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Une ado de 13 ans empêchée de monter dans un bus à cause de sa tenue vestimentaire

La compagnie Kavim enquête sur l'incident ; Tamara Lahav a déclaré que le chauffeur ne l'avait pas laissée monter parce qu'elle était vêtue d'un short et d'un débardeur

Des Israéliens montent dans un bus Kavim dans la rue principale de la ville centrale de Petah Tikva, le 24 juin 2015. (Crédit: Nati Shohat/FLASH90)
Des Israéliens montent dans un bus Kavim dans la rue principale de la ville centrale de Petah Tikva, le 24 juin 2015. (Crédit: Nati Shohat/FLASH90)

Une jeune fille de 13 ans s’est vue refuser l’accès au bus dans le centre d’Israël après que le chauffeur lui a dit que ce qu’elle portait était considéré comme un « harcèlement sexuel par la loi », selon un article de presse publié lundi.

Selon le quotidien Haaretz, l’incident a eu lieu vendredi. Tamara Lahav, 13 ans, attendait le bus numéro 9, exploité par la compagnie Kavim, qui relie Or Akiva à Binyamina-Givat Ada. En cette chaude matinée de juin, elle portait un pantalon court et un débardeur pour se rendre dans un centre commercial à proximité.

Mais lorsque le bus est arrivé et que Lahav était sur le point de monter, le chauffeur l’a arrêtée et lui a demandé si elle avait « quelque chose pour se couvrir », a rapporté le journal.

Surprise par cette question inattendue, Lahav a répondu qu’elle n’avait rien. Le conducteur ne l’a pas laissée monter à bord et est parti, la laissant sur le trottoir.

« J’étais choquée », a-t-elle déclaré à Haaretz. « Je n’ai pas compris ce qui se passait. Après coup, j’ai regretté de ne pas avoir affronté le chauffeur. Je ne pense pas que des garçons auraient été traités de la sorte ».

« Il m’a fallu un certain temps pour comprendre la situation. C’est très perturbant. Je pense que le conducteur ne m’a pas laissée monter à cause d’une approche sexiste », a-t-elle ajouté.

Illustration : Des Israéliens laïques montent dans un bus où est instaurée la séparation entre hommes (à l’avant) et femmes (à l’arrière). Des femmes laïques se sont assises à l’avant, parmi des hommes juifs ultra-orthodoxes, dans le cadre d’une protestation contre l’exclusion des femmes dans la sphère publique, le 1er janvier 2012. (Crédit: Miriam Alster / Flash90)

Après avoir appris ce qui s’était passé, la mère de Lahav a appelé l’Autorité nationale des transports publics et a déposé une plainte contre le chauffeur.

« Son comportement dans un espace public constitue une grave offense à nos droits fondamentaux et surtout à la dignité humaine », a-t-elle déclaré. « Tamara a été élevée en apprenant l’importance d’une égalité totale. Personne ne peut lui dire ce qu’elle doit porter. »

La loi israélienne stipule qu’un chauffeur de bus n’est pas autorisé à discriminer les passagers en raison de leurs vêtements.

La compagnie de bus Kavim a déclaré qu’elle examinerait l’incident et prendrait des mesures disciplinaires contre le chauffeur s’il s’avère qu’il a violé la politique de l’entreprise.

« La société donne pour instruction à ses chauffeurs de permettre à tout passager d’utiliser ses services et de monter dans le bus, quelle que soit son apparence », peut-on lire dans un communiqué publié par la société et cité par Haaretz.

Illustration : Les chauffeurs de bus « Kavim » manifestent contre les violences qui leur sont adressées près de la Knesset à Jérusalem, le 17 décembre 2018. (Crédit: Yonatan Sindel/Flash90)

En 2011, la Cour suprême a jugé que la ségrégation sexuelle imposée dans les bus publics était illégale, ce qui a conduit à plusieurs années de lutte acharnée de la part des extrémistes ultra-orthodoxes pour préserver la ségrégation sexuelle sur les lignes de bus desservant leurs communautés.

Par le passé, la compagnie d’autobus Egged exploitait des bus à ségrégation controversée, connus sous le nom de « bus Mehadrin », sur certaines lignes intra-cités qui traversaient des quartiers ultra-orthodoxes.

Les bus publics contiennent des avis informant les usagers que toute tentative de forcer d’autres passagers à quitter le siège de leur choix est une infraction pénale (à l’exception des places réservées aux personnes handicapées).

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