Juifs israéliens et européens se rassemblent sans problème dans une ville musulmane de Russie
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Juifs israéliens et européens se rassemblent sans problème dans une ville musulmane de Russie

Une conférence Limmud FSU, un festival de musique juive et de culture juive européenne ont commencé vendredi dans le centre de Kazan

La synagogue de Kazan, en Russie. (Crédit : capture d'écran YouTube)
La synagogue de Kazan, en Russie. (Crédit : capture d'écran YouTube)

Des centaines de juifs européens et israéliens ont convergé vers la capitale de l’état russe du Tatarstan, majoritairement musulman, pour un festival annuel de musique juive ainsi qu’une conférence d’étude juive Limmud FSU.

Les deux évènements, qui coïncidaient avec la Journée européenne de la culture juive le 4 septembre, ont commencé vendredi soir sur une grande scène que les autorités municipales avaient érigée dans une rue piétonne du centre de Kazan, pour des concerts de Simcha, un groupe de klezmer local, et de Shouk, un ensemble israélien venu pour le Limmud FSU.

Depuis 2012, la ville de Kazan, située à 725 kilomètres de Moscou, organise un festival annuel de musique juive vers Roch Hachana. L’année dernière, la ville avait organisé une série d’évènements autour du judaïsme devant la synagogue, dont la première conférence d’étude Limmud FSU de Kazan et un rassemblement de rabbins du Habad venus de toute l’ancienne Union soviétique.

A un moment où des évènements juifs similaires sont confinés en intérieur et lourdement gardés dans toute l’Europe occidentale par peur d terrorisme, l’évènement de vendredi n’était ni fermé ni gardé. Des milliers de passants étaient réunis près de la scène, s’arrêtaient et dansaient au son du klezmer et de la musique israélienne, dont la chanson « je suis toujours juif » de Simcha, qui a été fondé en 1989, quand d’autres activités culturelles juives entraînaient des réactions négatives de la part des autorités communistes.

La conférence Limmud FSU de cette année souligne le rôle de Kazan comme arrêt sur la voie des Enfants de Téhéran, le nom utilisé pour parler d’un groupe d’enfants juifs polonais, principalement orphelins, qui ont fui l’occupation nazie en Pologne via Kazan et Samarkand, dans ce qui est aujourd’hui l’Ouzbékistan, et vers l’Israël pré-étatique via Téhéran.

Avigdor "Yanush" Ben-Gal pendant un entretien avec la Première chaîne israélienne en 2014. (Crédit : capture d'écran YouTube)
Avigdor « Yanush » Ben-Gal pendant un entretien avec la Première chaîne israélienne en 2014. (Crédit : capture d’écran YouTube)

Le programme du Limmud FSU de cette année comptait un hommage rendu à Avigdor Yanush Ben Gal, survivant du groupe des Enfants de Téhéran qui est devenu l’un des généraux les plus estimés de l’armée israélienne quand il a réussi à stopper l’avance des forces syriennes, bien plus importantes que les siennes, sur le plateau du Golan. Il est mort en février à 80 ans, et aurait dû revenir vendredi à Kazan.

Chaim Chesler, fondateur de Limmud FSU, et la veuve de Ben Gal, Avital, ont organisé une cérémonie en son honneur à la Grande Synagogue de Kazan vendredi. La ville compte actuellement 10 000 juifs.

« Au-delà d’être un modèle de coexistence, il faut apprécier que Kazan a traditionnellement été un havre pour les juifs et l’est toujours », a déclaré Chesler au sujet de la décision de transformer la conférence Limmud en évènement annuel à Kazan. « Cela signifie que nous avons un engagement envers cet endroit. »

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