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Un tiers des haredim ont contracté la COVID – le double de la moyenne nationale

Un groupe de réflexion estime que le comportement de la société 'haredi est à blâmer, mais d'autres remettent en question cette conclusion

Un employé du Magen David Adom a effectué un test sérologique pour le COVID-19 dans la ville ultra-orthodoxe de Kiryat Ye'arim, le 9 août 2021 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Un employé du Magen David Adom a effectué un test sérologique pour le COVID-19 dans la ville ultra-orthodoxe de Kiryat Ye'arim, le 9 août 2021 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Selon une nouvelle étude, près d’un Israélien ultra-orthodoxe sur trois a contracté le coronavirus, soit plus du double de la moyenne nationale.

Le Taub Center for Social Policy Studies in Israel, un groupe de réflexion indépendant, a analysé les statistiques du ministère de la Santé et constaté que, depuis le début de la pandémie jusqu’en septembre 2021, 13,7 % de la population israélienne a été confirmée positive à la COVID.

Le chiffre pour la communauté ‘haredi, basé sur les chiffres des principaux centres de population où les ‘haredim sont majoritaires, est de 31 %.

Selon Alex Weinreb, directeur de recherche au Taub Center, ce chiffre a été obtenu en dépit de la forte couverture vaccinale dont ont bénéficié les Haredim au cours des derniers mois et témoigne d’une « incapacité à contrôler les comportements » pour lutter contre le virus dans les zones ‘haredi.

« C’est choquant », a-t-il déclaré au Times of Israël. « Cela témoigne d’une approche très différente de celle adoptée dans le reste d’Israël pour atténuer et minimiser la propagation du virus. »

L’étude Taub aborde la question, très discutée tout au long de la pandémie, de savoir si les ‘haredim ont des niveaux d’infection élevés en raison d’une adhésion laxiste aux réglementations sur le virus dans certaines parties de la communauté ou en raison des circonstances, telles que la forte densité de population et la propension à la pauvreté.

Pendant une grande partie de la pandémie, la conduite dans certaines zones ‘haredi, où les restrictions concernant le virus ont été largement bafouées, a suscité une vive controverse en Israël. Il y a un an, il y a même eu des manifestations de la part de certains membres de la communauté ‘haredi contre les restrictions.

Weinreb a déclaré que son étude montre clairement que le comportement est à blâmer plutôt que les circonstances. Mais d’autres chercheurs rejettent cette conclusion et affirment que la question reste ouverte.

Weinreb a effectué des calculs pour contrôler l’effet de facteurs tels que la densité et la privation économique, en se basant sur l’observation de leur impact sur les chiffres dans les zones non ‘haredi. Il a conclu que ces facteurs ne sont responsables que d’une petite partie de la marge entre les ‘haredim et la population générale.

Weinreb a déclaré que même après avoir contrôlé ces facteurs, il a constaté que les Haredim ont été confrontés à un risque d’infection deux fois plus élevé que celui d’Israël dans son ensemble.

« Cela montre qu’il y a quelque chose dans le domaine du comportement qui explique les niveaux d’infection, et non la densité de population et d’autres facteurs de ce genre », a-t-il affirmé.

L’expert en statistiques du COVID, Eran Segal, biologiste informaticien de l’Institut Weizmann, a déclaré que l’analyse n’était pas suffisamment solide pour pointer du doigt le comportement des ‘haredim plutôt que les circonstances.

« Je ne peux pas vérifier cette [conclusion] », a-t-il déclaré au Times of Israël, notant que la société ‘haredi compte une forte proportion de moins de 12 ans, qui ne sont pas éligibles pour les vaccins, et de moins de 16 ans, qui ne sont devenus éligibles qu’en été.

« Et il y a aussi de grandes familles chez les ‘haredim, donc plus d’interactions dans les ménages, donc ce n’est pas nécessairement un comportement », a-t-il ajouté.

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