Un survivant de la Shoah fustige les comparaisons avec la Syrie
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Un survivant de la Shoah fustige les comparaisons avec la Syrie

Pour Natan Rom, 87 ans, mettre sur le même plan les expériences des réfugiés du pays déchiré par la guerre à celles des juifs pendant la Seconde Guerre mondiale est “inapproprié”

Des réfugiés syriens rentrent dans la ville syrienne de Jarablos, au point de passage de Karkamis, dans le sud de la Turquie, le 7 septembre 2016. Ilustration. (Crédit : Bulent Kilic/AFP)
Des réfugiés syriens rentrent dans la ville syrienne de Jarablos, au point de passage de Karkamis, dans le sud de la Turquie, le 7 septembre 2016. Ilustration. (Crédit : Bulent Kilic/AFP)

Un survivant israélien de l’Holocauste, originaire de Pologne et qui a passé la Seconde Guerre mondiale comme réfugié en Russie, s’est exprimé contre ce qu’il a appelé « les démagogues qui comparent à tort les juifs persécutés aux migrants de Syrie. »

Natan Rom, 87 ans, fait partie des survivants les plus connus d’un groupe de réfugiés appelé les Enfants de Téhéran. Il s’est exprimé contre les récentes comparaisons dans les médias internationaux pendant un entretien au moment de la première russe d’un documentaire de 2007 sur le groupe.

« Les migrants musulmans qui arrivent en Europe ne sont pour la plupart pas des réfugiés, mais des demandeurs d’emplois qui font partie de ce qui est de facto une invasion », a déclaré à JTA Rom, né Norbert Kurtzman, après la première du film « Les enfants de Téhéran » dans la ville de Kazan, pendant la conférence du Limmud FSU sur les études juives.

« Les tentatives visant à faire passer les nouveaux arrivants, des gens qui sont partis et dans de nombreux cas ont participé à une guerre civile meurtrière, pour des réfugiés, et ensuite comparer leur expérience à ce que les survivants de l’Holocauste ont enduré est inapproprié », a déclaré le mois dernier Rom, qui a survécu à l’Holocauste avec sa sœur.

Le reproche de Rom, partisan du parti de gauche Meretz et co-fondateur du kibboutz Afikim, suit une publication en août d’un éditorial dans le New York Times intitulé « Anne Frank est aujourd’hui une petite fille syrienne », dans lequel le journaliste et double lauréat du prix Pulitzer, Nicholas Kristof, a affirmé que les raisons de l’opposition à l’intégration des réfugiés de l’Holocauste aux Etats-Unis « étaient les mêmes que celles qui rejettent les Syriens ou les Honduriens aujourd’hui. »

Même si certains juifs européens ont repris cette comparaison, d’autres l’ont prudemment évitée, en pleine arrivée en Europe depuis 2015 de 1,5 million d’immigrants venus de pays déchirés par la guerre civile du Moyen Orient et d’Afrique.

Bien que beaucoup d’entre eux candidatent à un statut de réfugiée à leur arrivée, des détracteurs de la politique d’immigration de l’Union européenne ont demandé des vérifications plus strictes contre les migrants économiques, citant la présence massive parmi les nouvelles arrivées d’hommes en âge de travailler.

Les Enfants de Téhéran ont parcouru près de 13 000 kilomètres à travers la Sibérie, l’Ouzbékistan, Téhéran, l’Inde, et l’Egypte, pour finalement arriver dans l’Israël pré-étatique. Rom et sa sœur, Ziva, ont été placés à l’adoption à Samarcande, en Ouzbékistan, par leurs parents, Karol et Ethel, qui étaient affamés et ont choisi de se séparer de leurs deux premiers enfants pour tenter de sauver leur bébé, Uzi.

Karol est mort de faim et de maladie à Samarcande. Natan et Ziva ont finalement retrouvé leur mère et leur petit frère.

L’arrivée des Enfants de Téhéran en Israël en 1943 est largement considérée comme la première rencontre entre le yichouv, la population juive de l’Israël pré-étatique, et un important groupe de réfugiés de l’Holocauste.

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