Une délégation médicale israélienne à Gaza pour fournir des soins
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Une délégation médicale israélienne à Gaza pour fournir des soins

Douze médecins arabes israéliens appartenant au groupe Physicians for Human Rights-Israel offrent des traitements urgents et gratuits à des centaines de Palestiniens

Un médecin israélien salue ses patients palestiniens à Gaza dans le cadre d'une délégation médicale qui s'est rendue dans l'enclave côtière jeudi, le 3 décembre 2020. (Crédit :  Mu'ataz Azayza)
Un médecin israélien salue ses patients palestiniens à Gaza dans le cadre d'une délégation médicale qui s'est rendue dans l'enclave côtière jeudi, le 3 décembre 2020. (Crédit : Mu'ataz Azayza)

Une délégation de médecins israéliens est entrée, jeudi matin, dans la bande de Gaza pour offrir des traitements gratuits à des centaines d’habitants de l’enclave côtière frappée par la pandémie de coronavirus.

Cette délégation – organisée par le groupe PHRI (Physicians for Human Rights – Israel) — est la première en son genre à pénétrer dans la bande depuis le début de la pandémie, il y a neuf mois.

Les douze médecins, qui sont tous des Arabes israéliens, procéderont à des interventions chirurgicales, à de la formation et à des sessions d’instruction en direction des équipes médicales palestiniennes, a fait savoir le groupe de défense des droits.

La délégation a apporté avec elle des équipements médicaux et des médicaments qui aideront à combattre la pandémie. Mais les médecins se concentreront surtout sur les autres cas urgents qui ont été négligés, les hôpitaux de Gaza ayant été pris d’assaut par les malades du coronavirus.

La délégation comprend des médecins, des orthopédistes et des neurologues, des chirurgiens cardiaques et des psychiatres, selon le groupe. Les praticiens ont aussi ouvert une unité mobile dans la ville de Khan Younès, dans le sud de Gaza, pour y accepter les patients.

« Les traitements ne concerneront pas le coronavirus mais plutôt les maladies chroniques et autres cas d’urgence dont les soins ont été reportés à cause de la COVID-19 », a commenté Ran Yaron, porte-parole de l’organisation PHRI.

Des médecins israéliens issus d’une délégation envoyée à Gaza et organisée par le groupe Physicians for Human Rights – Israel, arrivent dans la bande, le 3 décembre 2020. (Crédit : Muataz Azayza)

Selon PHRI, la délégation restera deux jours au sein de l’enclave côtière avant de retourner au sein de l’Etat juif.

Tous les traitements fournis par l’équipe israélienne seront gratuits, a fait savoir Yaron. Les médecins qui arrivent depuis Israël sont des bénévoles et ils ne recevront pas d’indemnité pour leur participation à la délégation.

Tandis que la bande de Gaza était parvenue à éviter une épidémie d’ampleur depuis le commencement de la pandémie de coronavirus, il y a eu une hausse nette du nombre de cas ces dernières semaines.

Il y avait 10 321 cas actifs dans la journée de jeudi au sein de l’enclave. Il y a trois semaines, à la mi-novembre, ce chiffre se situait aux alentours des 2 000. 827 nouveaux cas ont été enregistrés jeudi en 24 heures et environ 32 % des tests de coronavirus sont revenus positifs au cours de la même période, ce qui indique que le virus pourrait se propager largement sans être détecté.

Les responsables de la santé du Hamas ont averti que le système de santé fragile de Gaza ne pourrait pas résister à une telle mise à l’épreuve et qu’il est sur le point de s’effondrer.

Environ 87 % des lits d’hôpitaux équipés d’un respirateur pour les patients touchés par le coronavirus dans un état critique étaient déjà occupés jeudi matin, a indiqué au Times of Israël un représentant de l’Organisation mondiale de la Santé.

Un médecin israélien soigne une Palestinienne malade à Gaza dans le cadre d’une délégation médicale organisée par le groupe Physicians for Human Rights – Israel, le 3 décembre 2020. (Crédit : Muataz Azayza)

Le système de soins dans la bande a souffert d’un blocus mis en place depuis treize ans par l’Egypte et par Israël et été fragilisé également par plusieurs guerres entre l’Etat juif et le groupe terroriste du Hamas.

Israël affirme que ce blocage – qui place des limitations strictes sur les équipements qui entrent et qui sortent de la bande – est nécessaire pour empêcher le Hamas, qui cherche ouvertement à détruire l’Etat juif, d’acquérir des armes.

Les critiques de ces restrictions affirment pour leur part qu’elles ont un effet dévastateur sur les Gazaouis ordinaires.

« Cette délégation n’est pas seulement une action humanitaire mais aussi un rappel que la bande de Gaza n’affronte pas seulement actuellement le coronavirus mais aussi le blocus continu qui nuit aux malades, aux personnels médicaux et à la population civile toute entière à Gaza », a déclaré le directeur du groupe PHRI, Ran Goldstein.

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