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Une actrice, elle-même autiste, incarnera une autiste dans une série télévisée

"J'ai eu le sentiment que rien ne me représentait à la télévision", explique Geffen Kaminer, qui jouera dans "Côté Est"

L'actrice israélienne  Geffen Kaminer. (Capture d'écran : Télé israélienne ; utilisée conformément à la clause 27a sur le droit d'auteur)
L'actrice israélienne Geffen Kaminer. (Capture d'écran : Télé israélienne ; utilisée conformément à la clause 27a sur le droit d'auteur)

Une actrice israélienne va devenir la toute première actrice à prêter ses traits à une personnage atteint de trouble du spectre autistique (TSA) à la télévision israélienne.

C’est Geffen Kaminer, 18 ans, qui a été choisie pour ce rôle dans la série « Côté Est » avec Yehuda Levi en tête d’affiche, une série qui sera diffusée sur la chaîne publique Kan.

Levi jouera le père aimant et attentionné du personnage interprété par Kaminer, Maya.

Il y a eu des personnages autistes dans les séries télévisées israéliennes ces dernières années, mais c’est la première fois qu’une actrice autiste est choisie pour un tel rôle.

« J’ai eu le sentiment que rien ne me représentait à la télévision », confie Kaminer à Kan au cours d’un entretien. « Ce n’est pas moi, et ça ne me ressemble pas. »

Évoquant Maya, son personnage, elle ajoute : « Elle présente un trouble du spectre autistique, comme j’en présente un moi-même. »

Kaminer explique qu’un appel pour un casting d’une personne autiste en vue de la réalisation d’une série avait été lancé dans un groupe de mère d’enfants autistes sur Internet. Elle s’est manifestée, elle a passé des auditions et elle a finalement été choisie.

Kaminer explique qu’elle a été une enfant difficile et que son trouble a été diagnostiqué à l’âge de six ans – mais qu’il avait été conseillé à ses parents de ne rien lui dire à ce moment-là. Ils lui avaient révélé son trouble à l’âge de neuf ans.

Elle raconte également avoir rencontré des difficultés à l’école, ne se sentant pas à sa place, et que l’adolescence et ses défis avaient été particulièrement durs pour elle, notamment en matière de relation sociale.

Elle a eu des difficultés à s’exprimer et à exprimer les difficultés qu’elle rencontrait – et elle s’en prenait parfois violemment aux enseignants et aux autres élèves.

« C’est vraiment frustrant d’être autiste, spécialement dans l’adolescence », dit-elle.

« Je n’ai pas le sentiment de ressembler à qui que ce soit d’autre. Mais je ne sais pas ce qui est différent pour moi parce que je ne sais pas ce qu’il se passe pour eux, comment ils vivent les choses », continue-t-elle.

« Tout ce qui est évident à leurs yeux, comme sortir, trouver du travail, se marier, faire l’armée, ce n’est pas évident pour nous », déclare-t-elle.

Elle explique avoir intégré dorénavant une meilleure école et que jouer la comédie l’a aidée à faire face à ses frustrations.

« Jouer m’a rendue plus forte. Je mets tout de côté tous les problèmes, et je me contente de faire ce que je fais », s’exclame-t-elle.

« Jouer, c’est toujours quelque chose qui me transporte. C’est un outil formidable et très utile pour quelqu’un comme moi », indique-t-elle.

Une série de télévision israélienne très applaudie, « On the Spectrum », qui avait été diffusée en 2018, avait fait le portrait d’une vingtaine de colocataires autistes qui vivaient dans des appartements en autonomie. Le frère de la scénariste de la série, Dana Idisis, était lui-même autiste.

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