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Une étude israélienne se demande pourquoi les femmes ont-elles plus froid

Pour cette étude israélienne, les préférences des mâles et des femelles en terme de température diffèrent afin de séparer les sexes, influant sur l'agressivité et l'évolution

Une femme a froid à l'intérieur d'une maison. (Photo LSO via iStock by Getty Images)
Une femme a froid à l'intérieur d'une maison. (Photo LSO via iStock by Getty Images)

Des scientifiques israéliens pensent savoir pourquoi les hommes et les femmes se chamaillent constamment pour la commande du chauffage ou le réglage de la climatisation : l’évolution.

Ils ont observé que, tout comme les femmes ont tendance à avoir plus froid que les hommes, d’autres espèces sont divisées sur la température – et ont analysé 40 ans d’enregistrements sur le comportement des chauves-souris et des oiseaux en Israël.

Le résultat est une théorie, récemment examinée par des pairs et publiée dans une revue universitaire, qui suggère que les espèces ont les meilleures chances de survie lorsque les mâles et les femelles gardent leurs distances les uns des autres.

« Nous suggérons que les différentes préférences de température reflètent des différences dans le système nerveux et que, tout comme les mâles et les femelles ressentent la douleur différemment, ils ressentent le chaud et le froid différemment », a déclaré l’auteur principal, le Dr Eran Levin, de l’école de zoologie de l’université de Tel Aviv, au Times of Israel. « Et en conséquence, ils restent souvent éloignés les uns des autres, à la recherche de températures différentes.

« C’est le plus courant chez les oiseaux et les chauves-souris. Par exemple, on a tendance à trouver des chauves-souris mâles en haute altitude, au sommet des montagnes, tandis que les femelles se trouvent dans les vallées où la température est plus élevée.

« On a beaucoup écrit sur le fait que les mâles et les femelles de diverses espèces vivent séparément, mais les explications varient d’une espèce à l’autre. Nous avons observé une tendance nette chez les oiseaux et les chauves-souris, l’explication étant la température. Chez les souris également, les mâles vivent dans des endroits plus froids que les femelles. Notre théorie suggère que ces espèces et d’autres perçoivent la température différemment, guidées par la sélection naturelle. »

Une chauve-souris de type roussette (Autorisation)

Levin, qui a collaboré avec des chercheurs de l’Université de Haïfa et de l’hôpital Sourasky Tel Aviv, a déclaré que cela s’est avéré « très bénéfique » en termes d’évolution, en développant : « En effet, chez les oiseaux et les chauves-souris, cela entraîne la séparation des sexes en dehors de la saison de reproduction, ce qui réduit la concurrence entre les mâles pour les femelles. Cela réduit l’agression causée par la compétition entre les mâles pour les femelles, et réduit l’agression envers les femelles et leurs enfants. »

Il y a un autre avantage à ce que les femelles ressentent davantage le froid, a-t-il ajouté. Les femelles ont tendance à s’occuper de leur progéniture qui, dans de nombreux cas, a besoin que la température soit régulée pour elle. Lorsque les femelles sont plus sensibles au froid, elles sont davantage incitées à réchauffer les petits, a déclaré M. Levin.

La collègue de Levin, la Dr Tali Magory Cohen, a déclaré que la poussée évolutive était la même chez les humains – pour permettre aux hommes et aux femmes de se distancier les uns des autres.

« En fin de compte, en revenant au domaine humain, nous pouvons dire que cette différence de sensation thermique n’est pas apparue pour que nous puissions nous disputer avec nos partenaires au sujet de la climatisation, mais plutôt le contraire », a-t-elle déclaré.

Image d’illustration : Des chercheurs israéliens affirment que l’évolution vise à séparer les hommes et les femmes en leur donnant des préférences de température différentes. (SIphotographie via iStock by Getty Images)

« Cela a pour but d’amener le couple à prendre de la distance afin que chaque individu puisse profiter d’un peu de tranquillité », a-t-elle poursuivi.

« Le phénomène peut également être lié à des phénomènes sociologiques observés chez de nombreux animaux de même que chez l’homme, dans un environnement mixte de femelles et de mâles : les femelles ont tendance à avoir beaucoup plus de contacts physiques entre elles, alors que les mâles maintiennent plus de distance et fuient le contact entre eux. »

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