Une actrice iranienne refuse de rejouer dans son pays du fait de la répression
"Je ne prendrai part à aucune célébration et je ne jouerai plus aucun rôle sur cette terre à l'odeur de sang", a écrit Elnaz Shakerdoust
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L’actrice iranienne Elnaz Shakerdoust, qui a joué dans des dizaines de films, a affirmé qu’elle ne travaillerait plus dans son pays « à l’odeur de sang », en référence à la répression meurtrière du mouvement de contestation par les autorités.
« Je pleure mes chers (compatriotes morts), comment peut-il y avoir un festival? Je ne prendrai part à aucune célébration et je ne jouerai plus aucun rôle sur cette terre à l’odeur de sang », a écrit l’actrice lundi soir, au moment où s’ouvrait le principal festival annuel de cinéma de Téhéran, Fajr.
Sur sa page Instagram, elle dit préférer boycotter la compétition. « Mon âme ne peut supporter cette tragédie horrible, criminelle et historique », ajoute-t-elle.
Téhéran a écrasé dans le sang début janvier un vaste mouvement de contestation, qui avait éclaté fin décembre.
Les manifestations, qui ont commencé le 28 décembre pour protester contre la hausse du coût de la vie, ont ensuite évolué en un mouvement de contestation contre le pouvoir.
Les autorités iraniennes reconnaissent la mort de plus de 3 000 personnes lors des manifestations, tout en assurant que la plupart des victimes étaient des membres des forces de sécurité ou des passants tués par des « terroristes » agissant pour le compte des États-Unis et d’Israël.
Dimanche, la présidence a publié les noms de 2 986 personnes tuées pendant ces troubles, sur une liste de 3 117 morts.
L’ONG Human Rights Activists News Agency (HRANA), établie aux États-Unis, a déclaré avoir confirmé la mort de 6 854 personnes, en majorité des manifestants, d’autres groupes de défense des droits de l’homme avançant des bilans beaucoup plus élevés.
Elnaz Shakerdoust, 41 ans, a joué dans plus de 50 films en deux décennies de carrière, remportant de nombreuses récompenses dans des festivals en Iran.
En 2021, elle avait dénoncé le meurtre d’un jeune homme par sa famille dans le sud-ouest du pays en raison de son homosexualité. La justice iranienne avait alors ordonné le retrait de son message publié sur Instagram, qui avait suscité l’indignation des milieux conservateurs.
Le festival Fajr, qui a attiré dans le passé des réalisateurs internationaux et iraniens reconnus mais qui a perdu en importance à mesure que se renforçait l’isolement de l’Iran sur la scène internationale, se tient malgré la contestation.
Le cinéaste Mehdi Mahmoudian, co-scénariste d' »Un simple accident », Palme d’or à Cannes en 2025, a lui été arrêté dimanche.
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