Une autre employée aurait été forcée d’écrire une lettre louant Sara Netanyahu
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Une autre employée aurait été forcée d’écrire une lettre louant Sara Netanyahu

Dans des SMS, Sylvie Genesia révèle qu'on lui a demandé de faire l'éloge de l'épouse du Premier ministre lorsqu'elle travaillait à la résidence officielle

Sara Netanyahu, la femme de Benjamin Netanyahu, arrive au tribunal de Jérusalem le 16 juin 2019. (Yonatan Sindel/Flash90)
Sara Netanyahu, la femme de Benjamin Netanyahu, arrive au tribunal de Jérusalem le 16 juin 2019. (Yonatan Sindel/Flash90)

Une ancienne employée de la Résidence du Premier ministre a affirmé qu’on lui avait demandé d’écrire une lettre pour faire l’éloge de Sara Netanyahu, la femme du Premier ministre, même si elle était mécontente de la façon dont elle était traitée au travail, selon un rapport de lundi.

Sylvie Genesia a décrit l’incident à son responsable au sein de l’entreprise dans des SMS publiés par la Douzième chaîne. Elle y déclare qu’Effi Azulai, le directeur de la résidence du Premier ministre, lui avait demandé de rédiger la lettre louant Sara Netanyahu, même si les exigences de cette dernière l’avaient fait pleurer.

Ces demandes sont survenues après que la police a déclaré la semaine dernière qu’elle enquêtait sur deux employés de la résidence officielle du Premier ministre qui avaient donné un faux témoignage dans une affaire judiciaire contre Sara Netanyahu – apparemment pour l’aider dans sa défense contre les accusations de mauvais traitements infligés à une femme de ménage de la résidence.

Sara Netanyahu est poursuivie par une ancienne employée, Shira Raban, qui affirme que la femme du Premier ministre l’avait maltraitée pendant un bref séjour à la résidence. La plaignante réclame 56 000 euros de dommages et intérêts pour des allégations de mauvais traitements et de harcèlement.

Dans une lettre datée du 3 octobre 2019, Sylvie Genesia avait écrit : « Mme Netanyahu est une femme étonnante et me traite toujours avec beaucoup de respect. Je l’apprécie vraiment et j’apprends d’elle », a rapporté la Douzième chaîne. La lettre était apparemment adressée à Netanyahu.

Selon la chaîne, le même jour, l’employée a envoyé un message à son responsable à l’entreprise de nettoyage Moriah, Yoram Naveh, lui disant qu’Effi Azulai lui avait dicté la lettre et lui avait demandé de l’écrire.

« Effi [Azulai] m’a dit d’écrire toutes sortes de choses, qu’elle agit avec beaucoup de respect », confie Sylvie Genesia à Yoram Naveh. « Ce matin, c’était vraiment difficile, j’ai beaucoup pleuré à cause d’elle [Sara Netanyahu] et Effi ne m’a pas laissée partir. Je ne suis pas contente de la lettre qu’il m’a demandée d’écrire ».

« Il t’a dit ce que tu devais écrire ? », lui demande alors Yoram Naveh.

« Oui », lui a répondu Sylvie Genesia.

Vue de la résidence du Premier ministre à Jérusalem, le 23 juin 2009 (Crédit : Yossi Zamir / Flash90)

L’avocat de Sylvie Genesia, Opheer Shimshon, a déclaré à la Douzième chaîne que la lettre était une preuve de tentative de dissimulation de la part des dirigeants de la société de nettoyage et du bureau du Premier ministre.

« C’est une preuve supplémentaire que des pressions ont été exercées sur les employés de la résidence pour qu’ils fassent de fausses déclarations, et que les cadres supérieurs de l’entreprise Moriah et du Bureau du Premier ministre étaient complices dans la campagne de pression non valable », soutient Opheer Shimshon.

Il affirme que l’objectif de la campagne était « de cacher la vérité sur les faits connus d’intimidation dans la résidence par Mme Netanyahu ».

L’avocat de Sara Netanyahu, Yossi Cohen, a déclaré que « la campagne médiatique orchestrée par l’employée et son avocat, les enregistrements secrets bien montés dans lesquels elle parle et décrit le travail dans la résidence afin de discréditer Sara Netanyahu, font penser à un agent secret qui mène un plan malveillant et ne sont pas de simples faits ».

Dimanche, la Douzième chaîne a diffusé un enregistrement d’une conversation dans laquelle Sylvie Genesia accuse Liora Babian de mentir au nom de Netanyahu. Liora Babian est l’une des deux employés ayant témoigné au nom de Sara Netanyahu dans le procès civil, mais elle a depuis avoué au conseiller juridique du bureau du Premier ministre qu’elle avait menti dans une déclaration sous serment qui contredisait les affirmations de Shira Raban. La deuxième employée maintient son témoignage.

Les informations de la Treizième chaîne, les premiers à avoir rapporté les aveux, n’ont pas précisé si Liora Babian a indiqué avoir soumis son témoignage sous serment de son plein gré ou si elle a subi des pressions pour appuyer le récit de Sara Netanyahu.

La police israélienne a confirmé la semaine dernière qu’une enquête « est menée avec l’approbation du procureur général et la supervision du bureau du procureur de l’État » concernant les aveux.

Plusieurs anciens employés ont affirmé avoir été maltraités par la femme du Premier ministre. L’ancien intendant de la résidence officielle a réussi à la poursuivre en justice pour abus verbal et émotionnel, tout comme un autre ancien employé.

Au mois de juin 2019, Sara Netanyahu avait été condamnée pour détournement de fonds publics dans le cadre d’un arrangement judiciaire conclu dans une affaire où elle était accusée d’avoir sollicité et payé illégalement des services de restauration à la résidence. Grâce à cette négociation de peine, elle avait alors échappé au chef d’inculpation de fraude aggravée en reconnaissant toutefois avoir tiré bénéfice d’une erreur.

Elle avait été condamnée à payer 55 000 shekels à l’État – 10 000 shekels d’amende et le reste à titre de remboursement.

Le Premier ministre comparaît actuellement devant les juges pour pots-de-vin, fraude et abus de confiance dans trois dossiers criminels. Il a nié tout acte répréhensible dans ces affaires.

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