Un responsable hongrois déclare que l’Europe est la « chambre à gaz » de Soros
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Un responsable hongrois déclare que l’Europe est la « chambre à gaz » de Soros

Des organisations juives ont critiqué les propos du responsable culturel, qui a comparé le philanthrope survivant de l'Holocauste, "führer libéral", à Hitler

George Soros, fondateur et président de l'Open Society Foundations, lors de la cérémonie de remise du prix Joseph A. Schumpeter à Vienne, Autriche, le vendredi 21 juin 2019. (AP Photo/Ronald Zak)
George Soros, fondateur et président de l'Open Society Foundations, lors de la cérémonie de remise du prix Joseph A. Schumpeter à Vienne, Autriche, le vendredi 21 juin 2019. (AP Photo/Ronald Zak)

Un responsable culturel hongrois a comparé le milliardaire George Soros à Hitler dans un article sur la dispute de son pays et la Pologne avec l’Union européenne sur la question de l’Etat de droit, des propos qui ont suscité des condamnations immédiates.

« L’Europe est devenue la chambre à gaz de George Soros (…) George Soros est le führer libéral » et les Polonais et les Hongrois « sont les nouveaux Juifs », a lancé Szilard Demeter dans un article publié samedi par le site d’actualité pro-gouvernemental Origo.hu.

Soros et ses alliés « visent à exclure les Polonais et les Hongrois de la dernière communauté politique où nous avons encore des droits », a ajouté cet écrivain de 44 ans nommé en 2018 chef du prestigieux musée littéraire, puis en 2019 Commissaire à la Culture.

Israël, ainsi que des organisations juives et des groupes de mémoire de l’Holocauste, ont immédiatement condamné cette comparaison.

« Nous rejetons tout usage et abus de la mémoire de l’Holocauste dans n’importe quel but », a déclaré dans un communiqué l’ambassade d’Israël en Hongrie.

« Il est impensable de relier le pire crime de l’Histoire de l’humanité ou ceux qui l’ont commis à un débat politique contemporain, aussi important soit-il », a-t-elle ajouté.

La plus grande organisation juive de Hongrie, Mazsihisz, a souligné qu’une telle « relativisation de l’Holocauste est incompatible avec la politique de tolérance zéro du gouvernement en matière d’antisémitisme ».

La Hongrie et la Pologne sont actuellement opposés à Bruxelles dans le cadre des discussions sur l’Etat de droit. L’UE voudrait en effet conditionner l’octroi de fonds européens à l’existence dans les pays d’un réel Etat de droit.

Les deux pays ont proposé jeudi de résoudre le blocage en deux temps. D’abord « mettre à disposition les fonds nécessaires dès que possible » et ensuite « savoir s’il faut lier Etat de droit et intérêts financiers de l’Union ».

Epinglés régulièrement par Bruxelles pour leurs réformes accusées de saper les valeurs démocratiques, les deux pays d’Europe centrale ont mis leur veto la semaine dernière au budget pluriannuel et au plan de relance européens.

Le Premier ministre hongrois Viktor Orban parle de « chantage » contre les pays opposés à l’immigration, et a récemment qualifié M. Soros de « criminel économique » et de « l’une des personnes les plus corrompues du monde ».

Agé de 90 ans, le milliardaire américain est né en Hongrie et est un survivant de l’Holocauste. Il est la cible régulière de Viktor Orban, qui lui reproche d’encourager l’immigration et de comploter contre son gouvernement par le biais des ONG qu’il finance. 

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