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Une étude israélienne recherche des bactéries qui éviteraient les crises cardiaques

La plupart des patients de l'étude victimes d’une crise cardiaque manquaient de certaines bactéries intestinales et leur réintroduction pourrait garder le cœur en meilleure santé

Réanimation cardiaque par une équipe médicale sur la route. Illustration.( Crédit: Chalabala via iStock Getty Images)
Réanimation cardiaque par une équipe médicale sur la route. Illustration.( Crédit: Chalabala via iStock Getty Images)

Les scientifiques israéliens affirment qu’ils pourraient être en mesure de réduire le risque de crise cardiaque en rééquilibrant les bactéries intestinales, par l’utilisation de capsules contenant des germes recueillis dans les selles.

Quelques heures à peine après que chacun de leurs 200 sujets a été victime d’une crise cardiaque, les chercheurs ont étudié l’équilibre bactérien dans les intestins des patients et comparé les résultats à ceux d’un groupe témoin. Ils affirment qu’il s’agissait de l’étude la plus vaste et la plus approfondie sur le microbiome chez les patients cardiaques, et qu’elle a montré une tendance particulière qui n’avait pas été documentée jusqu’à présent.

Une bactérie spécifique manquait chez la plupart des patients victimes de crise cardiaque, mais elle était présente dans le groupe témoin, comme l’indique l’étude évaluée par des pairs qui vient d’être publiée dans Nature Medicine. Les bactéries, de la famille des Clostridiacées, sont connues pour provoquer la production de molécules qui protègent le cœur.

Les chercheurs disent que cela signifie que lorsque la bactérie est absente, le cœur est plus à risque. Mais ils estiment que le problème peut être résolu en réintroduisant la bactérie. L’équipe de l’hôpital Rabin et de l’institut des sciences Weizmann travaille à « isoler » ces bactéries dans les selles des personnes en bonne santé et à les introduire dans des capsules.

Illustration : des globules rouges et des anticorps dans une artère. (Crédit : urfinguss; iStock by Getty Images)

« Nous isolons la bactérie des échantillons fécaux, puis nous la mettons dans des capsules et la donnons aux patients dans l’espoir qu’elle prévienne les crises cardiaques », selon Yeela Talmor-Barkan, cardiologue interventionnelle à l’hôpital Rabin et auteure principale de l’étude avec le professeur Noam Bar, dans un entretien accordé au Times of Israël.

« On espère qu’il en résultera une modification du microbiome dans l’intestin, réduisant ainsi les risques de crise cardiaque. »

La communauté médicale s’intéresse beaucoup à ce qu’on appelle la transplantation de microbiotes fécaux, terme médical désignant la transmission de bactéries intestinales à partir des selles. Une équipe de recherche israélienne a même suggéré que les transplantations peuvent aider à perdre du poids.

La chercheuse à l’origine de l’étude sur la crise cardiaque planifie un essai clinique, qui devrait commencer dans environ un an, afin d’évaluer l’efficacité des capsules.

L’équipe de chercheurs estime que les résultats de l’essai clinique pourra permettre de créer des processus de dépistage afin d’aider les médecins à obtenir une estimation plus précise du risque de crise cardiaque en tenant compte du microbiome.

Talmor-Barkan a souligné que la recherche jusqu’à présent n’a trouvé qu’une corrélation entre le modèle de microbe atypique et les crises cardiaques, ce qui ne prouve pas nécessairement qu’il y a une relation de cause à effet. Elle a souligné, cependant, que son équipe mène d’autres recherches qui devraient mettre en évidence un lien de causalité.

« Nous croyons qu’il s’agit d’une cause — bien que ce ne soit évidemment pas la seule — de crise cardiaque, a dit Yeela Talmor-Barkan. Son hypothèse est que lorsque les bactéries en question manquent, les gens sont plus vulnérables à l’artériosclérose, l’épaississement et le durcissement des parois artérielles, ce qui réduit progressivement le flux sanguin vers les organes.

Le professeur Ran Kornowski, directeur du département de cardiologie de l’hôpital Rabin, a déclaré que l’étude offre « une découverte importante en cardiologie », ajoutant que « les résultats de l’étude constituent la base du développement de nouveaux outils de diagnostic et de traitement des maladies cardiovasculaires ».

Yeela Talmor-Barkan a noté qu’en plus de la découverte concernant la présence ou absence des bactéries, son équipe a remarqué une composition sanguine particulière chez les patients victimes de crise cardiaque, ce qui pourrait s’avérer utile pour les diagnostics et la prévention des crises cardiaques.

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