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Une économie résiliente malgré des risques sécuritaires : S&P confirme la note AA d’Israël

L’agence de notation dit s’attendre à un taux de croissance de 5,5 % en 2022, dans un contexte de « problèmes géopolitiques et politiques intérieurs élevés »

Ricky Ben-David est journaliste au Times of Israël

Des Israéliens savourent un café à emporter à Tel-Aviv, après un troisième confinement en raison de la pandémie de COVID-19, en avril 2021. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Des Israéliens savourent un café à emporter à Tel-Aviv, après un troisième confinement en raison de la pandémie de COVID-19, en avril 2021. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

L’agence de notation Standard & Poor’s (S&P) a maintenu la note favorable d’Israël à AA avec une perspective « stable », a déclaré samedi soir le ministère des Finances, se référant à l’annonce de la société publiée jeudi.

L’annonce n’est pas facile à trouver sur S&P. Néanmoins, l’agence a évoqué la forte performance économique d’Israël au cours de l’année écoulée, son économie robuste et une « structure de dette optimale », selon le ministère des Finances.

S&P a également exprimé ses préoccupations quant aux risques politiques et sécuritaires dans le pays : la coalition a perdu une majorité déjà très mince et le futur paysage politique [est incertain]. En outre, le pays affronte une vague terroriste qui a coûté la vie à 19 personnes en Israël et en Cisjordanie depuis la fin mars.

S&P a expliqué s’attendre à ce que l’économie israélienne croisse à un taux de 5,5 % en 2022, après une croissance de plus de 8 % en 2021, bien supérieure aux prévisions et la plus élevée enregistré en Israël en l’espace de 21 ans, selon les données publiées en février par le Bureau central des statistiques.

L’OCDE avait prévu une croissance d’environ 6,3 % en 2022 pour Israël dans ses Perspectives économiques de décembre 2021.

S&P a noté la performance budgétaire positive d’Israël et la robustesse de son secteur technologique, qui composent une économie résiliente, peu affectée par « l’impact limité » de la guerre de la Russie contre l’Ukraine contre Israël.

Le siège de la société financière américaine Standard and Poor’s (S&P) dans le Lower Manhattan, à New York, en Mai 2014 (Crédit : mixmotive via iStock par Getty Images)

« Les perspectives stables équilibrent des risques géopolitiques et politiques intérieurs élevés et la détérioration de la situation budgétaire d’Israël induite par la pandémie, contre l’économie durablement résiliente de l’Etat, l’amélioration des performances budgétaires et la forte balance des paiements », indiquait l’annonce de S&P selon le média public chinois Xinhua.

S&P s’attend à un taux d’inflation moyen de 3,8 % en 2022, notant que ce taux était nettement inférieur à celui de la plupart des pays développés. L’inflation aux États-Unis, par exemple, a atteint un sommet de 8,5 % en mars, légèrement redescendu à 8,1 % en avril.

Le taux d’inflation annuel d’Israël a atteint 3,5 % en février, le plus haut taux depuis 2011, supérieur à l’objectif de la Banque centrale, compris entre 1 % et 3 %. La Banque d’Israël a relevé le taux d’intérêt de référence à 0,35 % le mois dernier – il était de 0,1 % depuis le début de la pandémie – afin de limiter la hausse de l’inflation et des prix de l’immobilier en Israël.

La Banque centrale devrait encore relever le taux d’intérêt. Il avait révisé ses prévisions d’inflation à 3,6 % en 2022 et 2 % en 2023.

L’indice des prix à la consommation, qui mesure le prix d’un panier moyen de biens de consommation, a augmenté de 0,6 % en mars par rapport au mois précédent, selon le Bureau central des statistiques. L’augmentation depuis le début de l’année est de 1,5 %, selon ces mêmes données.

Photo aérienne de la Bourse de Tel Aviv et des environs, le 20 avril 2022. (Crédit : Matanya Tausig/Flash90)

Le prix des logements a connu une augmentation plus spectaculaire encore, de l’ordre de 15 % depuis l’an dernier.

Le ministre des Finances, Avigdor Liberman, s’est réjoui de la notation de S&P et a déclaré que le gouvernement travaillait actuellement au budget 2023, « garant de la croissance pour les citoyens de l’État d’Israël ».

La notation a été rendue publique un mois après la publication par une autre agence de premier plan, Moody’s, des perspectives économiques d’Israël, qualifiées de stables à positives, confirmant sa note de crédit A1.

Moody’s avait évoqué la forte croissance économique d’Israël et le « programme de réforme » du gouvernement sur des problèmes tels que la productivité du travail et la participation des communautés sous-représentées.

Israël avait obtenu pour la dernière fois une perspective « positive » de Moody’s en juillet 2018, avant d’être rétrogradée à « stable » en avril 2020 lorsque la pandémie de COVID-19 a commencé à frapper le pays.

En février, Fitch Ratings a réaffirmé la note A+ d’Israël avec une perspective stable, notant également la forte performance économique du pays et une réduction du déficit budgétaire en 2021.

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