Une enquête pénale ouverte sur l’EAPC suite à une fuite de pétrole
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Une enquête pénale ouverte sur l’EAPC suite à une fuite de pétrole

Les employés de l'Europe Asia Pipeline Company ont travaillé toute la nuit pour remplacer une canalisation de 12 mètres et enlever 800 tonnes de terre polluée dans le sud du pays

Des employés réparent une canalisation dans le sud d'Israël, propriété de l'entreprise Europe Asia Pipeline Company, suite à une fuite de pétrole brut, le 30 août 2021. (Crédit : Ministère de la Protection environnementale)
Des employés réparent une canalisation dans le sud d'Israël, propriété de l'entreprise Europe Asia Pipeline Company, suite à une fuite de pétrole brut, le 30 août 2021. (Crédit : Ministère de la Protection environnementale)

Le ministère de la Protection environnementale a annoncé l’ouverture d’une enquête suite à une fuite survenue dans une canalisation appartenant à l’entreprise publique EAPC (Europe Asia Pipeline Company).

Cette fuite, qui a été détectée par le système de contrôle de la compagnie, est apparue dimanche aux abords du Moshav Mashan, à l’Est de la ville côtière d’Ashkelon, dans le sud du pays, où l’EAPC a une zone portuaire.

Tamar Zandberg, la ministre de la Protection environnementale, a qualifié lundi l’incident de « très grave », ajoutant qu’il illustrait, « une fois encore, combien le transport d’énergies fossiles au cœur de l’État d’Israël peut être dangereux, nuisible ».

Une référence faite par la ministre à un accord controversé qui a été signé entre l’entreprise publique et un consortium d’hommes d’affaires israéliens et émiratis, visant à utiliser l’État juif comme pont terrestre pour transporter le pétrole du Golfe de la mer Morte vers la Méditerranée, avant son départ vers les marchés européens.

Les employés d’EAPC ont travaillé toute la nuit pour remplacer douze mètres de canalisation, éponger cent mètres-cubes de pétrole brut et enlever environ 80 tonnes de terre polluée par le pétrole sur environ 300 mètres-carrés de surface.

Des employés réparent une canalisation dans le sud d’Israël, propriété de l’entreprise Europe Asia Pipeline Company, suite à une fuite de pétrole brut, le 30 août 2021. (Crédit : Ministère de la Protection environnementale)

Initiative inhabituelle dans le cas d’une fuite restant relativement modeste, Zandberg s’est rendue mardi dans la matinée sur le site accompagnée par le directeur-général du ministère, Galit Cohen, et d’autres hauts-responsables.

Les activités de l’EAPC, qui s’est développée à partir d’une entreprise qui avait été initialement créée par l’État juif et l’ancien Shah d’Iran dans les années 1960, sont menées sous l’autorité du ministère des Finances et elles bénéficient d’un haut niveau de discrétion.

Il est difficile de dire si des ministères avaient eu connaissance de l’accord conclu avec les Émiratis avant sa signature, au mois d’octobre 2020. Le contenu de l’accord n’a pas été rendu public.

La compagnie a été responsable de nombreuses fuites et autres incidents au fil des années. La plus grave avait été la fuite d’une canalisation qui s’était déversée dans la réserve naturelle d’Evrona, dans le sud d’Israël, en 2014, qui avait été à l’origine de l’une des pires catastrophes environnementales du pays.

Tamar Zandberg, d’anciens ministres de la Protection environnementale, l’Autorité israélienne de la Nature et des parcs, les responsables de villes côtières, un forum constitué d’une vingtaine d’organisations de défense de l’environnement, des dizaines de scientifiques et les résidents d’Eilat s’opposent à l’accord qui a été ratifié. Ils avertissent qu’une seule fuite pourrait être catastrophique pour la barrière de corail d’Eilat, d’une importance mondiale, et pour l’économie de la ville et du Golfe d’Eilat/Aqaba.

La ministre de la Protection environnementale Tamar Zandberg sur le site d’une fuite de pétrole dans le sud d’Israël, le 31 août 2021. (Crédit : ministère de la Protection environnementale)

Au mois de juillet, le ministère de la Protection environnementale avait rejeté une étude sur le risque écologique qu’il avait demandé à la compagnie. Le ministère avait indiqué que l’étude n’avait pas suivi les instructions du ministère et qu’elle reflétait « de la négligence, voire du mépris, pour les instructions données ».

Rani Amir, chef de l’unité de protection marine du ministère, avait accusé l’entreprise « d’impertinence » pour son utilisation de l’étude comme base d’une réponse à une plainte déposée devant la Haute-cour par les groupes de défense de l’environnement défavorables à l’accord. La compagnie avait fait savoir au tribunal que la menace représentée pour l’environnement par le projet était « négligeable ».

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