Une étude explique la fatigue post-vaccinale – et elle n’est pas inquiétante
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Une étude explique la fatigue post-vaccinale – et elle n’est pas inquiétante

Un tout premier suivi numérique des personnes vaccinées montre des changements dans les constantes vitales et un retour à la normale dans les trois jours

Un travailleur médical prépare le vaccin COVID-19 dans un centre de vaccination de Clalit à Jérusalem, le 8 mars 2021. (Crédit : Yonatan Sindel / Flash90)
Un travailleur médical prépare le vaccin COVID-19 dans un centre de vaccination de Clalit à Jérusalem, le 8 mars 2021. (Crédit : Yonatan Sindel / Flash90)

Le vaccin contre la COVID-19 entraîne un changement « spectaculaire » à court-terme dans le corps des personnes vaccinées mais les choses reviennent très vite à la normale, ont découvert des chercheurs israéliens dans un projet de suivi numérique sans précédent du processus de vaccination.

L’étude donne une explication physiologique à l’étourdissement ressenti par de nombreuses personnes après l’injection de la deuxième dose de vaccin, révélant que cette dernière provoque une accélération du rythme cardiaque, entraîne une hausse de la tension et cause différents autres changements dans les constantes vitales.

Toutefois, l’observation de ces réactions doit rassurer plutôt qu’inquiéter, affirme le professeur Dan Yamin de l’université de Tel Aviv.

Un grand nombre de personnes, dans le monde entier, hésitent à se faire vacciner, inquiets que d’autres aient ressenti de la fatigue et de la faiblesse après l’administration des doses et considérant parfois ces symptômes comme inexplicables, préoccupants et susceptibles de signaler un risque sanitaire non-déclaré et associé à l’injection.

Photo d’illustration : Un membre du personnel de l’hôpital Hadassah se fait vacciner contre le coronavirus à l’hôpital Hadassah Ein Kerem à Jérusalem, le 20 décembre 2020. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Yamin explique que cette étude a résolu le mystère de l’origine de ces malaises qui peuvent suivre l’administration du vaccin, et qu’elle montre qu’ils résultent de réactions physiologiques directes qui disparaissent rapidement.

« Nous avons montré que des changements physiologiques spectaculaires et significatifs surviennent après l’administration de la seconde dose de vaccin », dit Yamin. « Mais en même temps, nous démontrons qu’il n’y a pas de changement suffisamment important pour que cela soit une cause d’inquiétudes et qu’aucun d’entre eux n’a été nuisible pour les patients ».

Dan Yamin de l’université de Tel Aviv. (Moshe Baderashi)

« Nous montrons aussi que les changements dans les constantes vitales apparaissent plus facilement chez les jeunes que chez les personnes plus âgées et que – c’est le plus important – ils ne durent que trois jours, après quoi ils reviennent à un niveau pré-vaccination ».

Il note que presque tous les Israéliens vaccinés qu’il a pu suivre ont expérimenté ces changements. Les niveaux des constantes vitales se sont davantage élevés chez ceux qui se sont sentis fatigués ou souffrants après la vaccination, mais ce phénomène a aussi été observé chez ceux qui n’ont pas ressenti quelque chose de particulier après l’injection, ajoute-t-il.

Le niveau de saturation en oxygène, qui doit rester stable pour rester en bonne santé, ne change pas après la vaccination, souligne Yamin.

L’étude, qui a été publiée sur internet mais qui n’a pas été peer-reviewed, n’a pas fait d’évaluation concernant l’apparition d’éventuels effets secondaires. Cet aspect avait été étudié dans une recherche, relue par des pairs, qui a été publiée dans le Lancet et qui a établi que les effets secondaires rapportés par les personnes vaccinées à l’aide du vaccin Pfizer dans le monde réel avaient été plus rares que lors des effets cliniques. La nouvelle étude tente plutôt d’évaluer les effets des vaccins sur le corps en utilisant le suivi numérique plutôt que les informations directement retransmises par les patients.

Cette étude s’est basée sur les constantes vitales de 160 Israéliens âgés de plus de 18 ans, après administration de la deuxième dose. L’équipe de Yamin leur a fourni un matériel particulier qui a permis de transmettre des données via une application, sur smartphone.

Les constantes vitales connaissent un pic environ 20 heures après la vaccination – à ce moment-là, le pouls est environ presque 10 % plus élevé qu’à son niveau pré-vaccinal. La pression artérielle diastolique est quasiment 5 % plus élevée qu’au niveau pré-vaccinal, comme c’est le cas aussi de la fréquence respiratoire. Ce phénomène prend fin environ trois jours après administration de l’injection.

« C’est une nouvelle démonstration de la sûreté du vaccin depuis un point de vue qui n’avait pas encore été exploré, à savoir le suivi numérique », continue Yamin. « Nous constatons que notre corps produit une réponse immunitaire au vaccin, comme il doit le faire, et le fait que les constantes vitales de notre corps changent légèrement n’en est que le résultat ».

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