Une chaine et un journaliste condamnés à indemniser un ministre pour diffamation
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Une chaine et un journaliste condamnés à indemniser un ministre pour diffamation

La Treizième chaîne et son journaliste feront appel de la condamnation à verser une compensation de 150 000 NIS pour une série de reportages en 2015 au sujet de Miri Regev

La ministre des Transports Miri Regev, qui a baissé son masque facial pour parler, lors d'une conférence de presse au ministère des Transports à Jérusalem, le 8 juillet 2020. (Olivier Fitoussi/Flash90)
La ministre des Transports Miri Regev, qui a baissé son masque facial pour parler, lors d'une conférence de presse au ministère des Transports à Jérusalem, le 8 juillet 2020. (Olivier Fitoussi/Flash90)

Le tribunal de district de Jérusalem a ordonné à la Treizième chaîne d’information et à son journaliste Sefi Ovadia d’indemniser la ministre des Transports Miri Regev pour avoir prétendu il y a plusieurs années qu’elle avait un lien personnel avec le dirigeant d’une société de relations publiques engagé pour une campagne ministérielle.

Dans un jugement rendu dimanche, le tribunal a ordonné à la chaîne et au journaliste de verser à Regev 100 000 NIS (25 000 euros) de compensation et 50 000 NIS (12 500 euros) supplémentaires pour couvrir ses frais de justice.

Regev avait poursuivi la chaîne pour des reportages datant d’août 2015, lorsqu’elle était ministre de la Culture et des Sports. Ovadia a rapporté que Regev avait engagé l’entreprise de relations publiques TBWA Yehoshua, dirigée par Rami Yehoshua, sans l’appel d’offres public requis, et que la relation personnelle de Yehoshua avec la ministre était la raison pour laquelle il avait obtenu le contrat, d’une valeur de plusieurs millions de shekels. Mme Regev nie avoir eu un quelconque lien antérieur avec Yehoshua.

Le tribunal a jugé que l’enquête journalistique n’avait pas été menée correctement et que les parties concernées n’avaient pas eu une possibilité raisonnable de répondre aux allégations contenues dans les reportages.

Capture d’écran de la vidéo du reporter de la Treizième chaîne Sefi Ovadia. (YouTube)

« La campagne de chantage et de diffamation, ainsi que l’attaque fausse et sauvage de Sefi Ovadia et de la Treizième chaîne d’information, se termine par un verdict décisif et une indemnisation de 150 000 NIS », a écrit Mme Regev dans une déclaration publiée sur sa page Facebook.

« Je crois que la critique et la liberté de la presse sont importantes et constituent des principes fondamentaux dans un régime démocratique, mais la liberté de la presse n’est pas la liberté de calomnier et de publier des mensonges sans fondement », a-t-elle ajouté.

La Treizième chaîne et Ovadia ont fait savoir qu’ils feraient appel de la décision.

« En raison des principes de cette affaire et de la crainte de son impact plus large sur la liberté de la presse en Israël, nous nous préparons à demander bientôt le droit de faire appel de la décision devant la Cour suprême – et nous sommes sûrs que justice y sera rendue », indique la déclaration.

L’année dernière, le tribunal de première instance de Jérusalem avait rejeté une demande d’un million de NIS (250 000 euros) intentée par Regev contre la Treizième chaîne et Ovadia à ce sujet et lui a ordonné de verser une compensation de 25 000 NIS à la chaîne. Regev a ensuite fait appel de la décision devant le tribunal de district.

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