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Un témoin clé au procès Netanyahu porte plainte contre un journaliste

Hadas Klein a porté plainte contre Eli Zipori, qui a publié un tweet avec une photo de son domicile et son adresse

Hadas Klein, assistante d'Arnon Milchan, arrive à une audience du procès contre l'ancien Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, au tribunal de district de Jérusalem, le 5 juillet 2022. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)
Hadas Klein, assistante d'Arnon Milchan, arrive à une audience du procès contre l'ancien Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, au tribunal de district de Jérusalem, le 5 juillet 2022. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Hadas Klein, témoin clé de l’accusation dans le procès pour corruption de Benjamin Netanyahu, a porté plainte jeudi contre le journaliste d’investigation Eli Zipori pour harcèlement.

La plainte faisait suite à un tweet publié jeudi par Zipori, comprenant une photo de sa maison à Herzliya et qualifiant d’« hypocrite » son témoignage dans le cadre du procès Netanyahu.

« Hadas Klein, qui s’est fait passer pour une victime dans son témoignage, disant qu’elle « portait le fardeau familial » et « a failli être licenciée », vit dans une villa à Herzliya estimée à 10 millions de shekels, achetée en 2013 », a ecrit Zipori sur Twitter à côté d’une photo de la maison de Klein.

« Dans son témoignage, elle a parlé des rénovations qu’elle y a faites et des milliardaires comme [James] Packer et [Arnon] Milchan qu’elle a accueillis. »

Bien qu’un peu floue, l’image permet de voir l’adresse de la maison.

Selon la Treizième chaine, la police aurait ouvert une enquête suite à la plainte de Klein.

« C’est clairement de l’intimidation de témoin, la ligne rouge est franchie », a déclaré un haut responsable de la police à la chaine.

« Il n’est pas étonnant que Klein se sente menacée et harcelée. »

« Le procureur de l’État devrait ordonner la mise en examen de Zipori », a ajouté le responsable sous couvert d’anonymat.

Hadas Klein, assistante d’Arnon Milchan, arrive à une audience du procès de l’ancien Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, au tribunal de district de Jérusalem, le 5 juillet 2022. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Ce n’est pas la première fois que Klein fait l’objet de harcèlement en ligne.

En juin, elle a été menacée sur Twitter, par quelqu’un qui s’est présenté à elle comme étant Shimon Carmieli. Pendant des mois, cette personne a proféré des menaces et publié des messages offensants contre elle, comme : « Avec l’aide de Dieu, bientôt Hadas Klein mourra » et « J’espère que Hadas Klein fera une crise cardiaque ».

Klein, assistante des milliardaires Milchan et Packer, a décrit lors de son témoignage devant le tribunal de Jérusalem les demandes incessantes de produits de luxe formulées pendant des années par l’ex-Premier ministre Netanyahu et son épouse Sara à ses patrons.

Son témoignage est très important car il sape la défense de Netanyahu selon laquelle il ne faisait qu’accepter les cadeaux d’un ami, inconscient de leur valeur.

Le témoignage de Klein concerne l’affaire 1000 dans le procès pour corruption de Netanyahu, dans le cadre duquel il est accusé de fraude et d’abus de confiance pour avoir accepté des cadeaux luxueux de la part de Milchan et Packer pour une valeur de 691 776 shekels.

Selon l’acte d’accusation, les cadeaux lui auraient été remis entre 2011 et 2016.

L’acte d’accusation estime qu’en échange, l’ex-Premier ministre a aidé Milchan à régler ses problèmes de visa et bénéficier d’avantages réglementaires et fiscaux pour ses intérêts commerciaux en Israël.

Mardi, Klein a décrit de quelle manière Milchan avait demandé et obtenu l’aide de Netanyahu pour obtenir un visa américain à long terme.

Elle a également déclaré que Netanyahu et son équipe avaient présenté Milchan au Secrétaire d’État américain de l’époque, John Kerry, et qu’il avait finalement réussi à obtenir un visa pour 10 ans.

En plus de l’affaire 1000, Netanyahu fait face à des accusations de fraude et d’abus de confiance dans deux autres procès, et de corruption dans l’un d’entre eux.

Il a farouchement nié tout acte répréhensible, affirmant – sans preuve – que les accusations avaient été fabriquées de toutes pièces par le procureur de l’État et ses rivaux politiques pour le forcer à quitter ses fonctions.

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