Une élue israélienne d’origine éthiopienne évoque l’interview de Meghan Markle
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Une élue israélienne d’origine éthiopienne évoque l’interview de Meghan Markle

"Aucune mère ne devrait devoir élever son enfant dans le racisme", dit Pnina Tamano-Shata ; "il semble que la famille royale m'aurait transformée en femme de ménage", raille-t-elle

La première femme juive israélienne d'origine éthiopienne à être élue à la Knesset Pnina Tamano Shata, dans la ville côtière de Hadera. (Crédit : JACK GUEZ / AFP)
La première femme juive israélienne d'origine éthiopienne à être élue à la Knesset Pnina Tamano Shata, dans la ville côtière de Hadera. (Crédit : JACK GUEZ / AFP)

Pnina Tamano-Shata, première femme membre de la Knesset d’origine éthiopienne, a déploré lundi le racisme qui se serait exprimé au sein de la famille royale d’Angleterre et qui a été dénoncé par Meghan et Harry, déclarant qu’aucune mère ne devrait être appelée à élever son enfant dans une atmosphère de racisme – même dans un « palais doré », a-t-elle ajouté.

Meghan, qui est métisse, a confié à Oprah Winfrey que lorsqu’elle était enceinte de son fils Archie, certains membres de la famille royale avaient évoqué leurs inquiétudes auprès de Harry sur la couleur de peau de l’enfant à naître.

« Pendant ces mois de grossesse… nous avons eu en tandem différentes conversations, ‘il n’aura pas droit à une équipe de sécurité’, ‘il n’aura pas de titres’, et nous avons eu aussi des conversations teintées d’inquiétude sur la couleur de sa peau au moment de sa naissance, sur le fait qu’il pourrait être noir », a dit Meghan à Oprah Winfrey dans l’interview qui a été diffusée samedi, faisant l’effet d’une bombe.

Tamano-Shata, ministre de l’Alyah et de l’Intégration, a dit avoir été horrifiée par les accusations de racisme, ajoutant que si elles devaient être fondées, les raisons du couple de fuir la famille royale étaient justifiées.

« C’est tellement choquant », a-t-elle déclaré au micro de la radio militaire. « Je comprends maintenant pourquoi Meghan est partie, si c’est réellement ce qui est arrivé et si c’est ce qu’elle a dû supporter ».

Se soumettre à ce type de situation est intolérable, « indépendamment de tout palais doré », a ajouté Tamano-Shata, activiste anti-raciste qui, en 2016, avait reçu un prix des mains de Martin Luther King III, fils du leader des droits civiques américains, pour son travail en faveur des immigrants d’origine éthiopienne.

Yaakov Bardugo, qui interviewait la ministre, lui a demandé en plaisantant si elle soulèverait la question devant la reine si elle devait la rencontrer. « Il semble que si vous ou moi devions nous rendre là-bas, vous seriez transformé en jardinier et moi, en femme de ménage, » a-t-elle répondu, amusée, avant de préciser rapidement qu’elle plaisantait et qu’elle n’avait pas l’intention d’offenser qui que ce soit.

Tamano-Shata est née dans le nord de l’Ethiopie, près de Gondar, et elle était venue en Israël en avion alors qu’elle était encore une petite fille, au milieu des années 1980. Les parents de Bardugo sont pour leur part arrivés au sein de l’Etat juif depuis le Maroc.

Un porte-parole du parti Kakhol lavan de Tamano-Shata a ultérieurement affirmé au Times of Israel que ces propos tenaient de la boutade, soulignant qu’ils avaient été prononcés dans le cadre d’une conversation légère et qu’ils avaient été mal interprétés.

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