP/John Minchillo)

« Il convient en priorité d’assurer un retour à une certaine normalité en fournissant rapidement des secours, en réparant les dommages prioritaires causés aux infrastructures et en rétablissant les services essentiels perturbés par le conflit, afin qu’ils soient rétablis au moins au niveau d’avant le conflit, si ce n’est plus », précise le communiqué.

Le rapport indique que les besoins les plus critiques en matière de redressement consistent à fournir de l’argent liquide à environ 45 000 personnes pour une assistance alimentaire et non alimentaire, ainsi qu’à fournir 20 000 emplois à temps plein pendant 12 mois et à donner la priorité au logement de ceux qui vivaient dans plus de 4 000 maisons détruites ou partiellement endommagées, parmi lesquels 7 000 enfants.

Shankar a déclaré que le produit intérieur brut de Gaza pourrait chuter en 2021, passant d’une croissance annuelle estimée à 2,5 % avant les combats à seulement 0,3 %.

Le rapport indique qu’à Gaza, le taux de chômage est de 50 % et que plus de la moitié de la population vit dans la pauvreté. À la suite du conflit, 62 % de la population de l’enclave s’est retrouvée en situation d’insécurité alimentaire.

« Le conflit a considérablement affaibli les moyens de subsistance et les filets de sécurité des plus vulnérables », indique le communiqué.

« La cessation des hostilités obtenue le mois dernier a été largement maintenue mais reste fragile », a déclaré Tor Wennesland, coordinateur spécial des Nations unies pour le processus de paix au Moyen-Orient, dans le communiqué. « L’ONU poursuit ses engagements diplomatiques avec toutes les parties concernées pour solidifier le cessez-le-feu. »

Des roquettes sont lancées depuis la bande de Gaza en direction d’Israël, le 10 mai 2021. (Crédit : AP Photo/Khalil Hamra)

Sven Kühn von Burgsdorff, représentant de l’Union européenne, a insisté sur le fait que les victimes civiles et l’impact socio-économique rappellent « que nous devons nous attaquer aux causes profondes du conflit ».

Le redressement de Gaza « doit être soutenu par un processus de paix significatif qui apportera la sécurité et la dignité pour tous », a-t-il déclaré, notant que « l’unité palestinienne et le renouveau démocratique par le biais d’élections libres et équitables sont également d’une importance cruciale ».

Le rapport souligne l’importance de coopérer avec l’Autorité palestinienne dans les efforts de reconstruction, reconnaissant ainsi implicitement que l’organisation terroriste du Hamas, qui dirige la bande de Gaza, ne devrait pas faire partie du processus. Mais le groupe terroriste islamiste n’est pas mentionné nommément dans ce rapport de 72 pages.

Les États-Unis se sont engagés à aider à coordonner la reconstruction de Gaza, tout en soulignant que le Hamas ne devait pas être autorisé à bénéficier de ces efforts.

Le porte-parole du département d’État, Ned Price, a déclaré mardi que les États-Unis « s’engagent à veiller à ce que le peuple palestinien reçoive cette aide humanitaire, mais nous sommes également déterminés à faire en sorte que l’aide américaine ne donne en aucun cas du pouvoir au Hamas, que ce soit sur le plan financier ou politique ».

Le président américain Joe Biden s’exprime après avoir visité une unité mobile de vaccination à Raleigh, en Caroline du Nord, le 24 juin 2021. (Crédit : Mandel Ngan/AFP)

« Nous continuerons à travailler avec nos partenaires, qu’il s’agisse de l’Égypte, de l’ONU et de ses institutions, pour veiller à ce que nous puissions faire ces deux choses : fournir cette aide au peuple palestinien sans que cette aide ne se retrouve dans les caisses du Hamas », a-t-il ajouté.

L’administration Biden n’a pas encore précisé comment elle envisageait de détourner les fonds de reconstruction des dirigeants de Gaza, mais une source au fait de la question a déclaré que les États-Unis, les Nations unies et l’Égypte attendaient la conclusion du RDNA pour avancer des plans plus détaillés de réhabilitation de la bande.

Quelle que soit la décision prise, la communauté internationale aura besoin de la coopération d’Israël, qui gère la plupart des points de passage vers la bande de Gaza.

Le nouveau gouvernement du Premier ministre Naftali Bennett a maintenu qu’il ne permettrait pas aux efforts de reconstruction à long terme de progresser sans que le Hamas n’accepte de restituer les corps des soldats de Tsahal tués qu’il retient prisonniers à Gaza depuis 2014, ainsi que deux civils israéliens.

L’administration Biden s’oppose à cette demande par crainte qu’elle n’entraîne une rupture des négociations en vue d’un cessez-le-feu à long terme et une reprise de la violence, ont déclaré deux diplomates occidentaux au Times of Israël la semaine dernière.

Un obusier automoteur israélien de 155 mm tire des obus d’artillerie en direction de la bande de Gaza depuis une position située le long de la frontière avec l’enclave palestinienne, le 20 mai 2021. (Crédit : JACK GUEZ / AFP)

La semaine dernière, l’ONU a déclaré avoir accepté de prendre la responsabilité du déboursement des fonds qataris dans la bande de Gaza, selon un journal palestinien.

Citant des sources palestiniennes anonymes, le quotidien Al-Quds a déclaré qu’Israël était d’accord avec cette initiative à condition que le transfert de ces fonds soit contrôlé pour s’assurer qu’ils ne soient pas détournés vers le groupe terroriste du Hamas, qui dirige la bande de Gaza et cherche ouvertement à détruire Israël.

Avec l’approbation d’Israël, le Qatar a distribué ces dernières années des centaines de millions de dollars en espèces pour permettre au Hamas de payer le carburant de la centrale électrique de Gaza, de rémunérer les fonctionnaires et de fournir une aide à des dizaines de milliers de familles démunies.

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